‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 157 sur 254 · SCÈNE II. S · texte numérisé non relu

SCÈNE II. S

\.k BARONNE.

Vous savez, mon cœur, l’amitié que j’ai pour vous; ce n’est que dans vôtre intérêt que je vous parle. Si cette mode de vertus n’avait pas été adoptée en grande partie par des gens de la meilleure coni- * pagnie , si elle n’avait pas comme un but d’utilité par l’espèce d’illusion que cela fait dans le peuple, croyez bien que je serais la première à en rire avec vous; mais il y a des noms qui m’arrêteront toujours : c’est plus fort que moi.

LA MARQUISE

On a eu bien raison de vous nommer la bonne baronne. Mais soyez sans inquiétude ; je ne veux plus rire <lésormais que des gens qui ne seront pas titrés.

LA BARONNE

Pas trop non plus de ceux qui sont à la tète des affaires. Pour obliger quelques amis, pour l’avancement de monsieur Alfred, par exemple, vous ne serez peut-être pas fôchée de les trouver un jour.

Il n’y a plus d’avancement pour moi, madame; j’ai quitté le .service.

LA BARONNE

Je n’en savais pas le mot. Est-ce que c’est la condition de quelque mariage que vous avez en vue ?

ALFRED

Non; mais la vérité est que je n’étais pas assez homme d’église pour rester militaire. Toujours suivre, toujours escorter des cérémonies....

LE 80tJPEIt .

■ , ^ LA MARQUISE

J’aimr assez les cérémonies, moi. C’est une occasion pour ceux qui paienf des contributions, de passer en revue ceux qui les mangent.

■' LA BARONNE

Qui les mangent ! Quelle expression !

• LA MARQUISE. -

Eh bien ! qui les gaspillent.

LA BARONNE

Cest mieux. Mais pourquoi en revenir toujours là? Je ne vous vois pas de fois que je ne vous entende vous plaindre de ce que vos teores ne vous rapportent que des impôts. Si vous étiez intéressée, on concevrait cela; mais comme vous ne l’êtes pas, on ne sait pas ce que cela veut dire.

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