SCÈNE XI
des intri^ns qui rte tarderont pas à l’entêter de je ne sais quelles fantaisies dans lesquelles il perdra le peu d’esprit qu’il a. .
M. DU PRÉ
Comme vous lui en voulez!
M. VILOT.
Moi! point du tout; et je le sers peut-être mieux (pie vous, en ne cherchant pas à l’arracher aux seules habitudes qui lui conviennent. Il a un bon château, une meute, assez de jargon pour causer avec ses voisins qui n’en savent pas plus que lui; c’est là son lot. Qu’il obtienne , si vous voulez, que son curé l’encense à quelques bons jours de l’année, à condition que de son coté il se montrera dans les cérémonies d’usage, d’accord ; mais n’en faites pas un homme public, c’est une dérision.
' ‘ ' M. DÛPRK.
Et vous êtes de bonne foi en disant cela ? ,
M. VILOT.
De très-bonne foi. J’aime le gouvernement, tous les gouverneraens; je les respecte. Je pense , avec les gens senstîs, qu’on ne doit pas chercher à les entraver, et qu’ils seraient tous excellehs s’ils pouvaient faire ce qu’ils veulent faire.
' M. DOTRK.
Cette réflexion me frappe.
'' .M. VILOT. , ,
Il faut donc choisir des gens qui les secondent.
AVANT ET ATRÈS.
qui les suivent, qui les modifient à chaque circonstance. Monsieur Jouannet serait sans égal. Quel parti il sait tirer de la moindre cause! Ne croyez pas que ce soit une petite besogne que d’être toujours tout prêt à accuser tout le monde; et pourtant cela a l’air de ne lui rien coûter. Dans une chambre, pour des ministres., c’est parfait. On lui fera signe de répondre à un orateur à qui on ne sait que dire; il trouvera des paroles, et, pendant ce tempslà, les gens du gouvernement chercheront des raisons.
M. DupnÉ.
Si lès gens du gouvernement le désirent tant, pourquoi le préfet m’a-t-il parlé pcmr un autre?
. . M, VItOT.
Parce que notre préfet a deux natures, il tient à l’administration par sa place; il tient à votre coterie par ses protecteurs; de sorte qu’il dira tout ce qu’on voudra.... Je vous livre le fin mot; mais, monsieur Dupré, c’est parce que je vous crois incapable de rien répéter, au moins.
M. DliPRÉ.
N’ayez aucune inquiétude, monsieur Vilot.