SCENE
PAQUITTA. '
. Ah! madame!
LA COMTESSE. '
. - Pas davantage, Paquitta.... Je me soucie bien de % la politique, moi. -Si j’avais l’âge de ma belle-mère; *si j’avais son calme, son sang-froid; si surtout je pouvais me faire illusion comme elle sur l’avenir, je . ferais ce qu’elle fait; je lirais des gazettes et des pam-
V phlets toute la journée; je me flatterais de voir finir notre exil, d’être ra|)pelce à la cour, de rentrer en ■faveur; mais rien de tout cela ne me tente; j’en connais le vide, le peu de durée, et je m’ennuie.
• . ' ’ PAQLITTA.
^ous ne sommes pas faites de la même manière alors; car je trouve qu’en Espagne, aujourd’hui, on peut bien maudire l’existence vingt fois par jour, se dépiter, ronger .son frein, devenir folle; mais on n’est pas assez heureux pour pouvoir s’ennuyer.
LA COMTESSE
• ■ Pauvre Sanchez! où est-il maintenant? Paquitta,
• regarde-moi donc ; tu as toujours la tête tournée du côté de la cour tandis que je te parle.
PAQUITTA.
C’est que madame ne sait pas....
^ . LA COMTE.SSE
’Va me chercher des sels; je ne suis pas bien
‘Non, prends ta guitare.... chante-moi quelque chose. Ah! Paquitta, à vingt ans, être condamnée à pas.ser
' l^E BRIGAND.
une vie aussi triste! J’étais faite pour aimer; j’avais un cœur tendre; tout autre époux que don Marcos aurait été heureux avec moi.... Allons, encore cette maudite cour. Qu’y a-t-il donc dans cette cour de si intéressant pour toi ?
PAQUITTA.
Madame, c’e.st ce brigand que toutes les filles viennent voir. *