‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 28 sur 166 · LA MARQUISE, LA VIDAME, LE CHEVALIER · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, LA VIDAME, LE CHEVALIER

LA MARQUISE

Eh bien, Chevalier, vous avez donc fini votre partie de trictrac ? ,

LE CHEVALIER

M'en voilà enfin débarrassé.

LA VIDAME

Est-ce que vous ne ti^ouvez pas que le Comte joue bien ?

LE CHEVALIER

Il joue à peu près comme tout le monde.

LA VIDAME

Je ne trouve pas cela-

LE qheyâlier; Vous conviendrez au moins qu'il tatoime à t^haque

LA YXDAME.

n est un peu long à jouer.

LE CHEVALIER. '

Et puis il se plaint, et il fait les plus insipides raisonnemens ! Enfin, j'avais besoin de me djssiper après cette partie-là , et je ne trouvais personne^ Je voulais aller chercher dans le parc , mais le concierge m'a dit que tout le monde était dehors^ l.. I

Oui , ils sont tous éparpillés *, et nous , nous somtoes venues ici.

LE C HE VALIEZ

Je vous ai aperçues de loin toutes les deux , et j'ai dit : Voilà ce qu'il me faut. [

LA MARQUISE

Il a presque l'air vrai , en disant cela-, le Chevalier.

LA VIDAME. . '

Bon!

LA MARQUISE

Moi , j'aime infiniment le grand chemin. On y, voit toujours quelque chose de curieux.

LE CHEVALIER

C'est un passe-temps fort agréable, surtout} qiund le roi est à Fontainebleau.

LA VIDAME*

Oui , les jours qu'il y a spectacle.

LA MARQUISE

En avez-vous déjà vu ?

LE CHEVALIER

Oui , madame , j'ai vu le dernier.

96 LE GRA3ÎD CHEMI Jî,

VA. HÂftQCISE.

EhlHcn?

LE CHETALIEB^

Eh bien , c*étadtiia plaisir fort dier.

LA XABQCfSV.

Ce n'est pas être a la campagne , que d'être à Fontaineblean.

LE CHEVALIER

Non; et je YCfos réponds quH doit en coûter beaucoup anx femmes.

LA VfDAME.

Pas toajoofs.

LE CHEVALIER

Qoand on est en deoil , sans donle , à la b«i^ie heure ^ il y a de la difierence. Encore à la &x .du deuil , il le faut varier beameonp.

LA MARQUISE

Le Chevalier a raison.

LE CHEVALIER

Voyes nnf peu tout ce que tous ^rolns itr&f^ c%ligées de porter , pour aller seulement chez vos amis.

LA MARQUISE

n est vrai qu*on ferait le bonheur de bien des gens , si 6n leur daùnàit une partie de Targent qu^on emploie à se coiffer.

' Et torijtWii^ricEculèm^t.

LA VIDAME

Pai pensé cela bien des fois*

LE CHEVALIER

EtFargent qu'on perd au jeu, après s'être bien ennuyé ?

LA Marquise.

Il a totgours sa partie avec le Comte îmr le coeur.

Est-ce que Y^Mài^^n |P«»4|a««iire(tlimâ.... ; ir;n Non vraiiMbt , i»:h» M gagnéitypù'iï^iiU^K. :. i

LA JUAftl^VtSE.

Ah ( naflamor, mâà^ii]i&pelife.lpii^ ihni

LE CHEVALIER

Elle pacalt jolie.

LA VIDAME. '

Il faudra lui parler. <; t« mi

LA MARQUISE, BA VroAME, LE CHEVAUER,

'• .î'«v: ,• >î< TH]|RÈSfi-.. j j 'il il' «j •/• .4

LA MARQUISE. '''H >* • - <^'-'' • "-\'

Bonjour, la petite* D'où venez-vous, comme cela ?

THERESE. 1 ' •

Madame, je yenèn^ dtr viffdgëque vous voyez tout iJ^baè ',' et je i hoùs en^ rëtèhinions cHëti x tibus : * *

LA VIBIAWE.

Et , où est-ce chez vous ?

THÉRÈSE

.A Q€^^ç mw^ûi^t ^ «st deryfèf«l le bois , qij^.ypus voyez tout auprès du ipp\i]liQ.

LA MARQÇXStl. , . ,j . .| .

Et , qu'est - ce quq vpus ajez été faire à ce village ? ' .: ';>:^ ;'. •. ...,•;

THERESE

Tons été porter du vin à ma tai^te Go^ert , qui est

malade.

:Là viUAIiiE.i

Ah ! la pauvre femme !

88 LE GRAIVD CHËAtlN^

T&ERÂSE.

Uni ; mâU elle e^v fpêsque pxéiiéi

LA MARQUISE

Et VOUS allez oomme cela toute seule ? '

THÉRÈSE

Alu! pardi , madame , je ne craignons pat les vo-^ leurs \ je n^ons rien ipi les tente*

LE CHEVALIER

Et si quelque garçon vous rehcohtrait , comme vous êtes jolie,.... eât-ce que vous n*en auriez, pas ipeur ? '

THÊRÈiSË.

An ! ccimnie ce monsieiir-là se^knckpie de moi !

LE CHEYALIER. .

Est-ce qil*ii n*y a pas de garçons qui vous aient dit t{ue vous ëtiez jolie ?

. , THERËSjS. ,

Bon ! ils ne pensont seulement pas à cela.

LE CHEYAitlER.

Il y en a. pourtant un , que je sais qui vous. aime bieh.

tHERÈSE. ^

Ah ! oui , Guillaume ? '

LE (iàEVALIER. •

C'est cda, Gûillatime ; c'est lih'^arçoiÉMen toutoé?

THÉRÈSE

Et un bon travailleur.

LA VÎDÀME. f ' ' '

Et , à quoi travaille^l-il ? ^

THÉRÈSE

Au bois de IVI. le Comte ] il est b&cheron.

LA 'MASRQUISE.

Et, est-il riche? i.- , ,. .|

THÉftESB.

Ah ! mon Dieu iioni ! sans cela..... <

LA MARQUISE

Eh bien, sans cela ?

THÉRÈSE

Je l'aurions peut-être ëpoùsé / mais «ma mère ne le veut pas.

LA YIDAMB.

Vous êtes donc riche , vous ?

THÉRÈTSE.

Je le sommes plus que lui.

LA MARQUISE

Quel est donc votre bien ?

THÉRÈSE

Ma mère a trois vaches ^ elle fait du beurre et des fromages , et je vendons tout cela.

LA YIDAME.

Et combien fau^drait-il que Guillaume eût de bien, pour vous épouser ? .

THÉRÈSE

Ah, dame ! je n' savons pas. t^eut-ètre , comme ci , deux cents francs , ou deu;x vaches. Vous voyez que i c'est beaucoup. ,

Et vous seriez bien aise de l'épouser , vous ?

"•'• THÉRÈSE. ' '

Ah ! madame , tout autant.... que lui !

LE CHETALIER.-

Et, où est-il , Guillaume ?

THÉRÈSE

n était àhet ma tante;

LA YIDAME.

Vous l'avez donc vu?

90 LE GRABTD CHEMIN,

THXftiiSE.

Oui , madamfi ; pirse ^& k «BmazUhe oa ne travaille pas.

LA VIDABti;

Mais , n'est-ce pas mal £p4jt de le voir , puisque votre mère vous l'a défendu ?

THÉRÈSE

Sûrement , madame^ «'est mai mais, quand il vient , je lui dis : Va-t'en ; èl-iliDe^telà , el:piii&fiprè6'il''me parle.

LE CHEVALIÇIU

Et vous lui répondez ?

Dame , monsieur , il le faut bien ; on ne peut pas s'pn empêcher.

Et,oùest-ilàpi^^sent?''^""'-^^'' •'*■'' • ^^•". •''^-''

thèkeseI ' Tenez; V îé Vbîlà là-bas 5 parce qû^îî tfa pas oéé me reconduire 9 à cause de ma mère.

L>JL MARQUISE, . , . . ,

-n vous régarcle , suremfeni; ? * . '

THERESE. ,

Ah ! mon Dieu , Q]K^• .TWQ9^ %^^ voila qui est arrêté. Eh bien , faites-lui p^g^ fit venir.

•îii -jij^) ...THiBBIKfiJOJ , ""f.: ''u . M/*.

Ah ! Guillaume;^ vi^n^r^viem*: Tenez , le voilà qui court. •; ^i,;r ,::.!/•"; .:; :'.•- "^> . :'i

LA VIDAI^E

Comment vous appelez-v^^., lf^:PJ$IMQ ? . i , i! Thérèse , madame , àvoùsu^bâiri . .- ' /

DOUSIÈftIË ipUi^NÉE. gi

LA MARQUISE

Ah ça , comme il "tie faut ^as que votre mère vous voie avec Guillaume , aJle7:-vou5-eu ari^pjt <ju'il ^r* rive.

THÉRÈSE

Adieu , fnesdames ^ adieu , monsieur.

LA MARQUISE

Ecoutez , Thérèse ^ vp^r^e luèf'e est-elle chez vous , à présent ?

TH^RiisE." '• • •

Oui , madame , elle doit $Xre revenue. de la ville.

Eh bien , allez la chercher , et revenez avec çlle ici , nous y serons encore.

THÉRÈSE

Oui ^ mais vous ne lui direz pas qiie Guillaume était chez ma tante.

LA M4flQpïs*, ../.,... r Non y non. Allez , et revwe^ tout de suite.

THÉRÈSEk Î-" ' •-•' Z>'.:i. ••"

Je ne serai pas lon^^mps: ' •

Guillaume, Guillautaiey'pài'-4d^ ce sont ces dames qui ta dem«nd«m. -

LA VibA'M^.'. •' ' • " '" ' " • '•

Est-ce que vous conhaissez Guillaume , Chevalier ?

*' '• 'tï:' dïïEVAxiÊR. '* '•'-' ^' ■' '*^" Point du tout ; je voulais seulement faire *pàHer Thérèse.

• * » J 4 c fait «la <t *V''i|>»Ai>i

^st Le GI^AND CHEMIN)

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