I.alleinand a raison, vous transigerez mal
FIRMIW.
Je ne dis pas le contraire; mais il faut en finir.
M. SYLVESTRE
Laissez-nioi essayer d’abord ; vous aurez toujours le temps d’en venir à des moyens extrêmes.
FIRMIN
Je me méfie de vos essais. Vous auriez dû vous être expliqué depuis long-temps avec cette fille.
M. SYLVESTRE
Je vous avouerai que j’étais retenu comme par un reste de dignité.
FIRMIN, rUat.
Ah! que votre dignité me paraît hors d’œuvre dans ce temps-ci ! Nous sommes dans une émancipation générale; c’est guerre ouverte. Il n’y a même plus de ridicule à redouter, puisqu’il n’y a plus d’étonnement pour rien.
M. SYLVESTRE
Si je ne faisais que craindre Agathe; mais je la méprise. Ceci bien de vous à moi, monsieur Firmin.
'Sir
34 ' LE POVVoUt EN QUENOUILLE.
FIRMIN
* Comment donc! Je sens toute l’importance d’un pareil aveu.
M. SYLVESTRE
Et c’est à cause de l’éloignement qu’elle m’inspire’ que je trouverais prudent de m’entendre avec elle.... Je ne sais pas si vous me comprenez.
FIRMIN
C’est clair comme de la diplomatie.
M. SYLVESTRE
Elle a de l’ascendant sur madame; le retour de monsieur votre père est encore éloigné; j’ai deux
enfans, une femme qui est toujours malade Cç
sont des considérations.
FIRMIN
Quelle fermeté de caractère vous auriez eue, si vous fussiez resté garçon !
M. SYLVF-STRE.
Ail! monsieur, j’aurais été un tout autre homme. J’aurais rompu en visière au monde entier.
FIRMIN
Même à .\gathe , je le parie.
M. SYLVESTRE
Je me serais moqué d’elle; ( plus las et riant avec affectation. )
et même un peu de madame votre belle-mère. Ah! ah ! ah ! ah !
FIRMIN
En effet, si l’on était raisonnable et que l’on
*. . .SCENE XI. SK
prît ^tout gaiement , on déjouerait bien de.s sot- ^tises.
H. SYLVESTBE.
i Oui certainement; ( en .nupinni. ) mais il faut vivre.
FIRMIN
Faites donc comme vous l’entendrez. Je vous cède ce premier entretien avéc Agathe ; mais songez que mon père sera instruit de tout, et qu’en cherchant * -trop à vous ménager d’un côté, vous risquez de vous perdre de l’autre. *
a (U sort. ) •