SCENE I
LE MAITBE D’ÉCOLE. • :
Sait-on' quelque chose de remarquable .qu’il' ait . ■ bit dans. sa vie? ' . •* '
■ * DAME MARGUERITE. ’
‘Tout ce qu’il a fait a dû être remarquable ; n’est-ce pas donc , monsieur Mercier ? • ■ •
M. MERCIER.' , •
C’est l’usage. • ‘
' THIDAUT.
De quoi allez-vous vous embarrasser? Je ne serais pas si curieux que vous, moi; j’irais toujours mon ■ train : « Vous êtes beau, vous êtes bon, vous êtes grand ; nous vous aimons, vous nous aimez... (Il cherche.) '
Nous vous aimons, vous nous aimez... » Eb ben! v’ià
• • tout
- * LE MAITRE D’ÉCOLE. ‘
C’est que je voudrais tourner les choses de façon à ce que monsieur le baron demandât au moins qui je suis. ■ • I
' ' ' M. MERCIER. ■
C’est encore l’usage. On fait toujours les compli-
niens un peu plus pour soi que pour ceux à qui on
les adresse. ’ , . /
> ' ' ■' LE, MAITRE D’ÉCOLE. ' ' •
* ■ ' ♦ . Si on ne disait que ce qu’il y a à dire , le plus sou-''
vent on ne dirait rien. . i
' DAME MARGUERITE. • . ■ '
Avec le baron ; pourtant , on ne peut pas rester à ' coùrt, ce me semble. Oh! que vous ave? eu un bean
<x>mpUftient, je ne» sais plus pour qui, où vous disiez' : « Jamais votre sôuvenir ne s’ef&cera de nos • cqpurs. »\ • ■ . •
■ . LE MAITRE D’ÉCOtE. , '
.* Je cherche. * . •
' * DAME MARGUERÏTE.
Tâchez 'donc de vous le rappeler; il irait bien, celui-là. Je crois que c’est un des derniers. Cette terre-ci a passé dans tant de mains!" Pour des vierges, , ‘ je veux qu’il y en ait plus qu’il n’y eh a jamais eu ; j’en demanderai à tous les villages des environs. Ça ne se refuse pas, et ça ne coûte rien. On en est quitte pour leur donner à chacune un morceau de pain avec un peu de fromage et un verre de cidre. Je m’en • cliarge. . , , ‘
LE MAITRE D ECOLE. • •
Si elles chantent leur chanson, il faudra bien leur
recommander d’attendre que j’aie fini de parler. Je
leur ferai un signe; car lorsqu’elles se mettent à
piailler sans savoir si c’est le moment , le diable ne
les ferait pas taire; et ça me donne l’air trop bête!
• • ^ DAME MAReUERITE. • *
N’ayez pas d’inquiétude; je leur ferai tant de peur cette fois-ci que je vous réponds qu’elles ne broncheront pas que je ne leur dise. Je veux que ce soit iiqe merveille. Ce cher monsieur le baron ; quelle ‘belle fête il va avoir! Mais quand arrivera-t-il ? quand le verrons-nous? Et des guirlandes, et des bouquets , et des couronnes! Marie, il faudra penser à tout cela. . • ' . .