XX. Ha purre
On appelle purre, dans le béarnais d'Oloron, un mets commun, une boule de farine détrempée, cuite à l'eau ; elle est de la grosseur d'une pomme ordinaire ; on la nomme aussi miqûe, miche. L'expression proverbiale ha purre, faire miche à quelqu'un, signifie : manquer à cfe que l'on doit à son égard.
Dans le langage populaire, en français, on dit un « miche », pour désigner'une « dupe. »
XXI. Houtye-m, en quin temps que-m houtyes, Mes en may que-m rehoutyes.
Que-t darey bii Qui-t hara droumi.
La vigne recommande au vigneron de la bien travailler : Bêche-moi, en quelque temps que tu me bêches; — Mais au mois de mai rebêche-moi, — Je te donnerai du vin — Qui te fera dormir.
On sait que Noé, ayant savouré le jus du raisin, qu'il avait trouvé bon, s'endormit.
Quatrain analogue dans les Cévennes ; Fesquet, Rev. des lang. rom., VI, p. 122 :
Poudo-mi davans que ploure, Foi-mi davans que bourre, Majenco-mi davans flouri, Ti farai heure de bon vi.
Taille-moi avant que je pleure, — Bèche-moi avant que je bourgeonne. — Houe-moi avant que je fleurisse, — Je te ferai boire du bon vin.