M*^*. CH AMP- FLEURI, 'M"«. FROMENTEAU , M. VILDOT, M. DU BOULOI
M"«. FROMENTEAU
Dis-moi donc un peu , Champ-Fleuri , cette petite Deux-Ecus est bien heureuse d^avoir trouvé un homme comme celui qu'elle a.
M*K CHAMP-FLEURT.
Et cette Pélican donc ? Fromenteau , qu'en dis-tu ?
M"«. FHOMENTEAtJ.
Cest un perruquier qui lui à fait avoir un homme de province , qui vient d'hériter et beaucoup.
M"«. CHAMP-FLEURI
Voilà ce que oWt que d'être des coquines.
M»K FROMENTEAU
Oui , par exemple , d'honnêtes filles comme nous , ne trouveraient rien de pareil.
M"«. CHAMP-FLEURI
On ne sait pas ce qui peut arriver.
M"«. FROMENTEAU
Ce vilain Nicolet n"'a jamais voulu me recevoir danseuse chez lui.
M"*. CHAMP-FLEURI
Ni moi non plus^ et j'avais pourtant une bonne protection.
M"«. FROMENTEAU
Laquelle donc?
M*K GHAMP-FLEURt.
Le tailloir du maître des ballets.
M"*. FROMENTEAU
Ils ne veulenA^plus que des petites filles » è présent.
5ia CONVERSATIONS DU PALAIS-ROYAL,
M"*. GHAMP-FLEI^I.
Ma mère ne ^eat pas y faire recevoir ma petite sœur.
M^. FROMENTEAU
Elle a grand tort.
M"*. CHAMP-FLEURI
C^est ce que je lui ai dit.
M"«. FRO MENTE AU
Cela lui ferait un appui pour sa vieillesse.
M^K CHAMP-FLEURL
Elle dit que c'est bien assez que j^aie pris ce partilà , et puis elle m'appelle paresseuse.
M"«. FROMEKTEAU.
Il faut se brouiller avec elle.
M"'. CHAMP-FLEURI
Je Tétais ; mais elle est tombée malade.
M"*. FROMENTEAU
Tu l'as secourue ?
M"«. GHAMP-FLEURI.
Il le fallait bien.
M"«. FROMENTEAU
Saus doute ; mais à présent , elle peut se passer de toi.
M"«. CHAMP-FLEURI
Je n*ai plus rien à lui donner. Ces vilains hommes promettent toujours de vous faire du bien.
M"«. FROMENTEAU
Et ils nous manquent de parole.
, M"«. CHAMP-FLEURI
Ils deviennent avares tous les jours de plus en plus.
M"«. FROMENTEAU
Veux-tu que nous nous promenions ?
Seizième journée. 3i3
m"*. CHAMPrFLEURI.
n le faut bien.
M"«. FROMENTEAU
Tiens , voilà la Pélican , et la Deux-Écus.
M"*. CHAMP-FLEURI
Laissons-les passer.
M"«. FROMENTEAU
Je ne sais pas l'heure qu'il est.
M»«. CHAMP-FLEURL
n doit être tard.
M"«. FROMENTEAU
Je m'en ^ais le demander. Messieurs , pouve^vous nous dire llieure qu'il est ?
M. DU BOULOI
n est près d'onze heures.
M. VILDOT.
Conynent, mesdemoiselles, vous n'avez pas de montres ?
M"'. CHAMP-FLEURI
J'ai oublié les miennes.
M*K FROMENTEAU
Si vous vouliez me donner la vôtre , je ne l'oublierais jamais.
M. DU BOULOI
Je le crois , à cause de l'ancienne connaissance.
M"« CHAMP-FLEURI
Ne pensez pas rire : on connaît toujours les honnêtes gens.
M. VILDOT.
Et on les aime de même , n'est-ce pas ?
M"*. FROMKNTEAU.
Mais un homme honnête qui vous fait du bien , on aurait tort de ne pas Taimer.
3i4 CONVERSATIONS DU PALAIS^ROYAL,
M. DU BOULOI
Surtout quand ou a Thabitude d'eu aimer laut d autres.
M"% GHAMP-FI.EURI.
Allons, je vois bien que nous n'aurons pas vos montres.
M»«. FROMENTEAU
Oh ! ces messieurs ne sont pas assez galans pour cela. ^
M. VILDOT,
Voilà notre paquet.
M}\ FROMENTEAU
Ah ça, réellement, messieurs, vous ne voulez pas venir avec nous.
M. DU BOULOI
Nous allons aller retrouver nos femmes.
M»K CHAMP-FLEURI
Ah ! je croîs que vous en voyez bien d'autres !
M"% FROMENTEAU
Eh bien , veux-tu venir ?
M^K CHAMP-FLEURL
Allot|s I allons , adieu , messieurs.
M. VILDOT.
Adieu , adieu, mesdemoiselles.
M. DU BOULOI
Je crois que nous n'aurons pas dé musique aujourd'hui. Al lons*nous-en aussi.
M. VILDOT.
Voilà du monde .qui vient, nous leur céderons nos places.
M. DU BOULOL
C'est très-bien dit.
SEIZIÈME JOURNÉE. Si5