‹ Proverbes du pays de Béarn; énigmes et contes populairesChapitre 1 sur 138 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Il existe un recueil de MM. Hatoulet et Picot, intitulé Proverbes béarnais, qui fut publié en 1862 par M. Gustave Brunet (Paris, A. Franck). Je fis remarquer alors dans la Bévue (T Aquitaine, VII, que la plupart des adages contenus dans ce recueil ressemblent trop littéralement, mot pour mot, à des proverbes d'autres pajs, publiés et connus depuis longtemps.

Sans doute, pour le fond, les proverbes sont de tous les pays. Ce qui en fait la propriété particulière de telle ou telle contrée, c'est la forme, le tour, qui leur sont donnés ; en d'autres termes, on dit « en proverbes » les mêmes choses dans tous les pays ; mais dans chacun elles sont dites, non pas seulement avec des mots différents, mais d'une manière différente; chaque peuple y met le génie de sa langue, la marque de son caractère, l'expression de ses habitudes, de ses mœurs, de ses usages, les nuances de son esprit.

La plupart des proverbes recueillis par MM. Hatoulet et Picot me paraissent être des proverbes en béarnais i^lutoi que des proverbes béarnais.

On en peut dire autant du plus grand nombre de ceux que

M. Yignancour a insérés dans le second volume des Poésies béarnaises (Pau, E. Vignancour, 1860).

Personne n'aura lieu, je Tespère, d'adresser un pareil repro che aux proverbes que je publie aujourd'hui : il me semble que tous appartiennent en propre au pays deBéarn.

J'ai classé à la suite de ces adages divers cris, jeux, énigmes et contes béarnais, analogues à ceux qui ont été dernièrement recueillis en Languedoc et en Provence*.

* Voy. Revue des langues romanes^ années 1873, 1874 ot 1875; Àrmana prouvençau, etc.

Proverbes des Pasteurs

!• A cade esquîre soun batani.

A chaque clochette son battant. — Il faut bien assortir les choses ; ce qu'on exprimait en vieux français par ces mots : « A tel pot, tel cuiller. »

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