LE RETOUR
PERSONNAG
MOKsiEUR MERCIER, ancien libraire.
THIBAUT, fermier. • • .
DÀita MARGUERITE, femme de Thib>ul. MARIE, leur eUe. , '
LA HÈaB BORDIER, paysanne. > . ' j f
MORISSET, meunier.
JULIEN, son 61|/T LE MAITRE
Le tbeitre représente une place de village, sor l'un des côtes de U<|uelle on vbH une porte de, ferme.
Jii.'UT'rro
OH’ -E PON TEUl S '
M. MERCIER, DAME MARGUERITE, THIBAUT, LE MAITRE D’ÉCOLE, MARIE et JULIEN.
DAME MAHGUERITE.
ËcouTEz-Moi, tous; écoutez-moi bien. Je ‘reviens de la ville, où j’ai vendu mon beurre et mes volailles tout ce que j’ai voulu; mais ce n’est rien que cela. Le domestique de monsieur le sous-préfet, que j’ai rencontré, m’a dit que le bruit qui courait ici depuis quelque temps , que monsieur le baron allait racheter son château , était un bruit vrai ; qu’on en parlait comme d’une chose certaine ; et qu’enfin nous allions revoir notre ancien seigneur , notre bon seigneur', notre cher seigneur. Vive monsieur le baron !
• . THIBAUT. ■ ’
C’est une grande nouvelle que ça, ma femme.
DAME MARGUERITE. . ,
Comment une grande nouvelle ! c’est la meilleure que nous puissions apprendre. Criez dtfnc: Vive monsieur le baron ! vous autirs. . * , :
• ^ TOUS , txceptc Okoiuieur Merctor. *
. . Viye monsieur le baron ! • . ' ’ ' . *
DAME MARGUERITE. ‘ * ' '
Quand je pense que je suis sa sœur de lait, que nia mère était sa nourrice, que nous avons joué en- , semble jusqu’à l’âge de quinze ans, où il est parti pour la migration avec sa pauvre mère qu’était déjà folle, je ne me sens pas d’aise. £mbrasse>moi , Thibaut.
THIBAUT
" 'Il était ben espiègle.
DAME MARGUERITE
Il était gentil comme tout. Nous avons eu dans ce château tant de propriétaires qui ne ressemblaient à rien , en v’ià un du moins qu’aura bonne mine, qui sera à sa place, qui nous connaîtra tous, qu’aura été élevé avec ceux de notre âge ; n’est-ce pas donc monsieur Mercier] Quoique vous ayez été libraire dans une ville, vous n’en êtes pas moins de ce village , et vous Taimez, puisque vous y êtes revenu demeurer "après avoir fait vos affaires. Contez donc un peu à ces enfans ce que c’était que le bon temps, afin qu’ils se réjouissent avec nous.
' MARIE
£st-ce que je dois être contente aussi, ma mère? '
DAME MARGUERITE
, PI US que personne, mon enfant, plus que personne, ('.'est un coup du ciel pour ta noce."
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8CEKE I.
iULlEM f uuliPt <1« joie.
Eu vérité, dame Marguerite, ça fera du bien à notre noce! • '
Ça/era du bien à tout.
• - • . JULIEN. . . , «■
Faut que j’embrasse .aussi Marie en réjouissance.
( li emlirMse Marie. )
DA.ME MARGUERITE
Allons donc, monsieur le maître d’école, ditesnous donc un mot là-dessus , à votre four.
LE MAITRE O'ÉCOLE
Ces choses-là ne se disent pas, dame Marguerite, ça se sent.
DAME MARGUERITE
V’ià qu’est parler. Il n’y a que monsieur Mercier^ qui ne se prononce pas. D’abord, je ne vous laisserai pas tranquille, monsieur Mercier. Je ne veux pas que personne ait d’arrière-pensée.
- THIBAUT
Quant à ça, Marguerite, je réponds de monsieur Mercier;. c’est un honnête homme, et qui n’est certainement pas le moins content de nous tous. ^
• ' M. MERCIER
Vous avez raison, père Thibaut; mais vous savez mon refrain sur les choses tle la vie.
DAME MARGUERITE. , , • • '
Il est désolant votre refrain ; il dégoûterait de ' vivre. • ' . ' • v /• .
. M. MERCIEIL * '
* » * ^ * li ir’en est pourtant pas moins vrai. En amour, en
a flaires, en politique comme eu toutes choses, d’abord l’enthousiasme , puis la réflexion , ensuite le refroidissement. *
* •. DAME MABCUERITE, l JuUfDotii Mirk. • ‘ .
' N’écoutez pas ça , mes enfans , n’écoutez pas ça. Je n’ai jamais réfléchi , moi , à mon âge*; ainsi voyez le temps que vous avez devant vous avant d’en être au refroidissement. Mais à propos, monsieur le maître ■ d’école , voilà une occasion magnifique pour faire au baron un de ces beaux complimens que vous faites ' si bien. • ;
, LE MAITRE D'ÉCOLE
Foi d’homme d’honneur! j’y pensais déjà. ' • .
DAME MARGUERITE.. ' ^
. li faudra du nouveau. ■ '
LE M.UTRE D'ÉCOLE. ' '
‘ Du noui^eau, c’est impossible. Mais je choisirai ce qu’il y à de mieux dans tout ce que j’ai fait. Est-il ’ brave ?
'Comment s’il est brave? Il n’avait pas huit ans. ‘ qu’on l’avait déjà fait peindre une épée à la main.
LE MAITRE D'ÉCOLE
Est-ce un homme d’esprit? ^ -
1 DAME MARGUERITE
■ Il doit ressembler à son père, qu’on écoutait toujours quand il parlait. • / ’