‹ Proverbes dramatiques. Tome 4Chapitre 37 sur 254 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

PAQUITTA. '

. Ah! madame!

LA COMTESSE. '

. - Pas davantage, Paquitta.... Je me soucie bien de % la politique, moi. -Si j’avais l’âge de ma belle-mère; *si j’avais son calme, son sang-froid; si surtout je pouvais me faire illusion comme elle sur l’avenir, je . ferais ce qu’elle fait; je lirais des gazettes et des pam-

V phlets toute la journée; je me flatterais de voir finir notre exil, d’être ra|)pelce à la cour, de rentrer en ■faveur; mais rien de tout cela ne me tente; j’en connais le vide, le peu de durée, et je m’ennuie.

• . ' ’ PAQLITTA.

^ous ne sommes pas faites de la même manière alors; car je trouve qu’en Espagne, aujourd’hui, on peut bien maudire l’existence vingt fois par jour, se dépiter, ronger .son frein, devenir folle; mais on n’est pas assez heureux pour pouvoir s’ennuyer.

LA COMTESSE

• ■ Pauvre Sanchez! où est-il maintenant? Paquitta,

• regarde-moi donc ; tu as toujours la tête tournée du côté de la cour tandis que je te parle.

PAQUITTA.

C’est que madame ne sait pas....

^ . LA COMTE.SSE

’Va me chercher des sels; je ne suis pas bien

‘Non, prends ta guitare.... chante-moi quelque chose. Ah! Paquitta, à vingt ans, être condamnée à pas.ser

' l^E BRIGAND.

une vie aussi triste! J’étais faite pour aimer; j’avais un cœur tendre; tout autre époux que don Marcos aurait été heureux avec moi.... Allons, encore cette maudite cour. Qu’y a-t-il donc dans cette cour de si intéressant pour toi ?

PAQUITTA.

Madame, c’e.st ce brigand que toutes les filles viennent voir. *

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