LA MARQUISE, LA VIDAME, LE CHEVALIER
LA MARQUISE
Eh bien, Chevalier, vous avez donc fini votre partie de trictrac ? ,
LE CHEVALIER
M'en voilà enfin débarrassé.
LA VIDAME
Est-ce que vous ne ti^ouvez pas que le Comte joue bien ?
LE CHEVALIER
Il joue à peu près comme tout le monde.
LA VIDAME
Je ne trouve pas cela-
LE qheyâlier; Vous conviendrez au moins qu'il tatoime à t^haque
LA YXDAME.
n est un peu long à jouer.
LE CHEVALIER. '
Et puis il se plaint, et il fait les plus insipides raisonnemens ! Enfin, j'avais besoin de me djssiper après cette partie-là , et je ne trouvais personne^ Je voulais aller chercher dans le parc , mais le concierge m'a dit que tout le monde était dehors^ l.. I
Oui , ils sont tous éparpillés *, et nous , nous somtoes venues ici.
LE C HE VALIEZ
Je vous ai aperçues de loin toutes les deux , et j'ai dit : Voilà ce qu'il me faut. [
LA MARQUISE
Il a presque l'air vrai , en disant cela-, le Chevalier.
LA VIDAME. . '
Bon!
LA MARQUISE
Moi , j'aime infiniment le grand chemin. On y, voit toujours quelque chose de curieux.
LE CHEVALIER
C'est un passe-temps fort agréable, surtout} qiund le roi est à Fontainebleau.
LA VIDAME*
Oui , les jours qu'il y a spectacle.
LA MARQUISE
En avez-vous déjà vu ?
LE CHEVALIER
Oui , madame , j'ai vu le dernier.
96 LE GRA3ÎD CHEMI Jî,
VA. HÂftQCISE.
EhlHcn?
LE CHETALIEB^
Eh bien , c*étadtiia plaisir fort dier.
LA XABQCfSV.
Ce n'est pas être a la campagne , que d'être à Fontaineblean.
LE CHEVALIER
Non; et je YCfos réponds quH doit en coûter beaucoup anx femmes.
LA VfDAME.
Pas toajoofs.
LE CHEVALIER
Qoand on est en deoil , sans donle , à la b«i^ie heure ^ il y a de la difierence. Encore à la &x .du deuil , il le faut varier beameonp.
LA MARQUISE
Le Chevalier a raison.
LE CHEVALIER
Voyes nnf peu tout ce que tous ^rolns itr&f^ c%ligées de porter , pour aller seulement chez vos amis.
LA MARQUISE
n est vrai qu*on ferait le bonheur de bien des gens , si 6n leur daùnàit une partie de Targent qu^on emploie à se coiffer.
' Et torijtWii^ricEculèm^t.
LA VIDAME
Pai pensé cela bien des fois*
LE CHEVALIER
EtFargent qu'on perd au jeu, après s'être bien ennuyé ?
LA Marquise.
Il a totgours sa partie avec le Comte îmr le coeur.
Est-ce que Y^Mài^^n |P«»4|a««iire(tlimâ.... ; ir;n Non vraiiMbt , i»:h» M gagnéitypù'iï^iiU^K. :. i
LA JUAftl^VtSE.
Ah ( naflamor, mâà^ii]i&pelife.lpii^ ihni
LE CHEVALIER
Elle pacalt jolie.
LA VIDAME. '
Il faudra lui parler. <; t« mi
LA MARQUISE, BA VroAME, LE CHEVAUER,
'• .î'«v: ,• >î< TH]|RÈSfi-.. j j 'il il' «j •/• .4
LA MARQUISE. '''H >* • - <^'-'' • "-\'
Bonjour, la petite* D'où venez-vous, comme cela ?
THERESE. 1 ' •
Madame, je yenèn^ dtr viffdgëque vous voyez tout iJ^baè ',' et je i hoùs en^ rëtèhinions cHëti x tibus : * *
LA VIBIAWE.
Et , où est-ce chez vous ?
THÉRÈSE
.A Q€^^ç mw^ûi^t ^ «st deryfèf«l le bois , qij^.ypus voyez tout auprès du ipp\i]liQ.
LA MARQÇXStl. , . ,j . .| .
Et , qu'est - ce quq vpus ajez été faire à ce village ? ' .: ';>:^ ;'. •. ...,•;
THERESE
Tons été porter du vin à ma tai^te Go^ert , qui est
malade.
:Là viUAIiiE.i
Ah ! la pauvre femme !
88 LE GRAIVD CHËAtlN^
T&ERÂSE.
Uni ; mâU elle e^v fpêsque pxéiiéi
LA MARQUISE
Et VOUS allez oomme cela toute seule ? '
THÉRÈSE
Alu! pardi , madame , je ne craignons pat les vo-^ leurs \ je n^ons rien ipi les tente*
LE CHEVALIER
Et si quelque garçon vous rehcohtrait , comme vous êtes jolie,.... eât-ce que vous n*en auriez, pas ipeur ? '
THÊRÈiSË.
An ! ccimnie ce monsieiir-là se^knckpie de moi !
LE CHEYALIER. .
Est-ce qil*ii n*y a pas de garçons qui vous aient dit t{ue vous ëtiez jolie ?
. , THERËSjS. ,
Bon ! ils ne pensont seulement pas à cela.
LE CHEYAitlER.
Il y en a. pourtant un , que je sais qui vous. aime bieh.
tHERÈSE. ^
Ah ! oui , Guillaume ? '
LE (iàEVALIER. •
C'est cda, Gûillatime ; c'est lih'^arçoiÉMen toutoé?
THÉRÈSE
Et un bon travailleur.
LA VÎDÀME. f ' ' '
Et , à quoi travaille^l-il ? ^
THÉRÈSE
Au bois de IVI. le Comte ] il est b&cheron.
LA 'MASRQUISE.
Et, est-il riche? i.- , ,. .|
THÉftESB.
Ah ! mon Dieu iioni ! sans cela..... <
LA MARQUISE
Eh bien, sans cela ?
THÉRÈSE
Je l'aurions peut-être ëpoùsé / mais «ma mère ne le veut pas.
LA YIDAMB.
Vous êtes donc riche , vous ?
THÉRÈTSE.
Je le sommes plus que lui.
LA MARQUISE
Quel est donc votre bien ?
THÉRÈSE
Ma mère a trois vaches ^ elle fait du beurre et des fromages , et je vendons tout cela.
LA YIDAME.
Et combien fau^drait-il que Guillaume eût de bien, pour vous épouser ? .
THÉRÈSE
Ah, dame ! je n' savons pas. t^eut-ètre , comme ci , deux cents francs , ou deu;x vaches. Vous voyez que i c'est beaucoup. ,
Et vous seriez bien aise de l'épouser , vous ?
"•'• THÉRÈSE. ' '
Ah ! madame , tout autant.... que lui !
LE CHETALIER.-
Et, où est-il , Guillaume ?
THÉRÈSE
n était àhet ma tante;
LA YIDAME.
Vous l'avez donc vu?
90 LE GRABTD CHEMIN,
THXftiiSE.
Oui , madamfi ; pirse ^& k «BmazUhe oa ne travaille pas.
LA VIDABti;
Mais , n'est-ce pas mal £p4jt de le voir , puisque votre mère vous l'a défendu ?
THÉRÈSE
Sûrement , madame^ «'est mai mais, quand il vient , je lui dis : Va-t'en ; èl-iliDe^telà , el:piii&fiprè6'il''me parle.
LE CHEVALIÇIU
Et vous lui répondez ?
Dame , monsieur , il le faut bien ; on ne peut pas s'pn empêcher.
Et,oùest-ilàpi^^sent?''^""'-^^'' •'*■'' • ^^•". •''^-''
thèkeseI ' Tenez; V îé Vbîlà là-bas 5 parce qû^îî tfa pas oéé me reconduire 9 à cause de ma mère.
L>JL MARQUISE, . , . . ,
-n vous régarcle , suremfeni; ? * . '
THERESE. ,
Ah ! mon Dieu , Q]K^• .TWQ9^ %^^ voila qui est arrêté. Eh bien , faites-lui p^g^ fit venir.
•îii -jij^) ...THiBBIKfiJOJ , ""f.: ''u . M/*.
Ah ! Guillaume;^ vi^n^r^viem*: Tenez , le voilà qui court. •; ^i,;r ,::.!/•"; .:; :'.•- "^> . :'i
LA VIDAI^E
Comment vous appelez-v^^., lf^:PJ$IMQ ? . i , i! Thérèse , madame , àvoùsu^bâiri . .- ' /
DOUSIÈftIË ipUi^NÉE. gi
LA MARQUISE
Ah ça , comme il "tie faut ^as que votre mère vous voie avec Guillaume , aJle7:-vou5-eu ari^pjt <ju'il ^r* rive.
THÉRÈSE
Adieu , fnesdames ^ adieu , monsieur.
LA MARQUISE
Ecoutez , Thérèse ^ vp^r^e luèf'e est-elle chez vous , à présent ?
TH^RiisE." '• • •
Oui , madame , elle doit $Xre revenue. de la ville.
Eh bien , allez la chercher , et revenez avec çlle ici , nous y serons encore.
THÉRÈSE
Oui ^ mais vous ne lui direz pas qiie Guillaume était chez ma tante.
LA M4flQpïs*, ../.,... r Non y non. Allez , et revwe^ tout de suite.
THÉRÈSEk Î-" ' •-•' Z>'.:i. ••"
Je ne serai pas lon^^mps: ' •
Guillaume, Guillautaiey'pài'-4d^ ce sont ces dames qui ta dem«nd«m. -
LA VibA'M^.'. •' ' • " '" ' " • '•
Est-ce que vous conhaissez Guillaume , Chevalier ?
*' '• 'tï:' dïïEVAxiÊR. '* '•'-' ^' ■' '*^" Point du tout ; je voulais seulement faire *pàHer Thérèse.
• * » J 4 c fait «la <t *V''i|>»Ai>i
^st Le GI^AND CHEMIN)