PAIL
Des supériorités avec des rosaires et des chapelets !
4«2 LE PÈEE JOâEPn.
LE PÈRE JOSEPIi.
Et des missions et des miracles..... Qu’est-ce que cela fait ? Iæs mystifications sont pour les dupes. I^e monde n’est qu’une grande loge de francs-maçons, «ù les plus hardis projets se déguisent sous des momenes.
PAUL
Je me mépriserais si l’ambition pouvait jamais me conduire à adopter votre langage.
LE PÈRE JOSEPH
Tu es mon aîné, je ne suis plus' jeune, et cependant tu me fais l’effet d’un enfant. Qui te force à changer de langage, puisque tu tiens tant au langage?
• Parle, si tu veux, comme au bon temps; proscris les rois; nous n'avons jamais fait autre chose. Que ce soit pour une cause ou pour une autre, n’est-ce pas toujours les proscrire ? Les Brutus de notre époque n’ont jamais eu de jouissance aussi complète; les gens timorés étaient contre eux, nous les avons pour nous. Nos saturnales sont saluées de tout ce qu’il y a de bonnes âmes en France, et nous avons pour complices toutes les ambitions. Il fallait bien des événemens pour en venir là. Certes, c’eût été un étonnant prophète que celui qui aurait prédit qu’à force de vicissitudes la révolution se réfugierait sur la route où tu me vois.
PAUL
Vous travaillez cependant pour les nobles et pour les prêtres. «
DIALOGUE IV
LE PÈRE JOSEPH
Ce soDt eux, au contraire, qui travaillent pour nous.
PAUL
Vous relevez de Rome.
LE PÈRE JOSEPH
Comme nous relevions de la Liberté, avec la déesse de la Raison derrière, pour mettre à la place quand le motnent sera venu.
PAUL
Vous serez dupes. L’alliance est dangereuse, et j’aime mieux mourir comme jacobin endurci que de jouer un jeu aussi peu sûr.
LE PÈRE JOSEPH
• Ce jeu-là est bien plus sûr qtie celui que nous avons joué jadis ; l’intérêt qui nous lie est bien mieux entendu. Au lieu de chercher à nous renverser les uns sur les autres, comme faisaient les fous de la république, nous nous réjouissons tous à chaque triomphe qu’obtient un de nos confédérés.
PAUL
Pauvre France ! ^
LE PÈRE JOSEPH
Allons donc, Paul, ne lutte pas d’hypocrisie avec moi. La France! la France! La France ne doit être quelque chose pour nous que si nous la dominons. Jusque-là, c’est un pays étranger dont on nous a proscrits, soit comme jacobins, soit comme jésuites;
LE PÈRE JOSEPH
c'est un pays ennemi dont l’honneur nous fait un devoir de tirer vengeancei (ii rit.) Crois-moi, ne fais plus de bile ; juge les hommes ce qu’ils sont, et sois persuadé que quand on a pour soi la police dans ce monde-ci, la terreur dans l’autre, une grande partie des places et des revenus d’un royaume, on a tous les gens d’esprit à sa disposition.
PAUL, avec une fureur coocentr^.
Que la foudre m’écrase , que la terre s’entr’ouvre sous mes pieds plutôt que de consentir jamais à porter votre odieuse livrée. Tu me fais horreur, et je jure de fuir tous les lieux où je pourrais rencontrer tes pareils. (ii ouvre sa veste et montre li Joseph une représentant un Iwnnet rouge.) Voilâ Ic SCul SlgllC (JUC JC FC*
connaisse, le seul pour lequel je veuille vivre et mourir'. . ,