‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 102 sur 166 · L'ABBÉ DES SEPT-VOIES, L'ABBÉ DES NOYERS · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES, L'ABBÉ DES NOYERS

en soutane.

L*ABBÉ DES SEPT-VOIES

Ah ! te voilà , des Noyers ?

L'ABBÉ DES NOYERS

Oui ; j'étais avec l'abbé Pérou et l'abbé Pot-de-Fer.

UABBÉ DES SEPT-VOIES

Comment viexment-ils ici , eux qui sont au séminaire !

L*ABBÉ DES NOYERS

Je les ai perdus *^ je crois qu'ils auront eu peur du monde , et qu'ils n'auront fait que passer.

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES

Eh bien , comment vont nos amis de la montagne Sainte-Geneviève? vous amusez-vous?

L*ABBÉ DES NOYERS

Fort bien ! Nous rion^t tous les soirs , en jouant au irietrac. n

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES

Oui ; mais , le jour ?

TOMK III. 19

L*ÂBBÉ DES HOTERS.

Noos allons an Lnxembom^.

L'ABBÉ DES SEPT-T OIES

Et la petite Hyacinthe , qni blanchissait nos rabais ?

L*ABBÉ DES IfOTERS.

Elle est morte en trois jours de temps.

L*âBBÉ DES SEPT-TOIES.

Cest bien dommage : car elle était fort jolie !

L'ÂBBÊ DES NOYERS.

! Et fort douce.

L*ABBÉ DES SEPT-YOIES

Cda est vrai. Et , qui avez-vons donc à sa place ?

L*ABBÉ DES KOYERS.

Une fille charmante*

L*ABBÉ DES SEPT-VOIES

Et qui s'appelle ?

L'ABBE DES NOYERS

Lïstrapade.

L'ÂBBÉ DES SEPT-VOIES

n y a long-temps que je la connais. Elle blanchissait toute la Sorbonne quand j y étais.

L'ABBÉ DES NOYERS

Elle ne nous a pas dit cela.

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES

C'est qu'à la longue , nous n'en avons pas été côntens, parce quVle avait un grand cousin nommé Moufetard , qui était brasseur , et qui la distrayait fort de son métier.

L'ABBÉ DES NOYERS

A présent , elle est fort sage 5 elle n'a que nous. Que faites- vous dans ce quartier-ci , vous, l'Abbé?

SEIZIÈME JOURNÉE. ag,

L*ABBÉ DES SEPT-VOIES

Je m'amuse assez ; j'ai fait comiaissance au spectacle , avec des femmes de qualité , qui ont une fort bonne maison.

VABBÉ des iïOYERS.

Diantre !

L*âBBÉ DES SEPT-VOIES.

Qui ; mais on vient de me dire que ce sont des filles^

L*ABB£ DES NOYERS

Des filles ?

L*ABBÉ DES SEPT-VOIES

Ouï , et qu'elles avaient été danseuses.

L*ABBé DES NOYERS.

Âh ! ah ! je voudrais bien les voir.

L'ABBÉ DES SEPT-VOÏES

Elles viendront sûrement ce soir ici.

L'ABBÉ DES NOYERS

Mais , je ne peux pas les attendre.

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES

Pourquoi cela ?

L^ABBÉ DES NOYERS

C'est que je ne trouverais plus à souper au collège.

L'ABBÉ DES SEPT-VOlES.

Bon ! dans le monde on ne soupe plus.

L*ABBÉ DES NOYERS

C'est qu^on y fait meilleure chère à dîner que chez nous.

L'ABBÉ DES SEPT-VOIES

Cela est un peu vrai.

L*ABBÉ DES NOYERS

Est-ce que vous ne soupez pas , vous , l'Abbé ?

ag» CONVERSATIONS DU PALAIS^ROYAL,

VJ^Wi 0C8 SEFT.¥OISS.

Pmrblea ! 9i UiX » ^t tràs-liiw ; jq ne dédoounage an peu du collège.

L*ABBé DES NOYERS.

Ah ! ii*est-ce pas là vos dames de qualité?

L*ABB£ DES SEPT-YOIES

Non y c'est madame du Roule et madame des Proo*

L*ABBÉ DES NOYERS

Et, qui sontr-elles?

L*ABBÉ DES SEPT-YOIES

L'une est marohande de drap, et Fautre marchande de galon. Elles viennent sans doute des Yariëtës.

L'ABBÉ DES NOYERS

Vous les connaisse?! donc ?

L'ABBÉ DES SEPT.VOIES

Sûrement , il ne fau( pas négliger la bourgeoise : on y soupe aussi fort bien.

L*ABBÉ DES NOYERS

Quels sont les deux hommes ?

L*ABBÉ DES SEPT-YOIES

L*on est i/L Tireclmpe, procureur; et rautre, M. des Bourdonnais, avocat.

VABBÉ DE3 NQYIRS.

Puisque vous les connaissez , vous allez les voir.

L*ABB£ DES SEPT-.YOIBS

Sans contredit.

L*ABB£ DES NOYERS

Eh bien , je m'en vais retourner dans mon quartier.

L'ABBÉ DES SEPT-YOIES

Votre licence avance-t^ellè ?

L'ABBÉ DSd ïfÔYERS.

J*en ai encore pour un an*

Allons , je voits souhaite de là patience.

L*ABBÉ DES NOTER5

Je VOUS réponds que j'rayi^ I»en yoCre sort.

L*ABBÉ J)£S fiEPT-YOIEfl.

Bonsoir , bonsoir^ TAbbé*

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