S€È.\K XIII
M. SYLVESTKE.
Tout doux, Agathe, ne soyez pas si prompte à I - iiilei'pi*éter des motifs que vous n’avez pas assez de délicatesse pour comprendre. Vous ne pensez qu’à r-vous, je pense à vos maîtres, moi; et c’est dans leur ■^térêt que je vais prendre des mesures.
Il va pour ^aortir, J
AGATHE , l’vTCtaat.
• Monsieur Sylvestre, je ne suis qu’Agathe, je ne ^ .f’ suis qu’une pauvre servante, une fille de rien; mais,
-■ croyez-moi, n’allez pas faire parade d’un zèle qui * ne tromperait personne. Comme je ne vous ai rien dit que je n’aie voulu vous dire, vous pouvez le ré- ,
, • péter en toute sûreté pour moi.
M. SYLVESTRE, part en l’eo allant.
Je ne sais plus ce que je dois faire.
SCEiVE XIII.
AG.\THE, Mmi.
révérence. )
( 11 iurt.)
•Tl» '
caractère-là.
plaisir à
f compromettre , et qu’il pourrait tirer un grand parti /le mes confidences. Qu’il essaie d’aller les répéter à madame, et il ne couchera pas cette nuit au château. La petite Agathe est bien sûre de .son fait ; encore quinze jours seulement, et l’on ne connaîtra plus . qu’elle ici. Madame sera toujours madame, parce
42 LE POLVOin E\ QL'ENUL’ILLE. * , »
que ça ne peut pas être autrement; mais, dans la . réalité, ce sera iiiademoisclle Agathe qui fera tout, .
^ qui se mêlera de tout. Les fermiers, les fournis-
■ seurs, les gens qui ont des prés ou des terres à Ib- .*
. cation ne s’adresseront qu’à mademoiselle Agathe.*^ .
• • Je prendrai des airs. (KiiemirciKicasepaTaïuiitO « Qui est-ce
• , qui est là? — (AccimpjyMn. ) Mamzelle, c’est moi qui'
# viens vous demander si vous voulez me continuer . la locature de ma prairie? — C’est selon ce que vous ^ me donnerez de pot-de-vin , Thibaut. — Mamzelle','ti,
% le pot-de-vin sera d’autant meilleur que la loaiture f* sera plus basse. » (Eiiorii.) Ah ! ah ! ah!.... C’est pour-» < tant comme ça qu’on s’amasse une dot, qu’on^de- ^ , f* vient un personnage, qu’on épouse un greffier ,
t comme a fait madame Dufour, qui n’était aussi
' qu’une femme de chambre. Ah ! si jamais je deve-
nais greffiére, je voudrais (jiie ce fût dans ce pays- ^ ci, afin de recevoir madame. « Madame la gref- ^
• fiére, c’est madame Loriol qui demande à avoir
■ l’honneur de vous voir. — Mon Dieu ! que c’est
ennuyeux! Eh bien! qu’on fasse entrer madame ■ • Loriol. »
• *' ^ SCÈNE XIV." ' ' ' -
, MADAME LORm, AGATHE. * *•
AGATHK, continuant tes rêveries.
Madame Loriol , donnez-vous la peine de vous asseoir.
MADA^fE LORIOL» dans le plus grand rionnerocol. •
- ()u’est-ce que cela signifie? Pourquoi m’ap|ielles- -
SCEXE XIV.
tu madame -Loriol ? Est-ce que je ne suis pas madame pour toi? Et où as-tu donc la tête de m’ofirir un siège?
• AGATHE, dt'conccrte'fl.
^ Madame, j’étais là, et je pensais toute seule.
MADAME LORIOL. ‘
Je crois que tu es folle de penser toute seule ^ tandis qu’on m’accable de paperasses.' Tiens, en *
voilà-t-il assez? (Elle lui montre de» papiers. ) Une citation de J Gauthier l’arpenteur, une autre de Rousseau l’ad-
^ I joint, et une lettre de madame de Marois , qui' * me menace de se mettre en règle si je continue ' * . * • mon fossé'.
AGATHE. , '
•Je Mois d’où cela vient. C’est la suite d’un parti • ^
pris ici de vous mener. ^ «
< MADA.ME LORIOL.
• De me mener ? ,
AGATHE
. Oui, madame.
» • MADAME LORIOL
De me mener J De me mener est trop plaisant. Tu , sais, .\gathe, si je me laisse mener.
• AGATHE
Comme nous ne sommes que des, femmes, mon- 'sieur Firmin et monsieur .Sylvestre doivent s’ima- ' . giner que rien n’est plus facile que de nous réduire.
MADAME LORIOL
. Tu crois que mon beau-fils est aussi du couipKit?
44,. * LE POEVülR E.\ QUENOUILLE,
AGATHE
, Je sais du moins qu’il n’a pas quitté monsieur Syl- I A'estre de toute la matinée. . ' s
MADAME LORIOL
• ^ C’est bien audacieux. Que penses-tu donc qu’ils
* ^veulent faire? * * *
AGATHE
*, Fatiguer madame par toutes sortes d’inventions , #
•• pour lui faire sentir la nécessité de s’entourer de ce qu’ils appellent des gens de tête. • • ’
, MADAME LORIOL
^ J’ai horreur des gens de tête.
, » • •> ' AGATHE
• *♦ Puis ensuite donner à madame des soupçons contrat
, ’ moi V bien persuadés que , .s’ils pouvaient obtenir ce »
triomphe, ils auraient toute facilité pour tenir ma- ^
K . dame en tutelle. , . ' a *
' ■ ' ■ 1 lÙAüAME LORIOL. . .
I. '• Il est très-possibte que ce soit là leur idée. Eh bien l * < comment,empêcheras-tu cela ? *