SCÈNE in
M. TIIIKHRY.
Aujourd’hui qu’ils n’y sont plus, on peüt dire que c’étaient des hommes bien médiocres.
M. DE BRÉCOURT
‘N’est-il pas vrai? Aucun homme d’Etat, aucun homme d’une valeur intrinsèque.
M. THIERRY
Ils signaient, ils entraient dans quelque commérages, ils faisaient semblant de protéger, selon le temps, telle ou telle coterie, quelquefois même ils
se mettaient à sa suite... Vous concevez cela Mais,
il faut tout dire, beaucoup d’entre eux donnaient des bals.
M. DE BRÉCOURT
Eh bien, moi, je ne vous fais pas danser, mais je crois vous rendre des services un peu plus essentiels. Je fais augmenter vos octrois; je m’occupe d’élever nu plus haut possible les centimes facultatifs votés par le département ; je veux sacrifier tous les intérêts aux intérêts de tous, et quand vous en serez là, vous danserez si vous voulez.
M. THIERRY
Savez-vous que ce -sont des amélioi'ations qui ressemblent terriblement à des calamités?
M. DE BRÉCOURT
Hast! bastf on ne fait que cela aujourd’hui; c’est le système. Chaque fois qiie je vais à Paris, vous croyez bien que ce n’est pas pour mon plaisir, c’est
LA DESTITUTION
pour faire des observations au ministre , et lui parler comme je vous parle.
M. THIERRY , sourunt d'oa lir d« doute.
Ah ! ah !
Absolument de même. Comme j’entends mon affaire, que je suis d’aplomb, je ne m’amuse pas à faire des courbettes. Je bataille avec lui très-vivement quand nous ne sommes pas d’accord, et je lui dis, comme je vous dirais à vous-même : <i Monseigneur,. Votre Excellence daignera-t-elle me permettre de lui faire une légère observation ? »
M. THIERRY
Et l’Excellence ne se fâche pas ?
' M. DE BRÉCOURT
Du tout. Soyez sûr, monsieur Thierry, qu’il y a toujours de l’avantage pour un département à être administré par un préfet qui a de la tête , et qui ne se laisse pas intimider."