‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 22 sur 166 · M. DES J^ARDIS · texte numérisé non relu

M. DES J^ARDIS

Ce n W ms U c^ qu^ j« c^ai^s , par.ce que la Préftideoie ^et le Cheva)ie/r 90^ 4^(excellens acteurs.

7a LE RÉPERTOIRE INUTILE,

M. DE VÉRANTOIS.

A la bonne heure : car je ne te cacherai pas que je serais très- fâché que notre troupe ne fut pas meilleure que toutes celles des environs.

M. DES BARDIS.

Je vois différemment ^ je craindrais leur jalousie. De la critique des acteurs , on passe à celle des maîtres de la maison , et quelquefois on vous blâme de ce que l'on fait, partout ailleurs.

M. DE VÉRANTOIS.

Tu le crois ?

M. DES BARDIS.

J'ai vu cela arriver très-souvent, et je n'ai pas été peu surpris de voir que toi , qui es un homme raisonnable j tu aies pu approuver ce projet.

M. DE VÉRANTOIS.

C'est ce que je n'ai pas fait.

M. DES BARDIS.

Madame de Vérantois m'a pourtant paru très-sure que tu n'y mettrais pas d'obstacle.

M. DE VÉRANTOIS.

Il est vrai que je n'ai pas vu les choses du même œil que toi.

M. DES BARDIS.

Ce que je viens de te dire n'est encore rien.

M. DE VÉRANTOIS.

Comment donc ?

M. DES BARDIS.

Je t'avouerai que je vois qu'il ne faut quelquefois, pour trouver le moyen de vous nuire , qu'un mince prétexte. On peut faire observer au Ministre dont vous dépendez , que vous aimez la dépense , que vous êtes fort peu appliqué , qu'à votre campagne on

joue la comédie comme cAi^Jes grands seigneurs, quoiqu'on la joue partout à présent ; qu'on ne fait pas ces sortes de choses-là , ou qu'on ne les souffre pas chez soi , quand on est raisonnable.

M. DE VÉRANTOIS.

J'avais déjà bien pensé à t6\it cela.

M. DES BARDIS.

n se peut faire aussi que rien de tout cela n'arrive.

M. DE YÉRANTOIS.

H. faudrait , pour cela , au moins n'avoir .pa9 d'envieux.

M. DES BARDIS.

n est vrai que tout le monde en a plus ou moins ; c'est selon.

M. ÔE VÉRANTOIS.

Oui ^ mais quand on a de l'ambition , et qu'on veut obtenir mieux que ce qu'on a....

M. DES BARDIS.

Ceci devient alors de conséquence j et c'est à toi de te consulter.

M. DE VÉRANTOIS.

J'entends ce que tu veux dire ; je prends le parti de ne point souffirir de comédie chez moi.

M. DES BARDIS.

Mais tu vas désespérer madame de Vérantois.

Cela ne me fait rien du tout ; je ne lui en dirai seulement pas les raisons.

M. DES BARDIS.

Cependant elles sont assez bonnes pour....

M. DE VÉRANTOIS.

Elle ne voudrait pas les entendre.

m/dES BARDIS.

La voici,

M. DE VÉRANTOIS.

Eh bien , tu vas voir.

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