‹ Proverbes dramatiquesChapitre 76 sur 255 · SCÈNE VUI · texte numérisé non relu

SCÈNE VUI

MIDAME LANGUE.

Vous ne vous doutez seulement pas de ce que c'est qu'un rout, et cette enfant en a le sentiment; elle devine que c'est une petite cohue tout-à-Êiit dans le goût anglais.

LE FERMIER^k sa fille.

Est-ce que vraiment t'as deviné ça, toi?

CLATJDmE.

Oui, mon père; car je voudrais qu'il y en eût tous les jours.

MADAME LAlfOUE.

Bien , bien, ma belle petite.

LE FERMIER

Mais ils gèlent tous en bas.

MADAME LANGUE

Ils n'ont qu'à monter ici.

LA FERMIÈRE

Et pis après?

MADAME LANGUE

Ils seront dans une chambre.

LE FERMIER

Et ensuite ?

MADAME LANGUE

Un rout n'est pas autre chose que cela.

LE FERMIER, k demi-voix k M. Léger.

Dites donc , monsieur Léger, est-ce qu'elle perd U tête?

M. LÉGER

Il faudrait savoir d'abord si elle en a jamais eu.

LA FERMIÈBE.

En conscience, madame Lanoue, vous ne nous ferez pas croire que vous nous ayez dérangés rien quç pour nous entasser dans votre chambre.

MADAME LANOUE

Allez en Angleterre.

LE FERMIER

Laisse /donc, femme, il y a queuque chose là-des-

sous.

LA FERMIÈRE

Je voyons ben que madame Lanoue a mis des fleurs dans ses pots, et que son quinquet est allumé; mais c'est ben tôt vu.

MADAME LANOUE

. Têtes de fer que vous êtes, je vous dis que c'est un rout.

LE FERMIER

Raoute, raoute tant que vous voudrez; mais faitesnous faire queuque chose.

MADAME LANOOE.

Patientez; on vous donnera du pain et du beurre.

LA FERMIÈRE

J'en avons chez nous.

MADAME LANOUE

Et du thé.

Page 1