JULIEN, MARIE
JULIEN
Qu’est-ce qu’elle a donc ta mère ?
. MilBlE.
Je ii’en sais rien.
JULIEN
As-tu remarqué comme elle vient de me parler?
, MARIE
Ah! dame, elle est dans de si grandes alTairesavec son baron !
JULIEN
Ce n’est pas une raison pour qu’elle me tarabuste, moi.
Ma mère est comme ça; quand quelque chose lui fait plaisir, il faut toujours que quelqu’un s’en ressente. Mais il parait pas moins que notre noce sera superbe. De beaux présens, et l’honneur de danser avec un baron ! un seigneur !
JULIEN
Ah! hast; nous n’avons pas besoin de présens, .l’aimerais mieux qu’on nous laissât faire à notre gui.se. Pour quelques drogues qu’ils vont te donner, je ne pourrai pas te parler ce jour-là autant que je voudrai.
LE RETOUn-Bli BARON.
MARIE
Songe donc que monsieur le baron dansera la première danse avec moi.
JULIEN
C’est tout justement ce qui ne me plaît guère.
MARIE
Ça me parait pourtant ben gentil.
JULIEN
ïe v’ià comme ta mère; tu ne pénses qu’à la gloriole. Ça doit faire un joli danseur à présent que ton monsieur le baron.
Il doit danser au moins aussi bien qu’un paysan.
JULIEN
Quand je disais qu’elle avait la tète tournée.
MARIE
C’est foi qui n’es pas raisonnable.
JUUEN.
Parce que je veux t’empècber de te faire moquer de toi.
MARIE
Pourquoi qu’on s’en moquerait, puisque ça se faisait comme ça dans le bon temps?
JULIEN
Eh ! ne m’en parle pas tle tou bon temps. Ce bon temps- là dérange tout.
8CEKE IV.
It^ARlE.'
Il m’arrange, moi. Je veux, une fois dans ma vie, <lanser avec un monseigneur.
JULIEN
Tu plaisantais de ta mère. •
C’est autre chose.
JULIEN
C’est tout de même. V’ià le baron qui revient; on ne pense plus qu’au baron. Kh ben! moi, je te dis que si tu danses une fois avec lui , tu pourras y danser toujours.
MARIE f d'tm toQ piqu^.
Je ne demande pas mieux.
• JT7LIEN t avec emoUoo.
N’y a-t-il pas de quoi se damner de voir qu’on renie ses pareils, qui vous aiment ben, pour servir d’amusement à des grands qui ne se soucient pas de vous !
MARIE, auui avec emuUoii.
On ne renie personne, monsieur; on veut seulement profiter du bon temps: c’est tout naturel.
JULIEN
‘ Profite-s-en ; mais tu t’en mordras les pouces.
'MARIE
Je ne m’en mordrai rien du tout ; je n’aime pas assez les jaloux pour ça.
LE RIilTOfm DU BARON.
julieA.
V’Ià qu’est dit.
MARIS
Ah ! mon Dieu, oui. Ma mère m’a recommandé de retourner à la ferme , et j’y retourne.
( Elle aorl eo portant la main aur aei yeiu. )