SCÈNE VIII, ÎZ
L£ FERMIER
Je ne sommes pas malades.
M. LÉGEIi , riant.
Ah! ah! ah! ah!-
MADAME LANGUE
Vous le faites donc exprès? Ne me tourmentez pas. J'ai invité tous les gros bonnets du village dans de si bonnes intentions! Je veux vous rendre monarchiques et religieux , mes enfans.
M. TASSIN
Je ne m'explique pas; mais nous le sommes peut-' être plus que vous. ,
MADAME LANOUE
A la bonne heure ; mais vous ne l'êtes pas comme moi.
M. TASSIN
C'est que nous ne sommes pas pensionnés pour cela.
MADAME LANOUE
Donc vous pouvez vous tromper dans vos opinions. '
M. TASSIN
Si je me trompe, je me trompe pour rien.
MADAME LANOUE
Est-ce la révolte que vous prêchez?
MADAME LÉGER
Il n'y a pas de révolte, madame Lanoue.
MADAME LANGUE, k Claudine.
Vous me comprenez, vous, aimable créature? Nous comptons sur la jeunesse; la jeunesse est toujours bonne , quand elle n'est pas intriguée par la malveillance.
M. LEGER, la reprenant.
Instituée.
MADAME LANOUE
Taisez- vous; ne corrompez pas cette enfant. La fidélité est la première des vertus, Claudine.
CLAUDINE
Entendez-vous, mon père?
MADAME LANGUE
N'écoutez pas vos parens.
M. LEGER
Jolie éducation !
CLAUDINE
Eh! ben oui, monsieur Léger, puisque madame Lanoue est pour moi, et quelle est aussi pour la fidélité, je ne cache pas que je n'ai jamais aimé qu'Ambroise, et que je n'aimerai jamais que lui. Quand je suis avec Ambroise, je n'ai pas besoin d'autre chose. Les autres peuvent vouloir de la danse et des violons; moi je ne veux qu' Ambroise; et je vas le retrouver en bas , pour qu'il ne s'ennuie pas trop à m'attendre.
(ElUsort.)
SCBIVE %. m