‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 15 sur 254 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

r ^ tire tes toiiceurs k manuelle Agathe; et foilà comme ' * matanie est maîtresse.

SCENE IX

FIRMIN, M. SYLVESTRE. LALLEMA^D.

gy- ^ KIRMIN.

‘je croyais trouver ii^a belle-mère ici.

' ' LALLEMAND

' ,11 fient (le tescendre pour parler au meunier.

~ FIRMIN

^ ' Est-ce qu’il a déjà envoyé sa citation? •

LALLEMAND

"''/C Citation? Oui, monsié. **

•’ FIRMIN , riant.

^ Elle va encore en recevoir quelques autres.

* M. SYLVESTRE

. ■ Que prtîtendez-vous faire en l’accablant ainsi?

« FIRMIN

^ ,jTircr à la rie;ueiir toutes les conséquenees de son <• , système, monsieur Sylvestre.

* • M. .SYLVE.STRE. ,

.Trop est trop.

■ FIRMIN

■ « Vos inénagemens ne vous ont-ils pas bien avancé?

LE POUVOIR EN QUENOUILLE

Par exemple, je ne conçois pas comment vous avex , accepté le congé tpi’elle vous a donné. • ' .

M. .SYI.VESTRK. «

Je n’ai pas voulu la heurter. Vous voyez bien que . je n’en reste pas moins régisseur. Elle ne me remplacera pas; elle ne peut prendre de résolution sur . ^

rien

FIRMIN

Alors il fallait vous retirer tout de suite, et la , ’

laisser dans l’embarras. t. »

M. SY'LVF-STRE.

Vous parlez en jeune homme , monsieur Firmin; ^ mai j’ai de la famille.

FIRWIN.

Est-ce que vous auriez la prétention de vous main-, " ^ .

tenir au milieu de toute cette déraison? • ^

M. SYLVESTRE

Je ne puis pas dire au juste "quelles sont mes pré- ' • tentions. On n’a pas plus tôt quitté une place, qu’on s’en repent; on a beau se répéter qu’il y allait de votre honneur de ne pas la conserver; ces idées-là rinissent par s’affaiblir , et il ne reste plus que le re- ^ .gret d’avoir été un honnête homme. (ii rit.) p-

■'tirIiix , '

Vous ne pourrez pas céder sur tout.

M. .SYI.VE.STRE

On ne cède pas positivement, on .s'arrange.

Dkjiîszed

* • SCENE IX. 20

• • ' FIRMIN-

Gomment êtes-vous avec madame Loriol ?

M. SYLVESTRE

• . Elle ne me parle plus depuis quelques jours; ce qui ne l’a pas empêchée de m’écrire ce matin pour m’engager à ne pas quitter le château avant qu’il

. n’y soit revenu du monde.

FIRMIN

♦ Elle a donc peur?

M. SYLVESTRE

Sans au'cun doute; et c’est comme force armée

,, qu’elle me requiert. C’est toujours cela.

FIRMIN

^ Cette faiblesse aux prises avec je ne sais quelle vanité a bien son coté plaisant, vous en convien- .adrez.

M. SYLVESTRE

^ Oui , comme cela , quand on en cause; mais je vous

• . assure qu’à l’u.ser, c’est fort ennuyeux. Après tout,

il faudra bien s’y faire.

J FIRMIN

* Ah! monsieur Sylvestre, je ne vous trouve pas J, comme j’aurais voulu.

• • il. SYIaVESTRE.

Monsieur, je dois respecter les intentions de monsieur votre père. En envoyant une procuration aussi étendue à madame, s. ..,

30 LE POUVOIR EIV QUENOUILLE. •

FIIIMIN. *.

Vous auriez tort de penser qu’il a consenti à ce (jue l’on mît tout sens dessus dessous cliez lui. Il m’a bien écrit qu’il avait cru devoir cette inanjue de confiance à la résignation que sa femme monti’ait' » pour la prolongation de son ab.sence; mais il m’a* chargé en même temps de lui rendre quelques visites pour surveiller, sans qu’elle s’en doute, l’emploi de ^ sa nouvelle autorité. .l’ai lettre que je puis vous ^

montrer. , ' ■ *

M. .SYLVESTRK.

Monsieur, ceci change la thèse, et je suis prêt ' exécuter avec respect, comme venant de monsieur # . votre père, tous les ordres qu’il vous plaira de me donner. .

FIRMIN. • * ’ '

C’est Agathe qui doit mener madame Loriol? •

M. SYLVESTRE, avec hrutatiun.

MoiLsiour, je ne pourrais pas l’affirmer positive-j ' • meut. * '•

FIRMIN. ' . » '

Allons, vous voilà retombé dans vos hésitations.

M. SYLVESTRE. . '■ J

Monsieur , une personne du caractère de ma- *dame... .

FIRMIN. , * *'

Les personnes du caractère de ma belle-mère, lors- . * qu’elles ont abandonné le secret de leur faiblesse à un subalterne, s’en laissent volontiers dominer; mais

SCEIVE IX.

en revanche elles redoutent les gens sensés avec lesquels U faut garder des mesures. Pourquoi ne seriezvous pas de ces gens-là?

^ M. SYLVESTRE

Il faut être juste, monsieur. Outre qu’il ne me conviendrait pas de chercher à me rendre redoutable à madame, qui est-ce qui me .soutiendrait?

FIHMIN. ♦

Au moins, faites sauter Agathe.

, * LALLEMAND

.Monsié met le toigt tessus. Foilà ce qu’il fautrait faire avant tout. Ch’ainie pas à faire tu tort à per- ' sonne; mais, comme on tit, il faut mieux tuer le tiable que le tiahle nous tue; et mamzelle Agathe il

• nous tue. Il n’y a pas encore huit chours que, pour ■être pon serviteur, il ne fallait qu’être pou serviteur;

“ ensuite on n’était plus un pun serviteur si on n’était pas un plat falet ; ensuite il a fallu une chose, ensuite ^ il en a fallu une autre. Si pien qu’on ne sait pas à présent jusqu’où ça peut aller. Qu’on ti.se donc un fois pour toutes ce qu’on feut, etqu’on achoute plus rien,

# parce quera emparrasse.

FIRMIN

^ £h! bien, où t’es-tu arrêté, toi?

^ , * . LALLEMAND

Che me suis arrêté à pon serviteur; che sais pas

plus. V

LE POUVOin EN QUENOUILLE.

FIKMIN

Ce brave Lalleiiiaïul , il ne sera jamais à la hauteur du siècle; n’est-il pas vrai, monsieur Sylvestre?

M, SYLVFISTRK

Monsieur, monsieur, plaisante/, tant que vous voudrez; je u’ai jamais été pour les moyens violens, et je in’en suis toujours bien trouvé. Mademoiselle Agathe a l’oreille de sa maîtresse, cherchons à nous entendre avec mademoiselle Agathe. Ce n’est peutêtre pas impossible.

Fin MIN.

Pardonnez-moi, monsieur Sylvestre; c’est impossible. Songez donc que je représente mon père ici.

M. SYLVESTRE

Si par une transaction, cependant, nous pouvions parvenir....

FlRMlNy gaiement.

Lallemand, va me chercher Agathe; je vais transiger avec elle, moi.

LALLEMAND

Ah! monsié, che approufe pas ça. Fous alez peau faire le couracheux, vous êtes trop gai; Agathe est chen tille; vous n’étiez pas mal ensemble l’année ternière, fous transicherez mal.

FIRMIN

Fais ce que je te dis.

( I>aUeinanJ sort.

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SCÈIVE X.

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