‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 145 sur 166 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Mr. BÉTA«S01?> ISABELLE, M. PÉÊATA.

M—. BÉTASSOT.

Isabelle , viens doiie voir cju*est-ce qui est ici à pleurer.

ISABELLE

Me Yoilà , ma mère.

M»«. BéT4$S0T.

Allons, cherchoi;is,

Eh ! madame, ne cherch<^9 p^s tant ; c^est moi.

M"'. BÉTASSOT.

Quoi J c*est vous qui pleurez ?

M. PÉCATA.

Oui , ma chère dame.

M—. BB^TAfiSOt.

Et où allez-vous, comme cela, monsieur?

M. PÉCATA.

Eh ! madame , je vais me marier.

jjm. BÉTASSOT.

Pi c'est à cause de cela que vous pleurez ?

M. PÉCATA.

Ah ! mon Dieu , non , madame ; c^est tout au coii«p traire.

M"«. BÉTASSOT.

]gl^! qvii ètea^vpus donc ?

M. PÉCATA.

< Je suis M. PécfiU de Montmartre , qui viens ifA tout exprès pour épouser xnademoîsellfi BélMs^u

fRÛVBRBEi 3é7

Vous èlw MvJPéç^W^ ?

Qui, fl[ia,p^èrçdftîne,

Est-ce que vous n'êtes pas venu iavec mQnsie]i|r Béuissot ?

Non , vraiment , cela ne se pouvait pad \ si j^avms été avec lui , on ne m'aurait peut-être pas &it la p^i)r cpi'onvientdemefaireetquej'ai encore; car jesensqûe je vais me trouver mal, si vous n9 pr^acTi çar4^ à o^.

M—. B^TASSOT.

Eh bien ! descendez de dessus yQWim^< . - ■ \

M. piCATA.

Je ne sais pas si je^e pourrai sans tomber , Je v^is essayer ; ah ! me voilà à terre.

»!"•. BÉTASSOT.

Asseyez-vous à présent : Isabelle , avance cette chaise^ remène Tâne de M. Pécata à récurie et apportelui un coup de vin.

ISABELLE

Oui y ma mère.

jU«ie BÉTASSOT.

Allons, asseyez -vous là : fort biei]| , vous allez avoir du vin.

ISABELLE

Ma mère , voilà la bouteille et un gobelet.

(«Uevfrtt^itnB.) M"%BKTASSOT,

Tenoz.) buyez cela.

M. PÉrCATA, aprè* «roirlm.

Tous ayez nûsoiiy je me sens un peu mien.

IP»*. BÉTASSOT.

M. Bétassot sera bien fâché de n'être pas re- Tenu avec yons.

M. PÉGATA.

n ne le pouvait pas , puisqu'il est mort.

IP^. BÉTASSOT.

n est mort ?

M. PÉGATA.

Oui, vraiment.

IS ABïLLE.

Mon père est mort ?

M. PÉGATA.

Oui 9 mademoiselle.

M"«. BÉTASSOT.

Cela ne se peut pas.

M. PÉGATA.

Ne me dites donc pas cela , à moi qui dois vous dire que je Fai vu mort dans un fossé.

ISABELLE

Ah ! quel malheur!

Et son âne ?

M. PÉGATA.

Son âne ?

M"«. BÉTASSOT.

Oui ; est-il mort aussi ?

M. PÉGATA.

Ah ! damé , vous 'm'embarrassez' Feisprit , et j^ ne sais pas ce que je dois vous dire à propos de lui.

M»«. BÉJASSOT.

n est bien fâcheux que nous ne sachions pas à quoi

nous en tenir là-<les8us. Allons , demain il fera jour et nous verrons ce qu^il y aura à faire à tout cela ; en attendant, monsieur Pécata , nous allons toujours souper.

M. PÉCATA.

Moi , je ne demande pas mieux \ car la peur m^a donné grand appétit.

M"*. BÉTASSOT.

Allons, Isabelle apporte ici la table avec moi.

Je le veux bien.

(Elles Importent la taBle et ils m mettent à manger, ) M"«. BÉTASSOT.

Allons j monsieur Pécata , vous êtes assez grand pour vous servir vous-même ; prenez de la fricassée.

M. PÉCATA.

Ah ! laissez-moi faire, je ne suis pas manchot , et en attendant le retour du beau-père, je vais me servir de la fourchette du père Adam.

( U met la main et il ect mordu par Arlequin , qni sort tout entier du plat. Il a peur et s'enfuit aTec madame Bétassot. )

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