‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 29 sur 166 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LÀ ifARQtnSE, LA VTOAME, LÉ CHEVALIER,

GUILLAUME

LA MARQUISE

Ah ça , Guillaume , ne venez-vous pas de ce village-là ?

fcUlLLATTME.

Oui , madame , de chez la mère GoberC.

LE CHEVALIER

Qui est la tante de Thérèse ?

GUILLAUME

Oui , monsieur.

LE CHEVALIER

Et , . pourquoi ne reconduisiez* votts pas Thérèse chez sa mère ?

GUILLi^UME.

Je la reconduisions de l'œil.

LA VIDAME

Pourquoi de Fœil ?

GUILLAUME

Ah , dame , c'est là notre secret.

LA MARQUISE

C'est que sa mère ne veut pas que vous soyez amoureux d'elle , n'estril pas vrai ?

GUILLAUME

Puisque vous le savez , madame , il n'y a plus de secret.

LA VIDAME

Vous devez être fâché contre sa mère ?

GUILLAUME

Pourquoi donc , madame ? Tout au contraire.

LA MARQUISE

De ce c{a*elle Be veut pat vous donner aa fille ?

GUILLAUME

Non , madame. Je voyons qa^elle aime Thérèse au-» tant cpe moi, et qu'elle ne me refuse que parce que je ne snit* pas plus riche. Ce n*est pas elle qui a tort , cWmon malheur à moi.

LA YIDAME.

Quoi ! vous n'avez rien du tout ?

GUILLAUME

Je n'ons que mes bras.

LE CHEVALIER

Cest beaucoup, quand on aime le travail.

GUILLAUME

Oui ; mais il faut avoir quelque chose qui vous les fasse remuer. J^ons bien de Fouvrage à présent ; mais je n*en aurons peut-être pas demain ; et puis , je n'ons qu à tomber malade ^ je ne voulons pas que ma Thé^ rèse soit malheureuse avec moi ^ je sommes de Favis de sa mère.

LA YIDAME.

Cela est très-bien pensé.

LE CHEVALIER

Et en honnête homme.

GUILLAUME

Dame , monsieur , vlà ce qui dépend de nous ; il laut que ça nou^ suive partout. Tout cç qui. me (àche de ça , c'est un malheur qui peut m'arrîver.

LE CHEVALIER

Et, quel malheur ?

GUILLAUME

C'est que si je ne sommes pas mariés avant qu'on tire à la milice , si j'y tombe, Thérèse en mourra peutêtre de chagrin ; ou bien , elle ne pourra plus refuser

Qi LU CHAnO CHEMIN,

d'en épouser un autre, si elle en revient. Aussi, je ne lui eh ai janâs rien «lit, p«qr qu'elle n'eût pas de U peine en y pensant.

LE GBET&LIER.

Et , n'eM-ce pas U une délicatesse d'etpcit, mesd^3Hts ? è

LA VIDAHE.

Non , sûrement , elle part bien du cœur.

LE CltEVSLIER.

Quand vous dites que les honunes n'en ont pas....

Li UABQinSE.

Nous ne parlons que de ceux qui sont bien élevés.

LE CHEVALIER

En vous remerciant, madame la Marquise.

LA. VIDAME

Madame , je voudrais savoir ce qu'il faudrait qu'il eûl pour épouser Thérèse.

LA UAUQUlaS.

Je vais le lui demander. — Guillaume. , qn'eit-oe que ta crois qu'il faudrait avoir de bien P....

GOILLADME.

Pour être le mari de Thérèse.

LA VlDAME.

Oui.

GUILLAUME

Âh ! dame « peut-être deux vaches ; c'est un bon bien ça, parce qu'il en peut venir une troisième.

LA MARQUISE

Chevalier?

Ehhien?

Venez donc ici.

LE CHEVALIER

Lfl VfDAME.

DOUZIÈME^ JOURNÉE. gS

tE CHEVALIER.

G-cfli ce cpie je peBiaÎ9»«i.

LA hta^quise.

Combien faudrait-il d'argent, pour ayoit ^eux vaches ?

LE C HÉ' Va LIER.

Je ne sais pas trop ; peut-être une douzaine de loaîs.

LA MARQUISE

Cela est bon* GuilkniHie ?

GUILLAUME

Madame. v

LA MARQUISE

Ecoutez-moi \ allez vous asseoir là bas , au pied d'un arbre ; qù*on ne vous voie pas ; et , quand on vous appellera, vous viendrez tout de suite.

LA MARQUISE

Vous entendez bien?

GUILLAUME

Oui , oui , madame.

LA vinAME.

Et surtcmt, ne voua en aile» pas.

GUILLAUME

Oh, que non , puisque madame me dit de rester là.

SdÈ^E V.

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