ISABELLE, ARLEQUIN
ISABELLE
Quoi ! c*est vous mon cher Arlequin ?
AULEQUIN.
Oui *, c*est moi-même ; mais mangeons totyours ; car j^ai une faim ! oh ! une faim !•••
ISABELLE
Vous êtes bien heureux, car moi je ne peux pas
manger.
TOMi III. 24
Sjo ROBERT LE DIABLE,
G>inment donc ! est-ce que Yons avez mal aux dents ?
ISABELLE
Non , mais c'est que j'ai bien du chagrin.
ARLEQUIK.
Et quel chagrin pouyez-vous ayoir avec moi ?
ISABELLE
n est sûr que je n'en aurais pas, si vous pouviez me faire oublier que mon père est mort.
ARLEQUIN
Je TOUS le ferai oublier.
ISABELLE
Vous?
ARLEQUIN
Sûrement, parce que cela n'est pas vrai.
ISABELLE
Il n'est pas mort?
ARLEQUIN
Non , et M. Pécata ne vous épousera pas , ce sera moi qui serai votre mari.
ISABELLE
Ah! quel bonheur si cela pouvait être! et comment ferer-vous pour cela ?
ARLEQUIN
Je ne peux pas trop vous le dire à présent ; mais, dès que M. Bétassot paraîtra, il faudra faire croire à votre mère que c'est son esprit , parce que...; mais je ne vous en dis pas davantage \ j'entends quelqu'un.
ISABELLE
Eh bien , allons-nous-en , et emportons la table.
ARLEQUIN
Je le veux bien.
PROVERBE. 37 ï
^scÈNE xvr. ^
M. BÉTASSOT , sur son âne et un peu ivre.
Cest singulier cela! comme le chemin est long quand on reyient chez soi ! mais je crains de m'ètre égaré , je ne vois pas un cabaret de ma connaissance , et mon âne n'a plus de force 5 car il n'est plus têtu , j'en fais tout ce que je veux. Je crois pourtant devoir le reposer un peu : dans tous les états , il faut avoir de l'humanité y et traiter son prochain comme soi-même.
( Il chante. )
Aie : J^ayais ëgaré mon ftuean, etc*
J*allais de Paris à Pantin ,
En chemin mon âne s'arrête ;
Mais je lui donne un pen de foin ,
Cela remit la pauyre béte;
Un peu d'avoine , un peu de foin ,
Mènent un TOjageur bien loin.
Holi ! Oh ! madame Bétassot , Isabelle?