SCÈNE
LE COMMANl^ELH, btinnt U main de la nurquUe.
Vous croyez bien , madame la marquise , que je ne suis'vejiu que pour faire acte de soumission à vos ordres. Les plaisirs de nuit ne, sont plus guère de mon âge. ^iitaïueUbaronnnat Aifmd. ) IMaîs OU cst donc votre monde?
LA AJARQUISE , riani.
Vous voyez. • n
Quoi ! ce n’est qu’une partie carrée? On disait que vous aviez tout Paris. •
LA MARQUISE
Que voulez-vous? Il paraît qu’on me boude.
LA BARONNE
C’est sa faute aussi ; gron,dez-la , commamleur. Elle ne peut pas s’empêcher de parler politique; comme elle n’y entend rien , elle en parle mal , et cela effarouche.- J’en suis désolée , moi qui me faisais une fête de ses soupers.
LE COMMANDEUR
Madame la baronne vous calomnie, n’est-il pas vrai , madame? Vous ne parlez pas politique ?
LA MARQUISE
Non.
LA BARONNE
Elle s’occupe de contributions. ,
LE COMMAÂ'îDEUR I riant aux éclats.
Ah ! ah !. ah ! Les contributions ! c’est pariait. Il
LE SOUPER
faut laisser cela à débattre entre nos députés; ils s’y entendent si bien ! D’ailleurs ne sait-on pas que, dans une fortune bien administrée, on obtient toujours des pensions pour couvrir toutes ces misères-là?.... Est-ce que vous n’avez pas de pensions? Il faut en avoir.
LA BARONNE
Je ne fais pas parler le commandeur. Certes, il 'vous donne un moyen excellent pour calmer votre irritation.
LA MARQUISE, gaicmeat.
Ne dirait-on pas que je suis furieuse? ’
• ‘ I.E COMMANDEUR
Quelles sont donc ces personnes si farouches que vous aviez invitées? Y avait-il beaucoup de jeunes femmes? Il faut des jeunes femmes dans un souper.
LA MARQUISE
J’attends d’abord madame Eugène de Monbel, que mon parent vient d’épouser. Assurément, celle-là est fort agréable.
LA baronne.
C’est une fille de banquier. J’avoue que j’aurais mieux aimé pour monsieur de Monbel, qui est allié à toute l’Europe , quelque cent mille francs de moins et une espèce de naissance.
LE COMMANDEUR
Si elle est jolie.
LA BARONNE
Poilr une personne de cetté classe-là, son visage est
RCENE m.
assez bien ; mais ce sont des manières Enfin, com-
mandeur, vous finirez par la rencontrer , son mari la
mène partout ; il ne peut pas se passer d’elle Vous
verrez.
LE COMMANDEUR
Elle n’est mariée que depuis six mois, ce me semble ?
LA MARQUISE
A peu près.
LE COMMANDEUR
Et son mari la conduit déjà dans les soupers?
LA MARQUISE
Pourquoi pas?
LE COMMANDEUR
Comment donc ! mais c’est fort bien. Il faut toujours finir par-là ; autant s’exécuter tout de suite.
ALFRED
Que dites-vous, monsieur le commandeur? Si Monbel vous entendait , vous lui donneriez des inquiétudes.
LE COMMANDEUR
Ma foi! cela ne m’étonnerait pas, tant la jeunesse d’à présent ressemble peu à la nôtre. Je vous demande pardon, monsieur Alfred; mais il est incontestable qu’il manque je ne sais quoi aux jeunes gens d’aujourd’hui.
LA BARONNE, à Alfred.
Vous pouvez vous en rapporter au commandeur.