MADAME DA UN VAL
Vous n’y parlez pas de moi ?
MADAME DE LA DfmNlÈRE.
Je ne veux pas leur ôter leur fraîclieur. Ce sera à vous de vous les procurer quand ils paraîtront.
MADAME DALINVAU ‘ .
Je suis si insignifiante.
MADAAIE DE LA DCDISlÈnE.
■ Vous avez une conduite exemplaire; vous êtes une femme excellente, remplie de vertus; par conséquent, dans mes Mémoires, vous devez être mon amie intime; cela va sans dire.
MADAME DALISV.AL. '
Et votre mari r , ^
MADAME DE LA DUIUNIÈRE
Je l’ai déjà fait et ri'fait plusieurs fois, suivant l’inspiration du moment , parce qu’il faut que ces choses-là soient faites d’inspiration. Mes ennemis, par exemple, sont traités avec une verve... ,r
rf'*
'•m * SCENE xxn.
MADAME DAUNVAL.
Vous avez des ennemis?
maüamf: de la diibimère.
Qu'est-ce qui donnerait donc du piquant à mes ATémoires ? Certainement j’en ai , et j’espère bien en avoir davantage. Mais revenons à ce que nous disions. Vous auriez beau vous en défendre, ii est bien convenu que vos petits comités vous ennuient, que vous en êtes excédée, et que vous ne semblez y tenir encore que faute de savoir comment vous y prendre pour recevoir un monde qui vous soit plus agréable. Elh bien ! je m’en charge. >
madame dalixval. ' 1
Mais, madame, je suis vraiment surprise....
MADAME DE LA DUBINIÉRE
J’ai une foule d’auteurs qui me demandent à cor et à cris des soirées de lecture , et que je ne puis pas satisfaire, parce que, pouvant choisir, je ne veux me réserver que ce qu’il y a de mieux : je vous les
adresserai.
A moi !
MADAME DE LA DL'BIMÉRE
Je ne me bornerai pas là; je veux que vous ayez aussi un auditoire convenable, et tel qu’il vous le faut pour les auteurs dont je viens de vous parler. Ne craignez rien , je vous le choisirai de. façon à ce que vous en soyez contente sous d’autres rapports. Il y a tant de gens qui s’ennuient, et qui ne savent
L4 SOCIETE INTIME
que faire, qu’avec des glaces, du thé, des gâteaux, et un peu de cohue , on peut leur faire écouter tout ce qu’on veut.
MADAME DAUNVAL. , ,
C’est charmant ! J’ai mon grand salon qui ne sert à rien, et qui du moins , comme cela, se trouverait avoir une destination.
MADAME DE LA DUBIMIÈRE
Vous voyez même que rien ne nous empêcherait d’admettre ce que vous appelez vos amis.
MADAME DALINVAL.
Oui ; cela fait nombre.
MADAME DE LA DUBIHIÈRE
C’est quelques personnes de plus qui s’étoufferont chez vous.
MADAME DALINVAL.
Voilà tout.
MADAME DE LA DUBINIÉRE
Concevez-vous tout ce qu’il y a d’agréable dans une pareille existence?
MADAME DALINVAL.
(.bmment donc! parfaitement.
MADAME DE LA DUBINIÉRE
Je vais m’occuper de cela très-sérieusement. Venez mardi soir cher moi ; je vous aurai déjà préparé les voies, et je vous indiquerai ce qui vous restera à faire. Il y aura ce jour-là une partie de la société que je vous destine.