‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 146 sur 166 · ISABELLE, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

ISABELLE, ARLEQUIN

ISABELLE

Quoi ! c*est vous mon cher Arlequin ?

AULEQUIN.

Oui *, c*est moi-même ; mais mangeons totyours ; car j^ai une faim ! oh ! une faim !•••

ISABELLE

Vous êtes bien heureux, car moi je ne peux pas

manger.

TOMi III. 24

Sjo ROBERT LE DIABLE,

G>inment donc ! est-ce que Yons avez mal aux dents ?

ISABELLE

Non , mais c'est que j'ai bien du chagrin.

ARLEQUIK.

Et quel chagrin pouyez-vous ayoir avec moi ?

ISABELLE

n est sûr que je n'en aurais pas, si vous pouviez me faire oublier que mon père est mort.

ARLEQUIN

Je TOUS le ferai oublier.

ISABELLE

Vous?

ARLEQUIN

Sûrement, parce que cela n'est pas vrai.

ISABELLE

Il n'est pas mort?

ARLEQUIN

Non , et M. Pécata ne vous épousera pas , ce sera moi qui serai votre mari.

ISABELLE

Ah! quel bonheur si cela pouvait être! et comment ferer-vous pour cela ?

ARLEQUIN

Je ne peux pas trop vous le dire à présent ; mais, dès que M. Bétassot paraîtra, il faudra faire croire à votre mère que c'est son esprit , parce que...; mais je ne vous en dis pas davantage \ j'entends quelqu'un.

ISABELLE

Eh bien , allons-nous-en , et emportons la table.

ARLEQUIN

Je le veux bien.

PROVERBE. 37 ï

^scÈNE xvr. ^

M. BÉTASSOT , sur son âne et un peu ivre.

Cest singulier cela! comme le chemin est long quand on reyient chez soi ! mais je crains de m'ètre égaré , je ne vois pas un cabaret de ma connaissance , et mon âne n'a plus de force 5 car il n'est plus têtu , j'en fais tout ce que je veux. Je crois pourtant devoir le reposer un peu : dans tous les états , il faut avoir de l'humanité y et traiter son prochain comme soi-même.

( Il chante. )

Aie : J^ayais ëgaré mon ftuean, etc*

J*allais de Paris à Pantin ,

En chemin mon âne s'arrête ;

Mais je lui donne un pen de foin ,

Cela remit la pauyre béte;

Un peu d'avoine , un peu de foin ,

Mènent un TOjageur bien loin.

Holi ! Oh ! madame Bétassot , Isabelle?

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