LÀ COMTESSE DE ROSALBA
DOEÀ FRANCISCA, mcre du comte.
LA MARQUISE
DAME MARCELLE, duègne.
PAQUITTA, camériste.
PÉDRILLO, domestique du comte.
La scène se passe dans une petite ville d'Espagne.
L« Uif^âtre représente un siloa.
LE BRIGAND
LA COMTKSSE.
Viens donc, Paqnitta; depuis ce matin, je n’ai pas pu t’avoir un seul Instant auprès de moi. Je suis triste à mourir. Ah! quel aftrcux sort que le mien! Me trompais-je quand je ne voulais pas épouser le comte de Rosalba? Me voilà comtesse; on m’appelle
dona Elvire Je suis bien avancée. Donne-moi donc
encore de ces'belles raisons que tu me donnais pour m’engager à faire cette sottise. ,
PAQtlITTA.
1 • Quand on n’a pas vu de près tout cela, madame
, . LA COMTESSE
Quand on n’a pas vu de près, on ne donne pas de conseils. J’aimais ce pauvre Sanchez; il n’y avait pas dans toutes les Espagnes «leux amans que l’on pût nous comparer pour la tendresse; et il faut que tu te ligues avec mes parens, toi qui devais être mon soutien, pour me faire épouser l’homme le pins malencontreux qui ait jamais existé.
PAQtjITTA.
Ce qui est fait est fait. On a cru agir pour le mieux. Monsieur votre père était au moment crètre proscrit comme ayant fait partie du gouvernement des Cortès; votre frère était en fuite pour une autre cause; le malheureux .Sanchez, pour, une ttoisième nuance d’opinion, avait aussi été forcé de passer en France; le comte j)artageait par hasard le triomphe du moment; c’était coipnie une sauvegarde pour toute votre famille : vous vous êtes dévouée.
LA COMTESSE
Et depuis ce beau dévouement, et à cause de ce beau dévouement, nous avons déjà été exilés deux fois. .Si le comte avait eu assez de bon sens poursavoir garder .sa position, encore. •
PAQUITTA. ■ .
Je puis dire devant madame que monseigneur n’est pas très-habile; cependant, je puis ajouter que de plus habiles que lui ne sont pas plus avancés qu’il ne l’est.
LA COMTESSE
Quelle nécessité de me marier si jeune pour n’épouser que des proscriptions !