CENE
SI t
nous n'-un voulons plus ; et noos renverserons tout Jusqu’à ce que nous ayons remis les choses sur le bon pied. >
MADAME DCI'RÉ.
Comment! monsieur Dupré, tu vas aider à renverser quelque chose, toi?
M. DliPnÉ.
J’ai confiance dans les gens qui ont tout k perdre .s’il venait un bouleversement.
DEMS.
C’est pour cela que vous voulez tout bouleverser?
M. DUPRÉ
Je ne t’écoute pas; tu es un factieux. Appartientil à un jeune homme qui se destine à devenir avocat, de déclamer sans cesse comme tu fais contre le gouvernement ; de se mettre à dos tous les gros propriétaires, en manifestant des opinions démagogiques?
MADAME DUPRÉ
Ah ! mon Dieu , comme tu emploies de belles expressions !
M. DUPRK, à Deuil. t
i^iies
une importance quelconque?
MADAME DUPRÉ
Tu es donc important, toi?
M. DUPRÉ
Ah ! çà , madame- Dupré , est-ce un parti pris de
Les affaires publ
te regardent-elles ? .\s-tii
AVANT ET APRES
ni’einpècher de parler raison? Suis-je d’âge à ne savoir pas ce que je dis , et ne pnis-je pas faire à , votre neveu , dans son intérêt , les remontrances que je trouve à propos de lui faire? Tant que je ne me suis occupé que de mon commerce, j’ai pu l’écouter comme un oracle ; je n’hésite même pas à avouer qu’il m’a fait trembler plus d’une fois sur l’avenir; mais j’ai entendu d’autres pn^nnes, des pei-sonnes qui en savent un peu plus long que lui, ce qui n’est pas difficile, et je suis très-rassuré maintenant. A l’entendre, ne semblait-il pas que le ciel allait tomber, si l’on faisait telle ou telle loi? On les a faites, et tout marche comme auparavant.
DENIS
Tout marche, n’est pas une raison, mon opcle. Tant que la terre tournera , tout marchera ; mais comment ?
M. DUPRÉ
Je ne sais seulement pa.s si la terre tourne; et elle s’arrêterait, que je n’en verrais rie», ni toi non plus qui fais le docteur. Tout cela, ce sont des lieux communs, 'des raisonnemens d’apprentis avocats. D’ailleurs, que voulez- vous donc, vous autres? Ai-je été chercher le.s*gens que je vois depuis quelque temps? N’est-ce pas eux qui sont venus me trouver, qui m’ont invité à aller chez eux? Et quand ils ont tant d’obligeance pour moi, faut-il que je fasse le fier, que je les dédaigne, comme on faisait dans* la révolution? Tu dis toimême, Denis, que tout s’arrangerait s’ils voulaient
SCÈXE II.