SCÈNE XI
cendance. INlais c’est plus fort que moi; je n’ai pas pu y tenir, parce que vous êtes rnonsieur Dupré, et que monsieur Jouanuet n’en restera pas là; qu’il sera reconnaissatit ; que, quoî<|ue étranger au département, il y est attaché de cœur, et qu’il a pour vous une estime toute particulière.
M. Dt'FRK.
En vérité ?
' M. VILOT.
J’ai des ordres, s’il faut vous parler franchement, pour le seconder de tout mon pouvoir, et des ordres qui viennent de très-haut; car on s’imagine que le gouvernement ne fait rien ; si vous voyiez les lettres que j’en ai reçues, seulement au sujet des élections, vous seriez étonné. Je pourrais même vous y montrer votre rtom.
W. DUPRÉ
Mon nom !
M. VIIOT.
Certainement. Monsieur Dupré écrit tout du long avec les épithètes les plus flatteuses.
M. DUPRÉ
Je serais curieux de voir cela , monsieur Vilot. A présent que ma fortune est à peu près faite, je vous avoue que j’aime assez à recevoir des marques d’estime, même du gouvernement, quoique ce soit aujoiu*d’hui celui-ci et demain celui-là. Mais, enfin, c’est toujours une preuve qu’on n’est pas inconnu.
AVAIVT ET APRES.
. M. VILOT.
Eh bien! faisoiis un arrangement. Très-décidément, vous ne voulez pas' de Charrael; il est porté par la petite propriété; cela ne vous convient pas. C’est une espèce de Caton, demi-républicain, demi je ne sais quoi, qui voudrait mettre dans un royaume comme la France un ordre et une économie antimonarchiques. C’est donc entre votre candidat et monsieur Jouannet que vous balanceriez. Donnezmoi toutes vos voix aû premier tour de scrutin; pour peu que la majorité soit do.uteuse, au second tour je donne toutes les miemies à votre protégé. Je suis loyal.
-M. DCrRÉ.
Si c’était une affaire de commerce, je répondrais tout de suite; mais, pour celle-là, monsieur Vilot, j’ai besoin de me consulter.
M. VILOT.
Le temps presse. En arrivant au collège, il faudra me dire oui ou non. Songez à nos routes, à notre pont, à notre régiment de cavalerie, grand coiisommatein' de vin et de fourrages; et surtout ii’oubliez pas que ce bon monsieur Jouannet est père de faniilte, qu’il a trois jolis petits enfans et une femme charmante qui sera désespérée si vous repousse/, son nunâ. Comme Français, comme galant homme (A»« et comme homme galant, vous devez noiLs seconder, et vous nous .seconderez, j’en ai le pressentiment. Adieu, monsieur Dnpré; je ne veux pas vous solliciter davantage; ce serait vous faire injure.
( Il iort.^'