SIS
mellre de côté leur morgue et leur vanité; c’est donc pour que nous nous eu emparions à notre tour? Dame! explique-toi.
MADAME UDPnÉ.
Définitivement, monsieur Dupi’é, ça l’a bien fait de voir des nobles; tu parles plus de suite que tu ne faisais.
M. Dt'FBÉ. I
D’abord, -il n’y a plus de nobles, madame Dupré; c’est un mut qui ne signifie plus rien à présent.
DENIS
Comment, mou oncle, il n’y a plus de nobles!
M. DUPRÉ
Ce sont eux-inèmes qui le disent. Il n’y a plus que des gens de bonne compagnie et des gens de mauvaise compagnie. Moi, je suis de la bonne compagnie.
MADAME DUPRÉ
Comme ils t’en font accroire !
M. DUPRE.
C’est donc à dire que je suis un imbécile? 11 est singulier qu’il faille c|iie je revienne chez moi pour m’entendre traiter de la sorte, quand, parmi les gens les plus comme il faut du département , on trouve au contraire que j’ai le sens droit et les meilleures opinions du monde. Je finirai par vous envoyer tous promener, pour peu que cela dure. Je voudrais bien savoir où vous auriez pris des idées ?
AVANT ET APRES
Est-ce Denis, dans ses classes, ou toi, madame Dupré, avec les marchands qui viennent t’acheter dû calicot ou du basin?
MADAMK DUPnK.
Ecoute donc, monsieur Dupré, tu u’as qu’à mettre le feu à nos magasins, et tu me donneras après cela les idées que tu voudras.
M. DfPRÉ.
11 n’est pas nécessaire de mettre le feu à rien; ce u’est pas cela que j’entends; mais j’engagerai Denis, pour son bien , à oublier un peu les opinions qu’il a. I
DENIS
Laissez-moi, au contraire, les conserver, mon oncle ; vous ne serez peut-être pas fâché de les retrouver un jour.
M. DUPRÉ
Jamais. Âh! je suis ferme maintenant; tu ne m’en feras plus accroire. Je suis de la bonne compagnie; tout ce qui convient à la bonne compagnie doit me convenir à moi.
MADAME DUPRÉ
Écoute, mon ami; si, par .hasard , il se trouvait qu’un jour tes intérêts fussent opposés à ceux de ta bonne compagnie, que ferais-tu quand tu lui aurais donné un député qui serait plus dans se.s intérêts que dans les tiens?
M. DUPRÉ
Ce sont des subtilités que cela. Si je suis de la
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bonne compagnie, elle ne peut rien vouUjir pour elle qu’elle ne le veuille pour moi. Et puis, ne resterait-il jias la ressource du gouvernement pour se plaindre?
UEMS.
Le gouvernement! üù le trouverez- vous, mon <»ncle? Comment le saisirez- vous? Le gouvernement est un être de raison qui .n’empêche aucune folie. Pourquoi, vous dirait-on, avez-vous choisi un député comme cela?
'■ M. DCPnÉ.
Parce que je l’ai voulu; que je suis électeur; que je ne dois compte à pei'sonne de mes opinions. Il n’y a ni femme ni neveu qui puissent m’influencer. Je veux jouir et user de mes droits comme bon me semble ; et plus mon député déplaira à certaines gens, plus je le trouverai excellent pour moi.
DEVIS
Chacun son goût. Votre bonne compagnie n’est pas si nombreuse. Nous allons voir si ses fantaisies l’emporteront sur les vœux de la mauvaise compagnie, qui se compose de toute la France.
* * (Il Mjrl.)