L'ABBÉ DES SEPT-VOIES, L'ABBÉ DES NOYERS
en soutane.
L*ABBÉ DES SEPT-VOIES
Ah ! te voilà , des Noyers ?
L'ABBÉ DES NOYERS
Oui ; j'étais avec l'abbé Pérou et l'abbé Pot-de-Fer.
UABBÉ DES SEPT-VOIES
Comment viexment-ils ici , eux qui sont au séminaire !
L*ABBÉ DES NOYERS
Je les ai perdus *^ je crois qu'ils auront eu peur du monde , et qu'ils n'auront fait que passer.
L'ABBÉ DES SEPT-VOIES
Eh bien , comment vont nos amis de la montagne Sainte-Geneviève? vous amusez-vous?
L*ABBÉ DES NOYERS
Fort bien ! Nous rion^t tous les soirs , en jouant au irietrac. n
L'ABBÉ DES SEPT-VOIES
Oui ; mais , le jour ?
TOMK III. 19
L*ÂBBÉ DES HOTERS.
Noos allons an Lnxembom^.
L'ABBÉ DES SEPT-T OIES
Et la petite Hyacinthe , qni blanchissait nos rabais ?
L*ABBÉ DES IfOTERS.
Elle est morte en trois jours de temps.
L*âBBÉ DES SEPT-TOIES.
Cest bien dommage : car elle était fort jolie !
L'ÂBBÊ DES NOYERS.
! Et fort douce.
L*ABBÉ DES SEPT-YOIES
Cda est vrai. Et , qui avez-vons donc à sa place ?
L*ABBÉ DES KOYERS.
Une fille charmante*
L*ABBÉ DES SEPT-VOIES
Et qui s'appelle ?
L'ABBE DES NOYERS
Lïstrapade.
L'ÂBBÉ DES SEPT-VOIES
n y a long-temps que je la connais. Elle blanchissait toute la Sorbonne quand j y étais.
L'ABBÉ DES NOYERS
Elle ne nous a pas dit cela.
L'ABBÉ DES SEPT-VOIES
C'est qu'à la longue , nous n'en avons pas été côntens, parce quVle avait un grand cousin nommé Moufetard , qui était brasseur , et qui la distrayait fort de son métier.
L'ABBÉ DES NOYERS
A présent , elle est fort sage 5 elle n'a que nous. Que faites- vous dans ce quartier-ci , vous, l'Abbé?
SEIZIÈME JOURNÉE. ag,
L*ABBÉ DES SEPT-VOIES
Je m'amuse assez ; j'ai fait comiaissance au spectacle , avec des femmes de qualité , qui ont une fort bonne maison.
VABBÉ des iïOYERS.
Diantre !
L*âBBÉ DES SEPT-VOIES.
Qui ; mais on vient de me dire que ce sont des filles^
L*ABB£ DES NOYERS
Des filles ?
L*ABBÉ DES SEPT-VOIES
Ouï , et qu'elles avaient été danseuses.
L*ABBé DES NOYERS.
Âh ! ah ! je voudrais bien les voir.
L'ABBÉ DES SEPT-VOÏES
Elles viendront sûrement ce soir ici.
L'ABBÉ DES NOYERS
Mais , je ne peux pas les attendre.
L'ABBÉ DES SEPT-VOIES
Pourquoi cela ?
L^ABBÉ DES NOYERS
C'est que je ne trouverais plus à souper au collège.
L'ABBÉ DES SEPT-VOlES.
Bon ! dans le monde on ne soupe plus.
L*ABBÉ DES NOYERS
C'est qu^on y fait meilleure chère à dîner que chez nous.
L'ABBÉ DES SEPT-VOIES
Cela est un peu vrai.
L*ABBÉ DES NOYERS
Est-ce que vous ne soupez pas , vous , l'Abbé ?
ag» CONVERSATIONS DU PALAIS^ROYAL,
VJ^Wi 0C8 SEFT.¥OISS.
Pmrblea ! 9i UiX » ^t tràs-liiw ; jq ne dédoounage an peu du collège.
L*ABBé DES NOYERS.
Ah ! ii*est-ce pas là vos dames de qualité?
L*ABB£ DES SEPT-YOIES
Non y c'est madame du Roule et madame des Proo*
L*ABBÉ DES NOYERS
Et, qui sontr-elles?
L*ABBÉ DES SEPT-YOIES
L'une est marohande de drap, et Fautre marchande de galon. Elles viennent sans doute des Yariëtës.
L'ABBÉ DES NOYERS
Vous les connaisse?! donc ?
L'ABBÉ DES SEPT.VOIES
Sûrement , il ne fau( pas négliger la bourgeoise : on y soupe aussi fort bien.
L*ABBÉ DES NOYERS
Quels sont les deux hommes ?
L*ABBÉ DES SEPT-YOIES
L*on est i/L Tireclmpe, procureur; et rautre, M. des Bourdonnais, avocat.
VABBÉ DE3 NQYIRS.
Puisque vous les connaissez , vous allez les voir.
L*ABB£ DES SEPT-.YOIBS
Sans contredit.
L*ABB£ DES NOYERS
Eh bien , je m'en vais retourner dans mon quartier.
L'ABBÉ DES SEPT-YOIES
Votre licence avance-t^ellè ?
L'ABBÉ DSd ïfÔYERS.
J*en ai encore pour un an*
Allons , je voits souhaite de là patience.
L*ABBÉ DES NOTER5
Je VOUS réponds que j'rayi^ I»en yoCre sort.
L*ABBÉ J)£S fiEPT-YOIEfl.
Bonsoir , bonsoir^ TAbbé*