SCENE XII
XJ
/ P AGATHE. ’
i. Il en aurait le droit.
’ , . M. SYLVE.STKE.
Cependant madame est maîtresse chez elle.
B- «ü *v AGATHE.
, Qu’est-ce que cela fait ?
, * • ,M. SYLVESTRE, ^ pari. «
, Efit-ce qu’ils se seraient déjà entendus ensemble ?
^ ' AGATHE
^ ♦ Allez, 'ailes, '«monsieur Sylvestre, ne cherchez
pas à me rendre des services que je ne vous demande.
, M. SYLVESTRE , i> part.
, ^ ^ Il est clair qu’ils “.sont d’accord.’ (Haui, ) Écoutez
* donc, mademoiselle Agathe, je n’ai pas l’intention de vous prémunir contre monsieur Firmin ; au contraire. Je sais aussi bien que vous qu’il a ses
. droits ici.
* . . , AGATHE
. Et quels sont ces droits, s’il vous plaît ?
• • ' M. SYLVESTRE
.*Ne le disiez-vous pas vous-mèrae tout à l’heure?
AGATHE
J’ai dit qu’il avait le droit de blâmer , mais il n’en
* a pas d’autre.
M. SYLVESTRE, ^ pari
» Ils ne s’entendent donc pas?
LE POUATOm E.\ QUENOUILLE.
AGATHE
Vous l’avez aussi , vous, tant que vous serez dan» le château, et même quand vous en serez sorti. -
M. .SYLVESTRE
Mou sentiment à moi n’est d’aucune importance; mais monsieur Firmin peut écrire à son père. ^
AGATHE
Est-ce une menace que vous faites à madame, où bien avez-vous tant d’estime pour monsieur Firmin que vous le supposiez capable de chercher à brouiller ses parens? ^
M. SYLVESTRE, k pan.
Que diable a-t-elle donc dans la tète ? • ,
AGATHE
Je u’ai pas la vue aussi étendue que vous apparemment; mais je ne devine pas ce que monsieur Firmin pourrait écrire à son père, si ce n’est que madame fait usage des pouvoirs qu’il lui a donnés.
M. SYLVE.STRE.
Mais .s’il l’induisait en erreur en lui mandant, par exemple, que madame entreprend beaucoup de choses qu’elle n’aurait pas entreprises sans de certaines influences
AGATHE
' Il ne l’induirait pas en erreur, monsieur Sylvestre, il lui dirait la vérité. Si c’est cela que vous chei^ chez à entortiller depuis une heure, vous aviez bien tort <le prendre tant de peine.
"'r SCÈXE Xll. ^ -ï. * r»n
* 9-1 * ê M. SYLVEüTUK, li part-
• ■ Je ne sais plus où j’en suis. ' ' • • ,
f •* AGATHE.
Je vous désole; vous devez être déconcerté.
M. SYLVESTRE
Vous conviendrez au moins que ce n’est pas dans mon intérêt que j’ai tâché de vous éclairer.
^ AGATHE
Si fait. C’est une espèce de trigaudene en niai nière de rapprochement. Mais je n’en sens pas le besoin ; je trouve que nous sommes bien comme ' nous sommes.
< M. SYLVESTRE, elcvint U volt.
En vérité , Agathe , vous le prenez sur un ton singulier avec moi.
AGATHE
A la bonne heure, j’aime mieux que vous me parliez comme cela,
M. SYLVESTRE
. Je ne vous rappellerai p:is ce que vous êtes.
AGATHE
Je suis dans une position qui vous ferait assez envie.
M. SYLVESTRE
Mais que vous perdrez aussitôt que madame ouvrira les yeux.
AGATHE
Aussi m’appliquerai-je à ce qu’elle les ouvre le plus tanl j)ossible.
4U • LE lH)VVUrn EiX QDENÜVILLE. * , '
M. SYLVESTRE
On pourrait bien l’aider.
AGATHE. . • • . ■ f ■
Ce ne sera pas vous, du moins ; je vous ai trop bien mis dans ses papiers. ' * ’
M. .SYfc\E.STRE. ■ •
. Cependant, quand elle saura que vous VOUS vantez de la mener ^
AGATHE
Elle ne le eroira jamais C’est une des premières
choses sur lesquelles je me sois mise en règle. (D’un - *
tou d’assuraDcc iroaique. ) Je n’ai pas d’amour-propre, je lui laisse l’invention de tout ce que je veux qu’elle fasse.
(Ella ril.)
M. SYLVESTRE
Je ne croyais pas que l’impudence pût aller si loin.
AGATHE
Il y a des positions où elle ne doit pas s’arrêter, monsieur Sylvestre,, Si j’étais moins franche dans mon allure , il ne manquerait pas de gens qui viendraient 'me dire: « Écoutez, mademoiselle Agathe,
« votre inexpérience peut mettre un désordre af- « freux dans cette maison, entendons-nous ensem- « ble, et je vous aiderai de mes conseils. » C’est positivement ce que je ne veux pas. Quand on demande des conseils, on finit par recevoir des^ ordres, et je n’aime les ordres que quand je les doime. . • .
Digilized by Goo^lt