LE SOL’PEH
ment acquise que je ne réunirais autour de moi ; point de projets utiles dont ma société ne devînt le moteur ou le soutien; point de ces médiocrités triomphantes que je ne réduisisse à compter avec moi. L’ambition, comme je la comprends, c’est l’essai de ses forces contre ce qui résiste; c’est un combat ouvert contre toutes les vanités, les pussions cupides, les déceptions honteuses qui tourmentent la société; c’est le triomphe d’un seul sur les vices et les erreurs de sou siècle. Plus de repos , je le sais plus de bonheur peut-être; mais qu’est-ce que le sacrifice de soi-même ? Celui qui hésite lorsqu’il s’agit de grands intérêts, doit ramper toute sa vie; ramper vaut encore mieux que de ne s’élever qu’à demi.
ALFRED
Monsieur le vicomte, l’ambition paraît trop belle d’après le tableau que vous en faites; les plus hardis n’oseraient y prétendre. .
LA MARQUISE
Et quelle*femme oserait la désirer dans l’homme qu’elle prendrait pour époux? On ne voit pas trop ce qu’elle deviendrait à travers de si grands intérêts.
LE VICOMTE
Vous trouvez peut-être que j’ai chargé les couleurs? ’
Pourquoi donc? Dans une peinture d'imagination, on peut tout se permettre. Mais, messieurs, il se fait lard; nous ne souperons pas. Je vais demander du thé.