‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 139 sur 166 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

M. BÉTASSOT, M"^» BÉTASSOT. .

Eh bien ! où allez vous comme cela, monsieur Bé« tassot, à Fheure qu'il est ?

M. BÉTASSOT, wt son àne qui recak.

. Quelle heure il est ? Ma foi, je n'eu sais rien , je prends le temps conuuA il vient. Ah ça I adieu.

!!••. BÉTASSOT.

Je vous demande où vous allez comme ça ?

3o6 ROBERT LE DIABLE,

M. BÉTAS80T.

Combien nous avons de sacs? mais^ à peu prés alitant qne de farine ; puisque nous n'en ayons pas de vides. Adieu, je m'en vais faire panser mon oreille à. Sainl-Ouen.

M»«. BÊTASSOT.

Allez y allez , vous en avez grand besoin.

M. BÉTASSOT.i

Oui , oui , j'achèterai du foin , si j'en, trouve.

M»«. BÉTASSQT.

Et vous irez comme cela , à reculons ?

M; BÉTASSQT.

Oui , oui ^ je le mènerai à coups de talons; cela ne me fait rien à moi que mon àne aille en avant on en arrière \ parce que je n'en arrive pas moins , et puis je n'aime pas à obstiner le monde, je ne, suis pas comme vous. Yoilà pourquoi je marie ma fille à monsieur Pécata , parce que vous l'avez voulu.

M««. BÉTASSQT.

Mais c'est que c'est un des premiers meuniers de Montmartre.

^ M. BÉTASSQT.

Vous dites qu'il a. une dartre ?

M*«. BÉTASSQT.

Point du tout.

M. BÉTASSQT.

Du premier d'août ? Eh bien , il y aura bientôt un an y il en peut être guéri ; s'il ne l'est pas , vous serez cause que nous aurons des petits enfans galeux ; mais cela ne me fera rien à moi , parce que je ne les embrasserai pas : voilà commç je suis dans ces ca&-lâ. Adieu , adieu.

M^V BÉTÂSSOT*

Revenez bientôt.

M«'BÉTASSOT.

Hein ?

M»'. BÉTASSOT.

Revenez bientôt.

Oui , oui y au galop; je ne suis pas si pressé. Si monsieur Pécata vient, retenez-le à souper, ou bien je TOUS ramènerai, si je le trouve chez lui en revenant ; 'Car je lui ai promis de Faller prendre. Allons , hé ! Cadet.

M"». BÉTASSOT.

Et avez-vous parlé à votre fille de ce mariage ?

M. BÉTASSOT.

Je sais bien que ma fille est fort sage \ elle tient de vous, madame Bétassot.

M*«. BÉTASSOT.

n faUaitlui dire que vous vouliez que M. Pécata ^t son mari.

M. BÉTASSSOT.

Je suis bien aise qu'il soit guéri. Il fallait donc me dire cela d'abord, sans m'dpbarrasser Tesprit comme vous avez fait ; allons , allons , je ne vous écoute plus , car je ne pourrais pas m'en aller \ votre conversation est si agréable, que je ne pourrais plus vous quitter. Adieu , adieu, je vous recommande M. Pécata.

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