‹ Proverbes dramatiquesChapitre 88 sur 255 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

(Le salon de madame de Rosemberg.)

LOUISE, brodant, ensuite BIBER.

BIBER f arrivant sur la pointe des pieds.

Mademoiselle Louise !

LOUISE

Mon Dieu, Biber, je vous ai défendu cent fois de me parler dans le jour.

BIBER , avec naïveté.

J'ai dit : Mademoiselle Louise.

LOUISE

C'est égal; madame se doute déjà de quelque chose , et avec l'humeur qu'elle a , depuis hier surtout....

Je voulais vous demander des nouvelles de la cour»

LOUISE

C'est toujours de même.

BIBER

La princesse ne s'apaise donc pas?

1^6 LA DISGKAGË.

LOUISE

Non , allez-vous-en. j,

BIBER

Écoutez y mademoiselle Louise ; je vais faire comme si je nettoyais cette console; vous, continuez à broder; de cette façon-là, il entrerait quelqu'un , que ca aurait Tair tout naturel.

LOUISE

Je ne veux pas.

BIBER

Vous me refusez toujours.

LOUISE

Ne dites donc pas des bêtises.

Mais c'est vrai. Qu'y a-t-il donc de si extraordinaire à ce que deux personnes en service dans la même maison se trouvent, par hasard, d^nsla même pièce?

LOUISE

Si c'était autre chose que la curiosité encore qui vous attirât auprès de moi.

BIBER

Que vous êtes maligne ! Vous savez bien à quoi vous en tenir. Au fait, ce que je vous demande ne m'intéresse que parce que c'est à vous que je le demande. Qu'est-ce que ça me fait à moi que madame soit brouillée avec la margrave ? Elle peut bien se passer de sa place; on dit que ses gages ne sont pas déjà si forts.

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