‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 104 sur 254 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JUIjIEIN , et un (wu aprts MORISSETT.

JULIEN

Elle s’cn va tout de bon. Qu’est-ce que je vas faire? Voyez pourtant ce que c’est que la vanité avec les femmes. Nous v’ià brouillés; je vous demande pourquoi? Si je n’avais pas tant d’amitié pour elle, comme ça me tenterait de lui tenir rancune un jour ou deux, pour lui apprendre à être si glorieuse.

MOKLSSET.

A qui en as-tu donc, .lulien ? M’est avis que tu te paries à toi-même.

JULIEN

C’est vous, mou péie.

MORI.S.SET ’

Tu élais avec Marie, tout' à l’heure? Est-ce que vous êtes en querelle cn.setnble? Tu as la ligure je ne sais comment.

• .SCBNi: V.

tui;

JCME^-

Saiis le baron, j’aurais la (i^tire comme à mua ordinaire.

, HORIS.SET

C’est peut-être ben au baron aussi que je dois que madame Marguerite vient de passer auprès de mot en fai.sant semblant de ne pas me voir.

JtLIEN.

C’est ben possible. Elles eu raffolent toutes deux.

MORISSET

Elfes ne sont pas- seules, à ce qu’il paraît; car c’est un mouvement, un bruit dans le village ! Ils ont tous l’air d’écervelés. Il y a déjà des bons et des mauvais. Moi, je suis un mauvais, parce que j’ai quelques arpens de terre qui dépendaient de l’abbaye.

JULIEN

I>à, voyez un peu. Je suis pourtant ben sûr que ça vous -fait plaisir de voir le 'château retourner à Son ancien maître.

MOni.SSET.

Je suis bon garçon. Quand les choses ne sont pas pour nous, qu’elles soient aux uns ou aux autres, c’est ben à peu près égal.

JILIKN.

Cependant, mon père -

.>10KI.S.SKT

Si ça ne Irouble rieii,rà la bonne heure; niai.s

si ça doit nous tourmenter Ma foi! j’aime la

paix.

JULIEN

Ne parlez pas toujours comme ça devant madame Marguerite ; car vous avez déjà dit quelque chose ce matin, sur la place de l’église, qui ne lui a pas fait plaisir.

MOBLSSET.

Je n’ai pas été sur la place de l’église de la journée..... Tiens, Julien, je peux me tromper ; mais tout ça c’est un vilain jeu qui se prépare. Le baron n’est pas ben fin , à ce qu’on prétend ; depuis qu’il a quitté son château, il ne connait plus le village; on va lui faire accroire qu’il doit se méfier des uns, qu’il doit tout faire pour les autres; et tu verras qu’il y aura du grabuge.

Julien.

Pourvu que ce grabuge-là n’arrive que quand j’aurai épousé Marie.

MORISSET

Mon pauvre garçon , ta n’as pas plus de tète qu’une linotte.

JUUEN.

Parce que j’aime Marie ?

MORISSET

Parce que tu ne sais pas te gouverner. Te v’ià aussi bète qu’un sac de farine. Madame Marguerite et sa fille vont te mener par le bout du nez.

JULIEN

Que voulez-vous, mon père?

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