‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 198 sur 254 · I.E MABQflS · texte numérisé non relu

I.E MABQflS

11 ne faut pas que ma question vous embarrasse; monsieur Vilot ne manque pas d’adresse; il serait possible qu’il vous eût donné des raisons qui vous convinssent; dans ce cas-là, vous êtes libre. Ma famille, mes amis, m’avaient assuré que vous paraissiez vouloir vous comporter décemment; si monsieur Vilot vous a fait changer d’avis, je vous plaindrais; voilà tout.

M. DUPRÉ

Je ne sais pas, monsieur le marquis, pourquoi vous vous imagineriez qu’on pût me faire changer d’opinion aussi vite.

l.E MARQUIS.

Je vais vous le dire, c’est qu’il me serait impossible de vous prouver que vous avez tort. Le comte est mon allié; il porte un nom recommandable; sa fantaisie est d’être député. Singidiére fantaisie! mais la seule chose qui puisse le justifier, c’est que, tant que ceci durera, on est trop heureux de trouver des personnes comme lui, qui empêchent du moins qu'on en envoie d’autres. Et que vous disait monsieur Vilot à propos de monsieur le procureur du roi?

Du bien, comme vous devez penser.

• ■ ■ • l.E MARQÜI.S.

Je ne lê connais pas.

- M. DUl'RÉ.

Il parait que c’est un homme qui a de grands

AVANT ET APRÈS

moyens, et qui serait à même de. rendre beaucoup de services au département.... suivant M. Vilot.

LE MARQUIS

A merveille.

M. DUPRK.

Pour nos routes, pour notre pont, et pour mille autres choses, toujours suivant monsieur Vilot, le gouvernement lui accorderait ce qu’il refuserait peutêtre à monsieur le comte.

LE MARQUES

Eli bien, monsieur Dupré, d’après cela, votre , choix doit être fait. Monsieur Jouannet est un trésor. Un député qui offre de faire réparer vos ponts et vos routes est incomparablement meilleur qu'un député qui n’offre rien.

M. DUPRÉ

Pour un autre que moi , cela aurait peut-être l’air vrai, monsieur te marquis; mais j’ai trop à me louer du bon accueil que j'ai reçu flans vos maisons, pour pouvoir me permettre de penser ainsi.

LE MARQUIS

Ce que vous dites là est de très-bon sens, monsieur Dupré. Vous avez de la probité , et vous seriez déplacé parmi les intrigans du ministère. Leurs menaces, leurs flatteries doivent vous paraître ce qu’elles sont, de vils moyens de corruption tout-à-fait indignes de vous. Nous ne menaçons pas, nous; nous ne faisons pas non plus de promes.ses; notre séduc-

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