‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 193 sur 254 · SU · texte numérisé non relu

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Jouannet est père de famille; nionsienr Jouaniiet est procnreur du roi; c’est un homme de justice. (EnrUnt.) J’ai toujours aimé à avoir la justice de mon côté.

M. DCPRÉ.

Est-ce qu’il a un parti parmi les électeurs?

M. VILOT.

Il a tous les gens qui trouvent convenable de ne pas déplaire au gouvernement; qiii savent qu’cn lui envoyant un député qui n’est pas de son goût , il faut renoncer à tout soulagement, à toute amélioration de localité. Nos routes ne sont pas bonnes; nous avons un pont qui vu nous manquer quelqu’un de ct's jours; on est au moment de nous accorder ce régiment de cavalerie que nous demandons depuis si long-temps, et qui serait un grand débouché pour nos vins et nos fourrages.... Sérieusement parlant, voilà ce qui me décide pour monsieur Jouannet... Et puis il est père de famille.

M. DCPRÉ.

C’est une grande taison.

M. VILOT.

N’est-il pas vrai que c’est une grande j-aison ? Ne vaut-il pas mieux lui mettre le pied dans l’étrier plutôt qu’à un petit gentillâtre qui , du moment qu’il se sera frotté à Paris contre quelques autres de son espèce , oubliera et sa province et ses commettans pour entrer tlans des intrigues auxquelles on ne comprend rien ? - .

AVANT ET APRES

• • M. DUPRÉ

Là-<lessus , je crois que vous vous trompez. On 'm’a dit tout le contraire, et des gens qui ne voudraient pas m’induire en erreur assurément ; ils se respectent trop pour cela. Monsieur Jouannet peut être un très-honnète homme ; mais mon candidat n’a riefi à lui envier, si ce n’est qu’il n’a plus de femme, et qu’il n’a jamais eu d’enfans.

M“ VILOT, d’ua «ir touche.

Quand ce ne scîrait que cela. Vous .êtes père de famille, monsieur Duprê : votre parti xloit être celui <les pères de femille.

Oui; tnaispour notre pont, pour nos routes, pour notre régiment de cavalerie, mon candidat vaut au muius monsieur Jeuannet. Je ne sais pas si je pourrai vous- expliquer cela. Monsieur Jouannet, d’après ce que vous dites, obéira au gouvernement; eh bien, il parait que mon candidat, lui, commandera au gouvernenlent. C’est bien plus fort.

M. VILOT.

Monsieur Dupré, ne donnez pas là-dedans. Vos

bons amis vous font des contes. S’il commandait

an gmpveroement, vous et moi, nous serions bien avancés. Réfléchissez donc que c’est pour se donner de l’importance ici qu'ils débitent toutes ces forfanteries. Votre député, qui ne sait rien de rien, qui a passé sa' vie dans son château à ronger son frein, par impuissance de faire' autre chose, ne sera pas plus tôt tombé dans la capitale, qu’il va être entouré par

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