XII . Si tous lous coucutz
Pourtaben sounetes, Haren mey de brut Que mile trQumpetes.
Chut!
Has-tu entenut Ganta lou conçut ?
Si tous les coucous — Portaient sonnettes, — Ils feraient plus de bruit — Que mille trompettes. — Chut ! — A^-tu entendu, — Chanter le coucou?
On en trouve une version lan,guedocienne dans la Revue, desi langues romanes, IV, pag. 575.
Xm. Qu'ha parratz au cap.
Il a, des passereaux dans la tête. -^ Un individu distrait, un peu fou^ ceilui dont les idées se brouillent, comme se mêlent
souvent des volées de moineaux qui piaillent. En français populaire : « Il a une hirondelle dans le soliveau.» Alf. Delvau, Dict. de la lang, verte.
L'expression provençale « Aver des garris en teste », avoir de petits rats dans la tête, signifie aussi « avoir martel en tête.» Etienne Garcin, Dictionnaire prov.-fr.
XIV Qu'en abalaré coum u gay cerises.
Il en s^valerait autant qu'un geai de cerises. — S'applique à la personne qui est plus que friande d'une chose. Il n'est point flatteur d'être comparé au geai, oiseau « exemplairement vorace.»
En français, et même en langue d'oc, on dit « manger comme un oiseau », pour signifier «manger très-peu.» C'est là une grande erreur, d'après M. G. de Cherville. « Je connais, dit-il, peu de jolies femmes, — peut-être devrais-je généraliser davantage, — qui, à table, résistent à la tentation d'avertir leur public qu'elles mangent comme un oiseau. Quelques-unes, et ce ne sont pas toujours les plus diaphanes, disent même comme un colibri. Ces dames ne se doutent guère que cette assimilation gracieuse leur attribue les facultés absorbantes d'un Gargantua.
« En raison de sa puissance digestive, de la rapidité qu'affecte chez lui la combustion sanguine, l'oiseau est, de tous les êtres, celui qui , relativement à son volume , bien entendu, consomme la plus grande quantité de nourriture. Il ne mange qu'un grain de millet à la fois, il est vrai ; mais ces grains se suivent presque sans trêve et sans relâche, tant que le soleil est sur l'horizon. Il mange en sautant, quelques-uns mangent en volant; il interrompt sa chansonnette pour croquer quelque chose, et, s'il rêve en dormant, c'est à coup sûr de quelque graine savoureuse, de quelque larve bien tendre.
» Je n'ai point expérimenté sur le canard, sur le dindon, qui appartiennent cependant au règne de l'ornithologie, mais que, par une de ces contradictions dont nous sommes coutumiers, nous avons choisis pour types de la voracité et de la gourmandise: j'ai pesé les aliments d'un oiseau de très-bonne compagnie, d'un serin ; j'ai également pesé, puis défalqué les
épluchures des graines d'alpiste que j^avais servies à mon sujet, et j'ai trouvé qu'il avait absorbé, dans une journée, le sixième à peu près du poids de son corps.
» Il en résulte qu'une belle dame qui mangerait comme mon oiseau, et qui, si vaporeuse que je la suppose, pèse encore ses 40 petits kilogr., aurait à faire passer 6 kil. 66 de nourriture dans son estomac de bengali, pour que sa prétention fût justifiée, » Journal le Temps, 8 mars 1875.