‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 113 sur 166 · M*^*. CH AMP- FLEURI, 'M"«. FROMENTEAU , M. VILDOT, M. DU BOULOI · texte numérisé non relu

M*^*. CH AMP- FLEURI, 'M"«. FROMENTEAU , M. VILDOT, M. DU BOULOI

M"«. FROMENTEAU

Dis-moi donc un peu , Champ-Fleuri , cette petite Deux-Ecus est bien heureuse d^avoir trouvé un homme comme celui qu'elle a.

M*K CHAMP-FLEURT.

Et cette Pélican donc ? Fromenteau , qu'en dis-tu ?

M"«. FHOMENTEAtJ.

Cest un perruquier qui lui à fait avoir un homme de province , qui vient d'hériter et beaucoup.

M"«. CHAMP-FLEURI

Voilà ce que oWt que d'être des coquines.

M»K FROMENTEAU

Oui , par exemple , d'honnêtes filles comme nous , ne trouveraient rien de pareil.

M"«. CHAMP-FLEURI

On ne sait pas ce qui peut arriver.

M"«. FROMENTEAU

Ce vilain Nicolet n"'a jamais voulu me recevoir danseuse chez lui.

M"*. CHAMP-FLEURI

Ni moi non plus^ et j'avais pourtant une bonne protection.

M"«. FROMENTEAU

Laquelle donc?

M*K GHAMP-FLEURt.

Le tailloir du maître des ballets.

M"*. FROMENTEAU

Ils ne veulenA^plus que des petites filles » è présent.

5ia CONVERSATIONS DU PALAIS-ROYAL,

M"*. GHAMP-FLEI^I.

Ma mère ne ^eat pas y faire recevoir ma petite sœur.

M^. FROMENTEAU

Elle a grand tort.

M"*. CHAMP-FLEURI

C^est ce que je lui ai dit.

M"«. FRO MENTE AU

Cela lui ferait un appui pour sa vieillesse.

M^K CHAMP-FLEURL

Elle dit que c'est bien assez que j^aie pris ce partilà , et puis elle m'appelle paresseuse.

M"«. FROMEKTEAU.

Il faut se brouiller avec elle.

M"'. CHAMP-FLEURI

Je Tétais ; mais elle est tombée malade.

M"*. FROMENTEAU

Tu l'as secourue ?

M"«. GHAMP-FLEURI.

Il le fallait bien.

M"«. FROMENTEAU

Saus doute ; mais à présent , elle peut se passer de toi.

M"«. CHAMP-FLEURI

Je n*ai plus rien à lui donner. Ces vilains hommes promettent toujours de vous faire du bien.

M"«. FROMENTEAU

Et ils nous manquent de parole.

, M"«. CHAMP-FLEURI

Ils deviennent avares tous les jours de plus en plus.

M"«. FROMENTEAU

Veux-tu que nous nous promenions ?

Seizième journée. 3i3

m"*. CHAMPrFLEURI.

n le faut bien.

M"«. FROMENTEAU

Tiens , voilà la Pélican , et la Deux-Écus.

M"*. CHAMP-FLEURI

Laissons-les passer.

M"«. FROMENTEAU

Je ne sais pas l'heure qu'il est.

M»«. CHAMP-FLEURL

n doit être tard.

M"«. FROMENTEAU

Je m'en ^ais le demander. Messieurs , pouve^vous nous dire llieure qu'il est ?

M. DU BOULOI

n est près d'onze heures.

M. VILDOT.

Conynent, mesdemoiselles, vous n'avez pas de montres ?

M"'. CHAMP-FLEURI

J'ai oublié les miennes.

M*K FROMENTEAU

Si vous vouliez me donner la vôtre , je ne l'oublierais jamais.

M. DU BOULOI

Je le crois , à cause de l'ancienne connaissance.

M"« CHAMP-FLEURI

Ne pensez pas rire : on connaît toujours les honnêtes gens.

M. VILDOT.

Et on les aime de même , n'est-ce pas ?

M"*. FROMKNTEAU.

Mais un homme honnête qui vous fait du bien , on aurait tort de ne pas Taimer.

3i4 CONVERSATIONS DU PALAIS^ROYAL,

M. DU BOULOI

Surtout quand ou a Thabitude d'eu aimer laut d autres.

M"% GHAMP-FI.EURI.

Allons, je vois bien que nous n'aurons pas vos montres.

M»«. FROMENTEAU

Oh ! ces messieurs ne sont pas assez galans pour cela. ^

M. VILDOT,

Voilà notre paquet.

M}\ FROMENTEAU

Ah ça, réellement, messieurs, vous ne voulez pas venir avec nous.

M. DU BOULOI

Nous allons aller retrouver nos femmes.

M»K CHAMP-FLEURI

Ah ! je croîs que vous en voyez bien d'autres !

M"% FROMENTEAU

Eh bien , veux-tu venir ?

M^K CHAMP-FLEURL

Allot|s I allons , adieu , messieurs.

M. VILDOT.

Adieu , adieu, mesdemoiselles.

M. DU BOULOI

Je crois que nous n'aurons pas dé musique aujourd'hui. Al lons*nous-en aussi.

M. VILDOT.

Voilà du monde .qui vient, nous leur céderons nos places.

M. DU BOULOL

C'est très-bien dit.

SEIZIÈME JOURNÉE. Si5

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