II. A tu, Pigou
Dans nos montagnes, les bergers ont pour la garde des troupeaux des chiens de haute taille, blancs, tachetés de noir ou de fauve, qui sont presque tous appelés Pigou (probablement de pigue, pie). Au cri répété de : « A toi, Pigou î », ces chiens s'élancent, intrépides, terribles, contre le loup et contre l'ours.
De même, dans le langage des disciples français de saint Hubert, on excite les chiens courants à la chasse du loup, en criant : « Harlou, mes beaux I» On a fait de ce cri une devise, que l'on trouve dans un ouvrage récent de M. le comte Le
Couteulx de Canteleu, ^aces rfe chiens courants français^ etc. Il serait peut-être plus correct d'écrire : « Harlou, mes bauds ! » Le livre d'un prince béarnais, la Chasse de Gaston Phœbus, nous a transmis^les cris'cynégétiques du XIV* siècle : — « Sa, sa ! Tahou, tahou ! — Hou ! hou î Fy, fy ! A la hard, à la hard ! — Houhou I Fihou ! »
m. Au peu I Au peu !
Littéralement : Au poil ! Au poil ! C'est-à-dire : Aux cheveux ! Aux cheveux ! —Par ces mots, des boute-feux poussent des gens qui se querellent « à se donner un coup de peigne. »
Tout autre est la signification àe Au peu l Au peu I à Morlaas, ancienne capitale du Béarn, aujourd'hui chef-lieu de canton, arr. de Pau. Là, certains jours de marché, des jeunes filles de la campagne viennent vendre, pour quelque argent, leurs belles et longues chevelures *, à des « artistes » qui crient : Au peu/ Au peu I
On raconte qu'un plaisant de Pau demanda un jour à une villageoise de vingt ans : Oun has lous peus? Où as-tu les cheveux ? — L'effrontée répondit, avec malice, sans le moindre regret : Lhèu sus lou cap de hoste daune, Peut-être sur la tête de votre dame.
Rien de nouveau sous le soleil. Jadis à Rome, les élégantes, pour se faire de magnifiques coiffures, achetaient, près du temple d'Hercule Musagète, de beaux cheveux du blond le plus ardent, qui étaient venus des marchés de la Germanie .