SCÈNE XIX
MADAME DUPRÉ, DENIS
MADAMK DCPHÉ.
Elle regrette les ours ! quelle idée étrange ! C’est de bien borf cœur que je remercie lé ciel de ne m’avoir pas faite nerveuse, si les nerfs peuvent forcer une femme spirituelle à dire autant de folies. Mais, Denis, que penses»tu de ce déchaînement qui va s’élever contre ton oncle ? Cet échantillon me fait trembler. On ne peut pas espérer que des étrangers lui soient plus favorables que sa propre sœur.
DEMS.
S’il est attaqué, il sera défendu. Dans les temps, de parti , on a toujours quelqu’un pour soi,
‘ * MADAME DUPBÉ, toupiraot. '
Sans doute , mais j’aurais mieux aimé qu’il ne se fût pas mis dans le cas d’être défendu.... Après tout, que ce soit faiblesse, que ce soit tout ce qu’on voudra, il n’a pas commis de crimes. Aux prochaines élections, il votera d’une autre manière, et «;a rétablira la balance, n’esl-il pas vrai?
8Cfi:VE XIX.
DBMS.
On ne peut pas déserter comme . cela , ma tante. Un électeur qui répond de vingt voix, n’est pas un allié qu’on abandonne aussi facilement. H sera cerné de toutes parts,’ il faut vous y attendre. Ses nouveaux amis vont le combler de caresses-, le noyer d’eau bénite de cour. Vous n’avez même plus qu’une chose à faire, c’est de devenir leur complice et de le retenir dans leurs rangs par fous les moyens possibles.
MADAME DUPRÉ. '
Et la manufacture pendant ce temps-là?
DENIS
Elle deviendra ce qu’elle pourra. Oq ne peut pas tout avoir.
. ' MADAME DUPRE. , .
C’est mal, Denis; je te consulte comme quelqu’un en qui j’ai confiance, et tu t’amuses à me tourmenter. Tu vois pourtant bien que je n’ai pas eu autant de bonne foi avec madame Jacqueinin; je ne lui ai pas laissé voir jusqu’à quel point j’étais chagrine, parce que je ne l’ai pas trouvée comme elle devrait être. Pourquoi veux-tu que je te fasse le même re-
DENIS, ii'tto ton carMuaU
Pardon, ma bonne tante.- J’ai pris une tnauvaise habitude : quand je vois l’impossibilité de faire réussir ce qui^est bien , je clrerche à en paraître cojisolé en affectant un ton de légèreté qui n’est pas convenable avec vous. ' • '
proche r
AVANT ET APRES
MADAME DD PRÉ
Voiià de la raison ; cela me remet. J’en serai quitte pour conduire nos affaires toute seule dans le cas où ton oncle ne voudrait plus s’en mêler ; mais je le connais, il tient trop à sa considération pour laisser s’établir une autre maison en rivalité avec la sienne.
DENIS
Le voici. Il a l’air radieux. Je vous laisse, ma tante; car, sans être nerveux , ce premier moment me coûterait.
( )I fort par U porto de côte. )