‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 236 sur 254 · SCENE EVm · texte numérisé non relu

SCENE EVm

d’après ces idées, et je vmis promets de ne pas la censurer.

M. DE BBÉCOUHT.

Si j’avais le talent de présenter d’odieux caractères du côté plaisant, je ne les manquerais pas, je vous jure. ‘ • ' •

■ . -Ml FAUSTÜi , â\ec ■

A merveille, mdnsieur le baron , la' tournure est parfaite. Il est impossible de mieiix déguiser la leçon que vous voulez me faire.

, M. DE BBÉCOORt. .1

3e ne vous fais pas de leçon.

M. FAU.STIN.

Et de m’indiquer plus adroitement les sujets auxquels je ne dois fias loucher.

M. DE BRÉCOUBT.

Touchezà tout au contraire. Je ne connais pus de ridicules privilégiés. Je voudrais être un personnage comique , je vous dirais de ne pas m’épargner plus qu’un autre. Mais surtout monsieur de Grosse-Borne ; celui-là vous me le devez.

* M. FAUSTlÿ.

Que pensez-vous de ma comédie nouvelle?

M. DE BRÉCOURT

Elle est de vous, cela suffit. Il faut la donner le plus tôt possible, et jne pas écouter monsieur Renard , qui rr^arde une pièce de théâtre comme un événement. ' ■

LA DESTITCTIO^W.

M. FAÜSTIW.

Vous n’y avez rien trouvé à reprendre?

M. DE BRÉCODRT. .

Je ne l’ai seulement pas lue. Vous vous y entendez mieutt que moi. Je ne Us que les manuscrits des petits auteurs auxquelsje puis rendre service par les corrections que je leur indique. Beaucoup s’en sont trèsbien trouvés. Mais vous !

M. FADSTII».

J’avoue cependant que, sous ce qu’on appelle le rapport politique , je pourrais bien , me trouver en faute sans le savoir.

M. DE BRÉCOURT

La censure n’est nullement politique, c’est-à-dire la mienne; car à Paris je ne sais pas comment

ils s’y prennent ni eux non plus, peut-être.

C’est un grand malheur, monsieur Faustin, que le manque total de doctrines ’au milieu duquel nous végétons. Ce bon plaisir ministériel fait mon désespoir.

' M. FAUSTIN

Monsieur le baron , ce n’est pas là de la comédie.

M. DE BRÉCOURT

Vous êtes fait pour entëndre mieux que de la comédie. Un esprit de votre trempe n’est pas sans avoir réfléchi au vague de notre existence politique. Il est certain que nous sommes à Tunis, à Alger, à Constantinople; mais nous ne sommes pas en France.

-SCÈNE XX

La faveur ou le fatal cordon atteignent indistinctement les hommes qui doivent le moins s’y attendre. Un administrateur intègre, éclairé, est remplacé par un sot qui n’a que le mérite d’être une machine. (ii >a deiourne pour cacher loo dmouoD.) Bieii enteodu, monsieur Faustin , que je vous parle en ‘général , et pour vous donner des sujets de comédie.

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