‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 31 sur 166 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

LA RARONNE, LA VICOMTESSE, LA VTDAME, LA MARQUISE , LE MARQUIS , LE CHEVALIER , L'ABBÉ.

LA BARONNE

Eh bien , mesdames , yous êtes restées ici ?

LA MARQUISE

Oui ; nous nous sommes amusées à causer avec dçs paysans.

LA VICOMTESSE

Et vous n'avez pas vu passer TÉvèque ?

.I.AV.IDAME,

Non ; quand donc cela ?

LA VICOMTESSE

n n'y a pas un quart d-h€ure«

LB GHEVALIBR.

Taî bien vu une voiture , maïs les stores étaient baissés.

LA VICOMTESSE

C'est cela même.

LE CHEVAIER.

Les gens étaient en noir.

LA VICOMTESSE

Ce sont ceux de sa belle-sœur, qui est en grand deuil.

LA VIDAME

Je suis bien fîchée de n'avoir pas vu l'Évoque, jWis une recommandation à lui faire pour mon petit Abbé ; je voudrais bien qu'il fût grand vicaire pour commencer.

LA VICOMTESSE

Cela ne sera pas difficile ^ d'ailleurs , vous verrez TEvèque quand il reviendra de Fontainebleau 5 si vous êtes encore ici , vous pourrez lui parler.

LA VIDAME

Sûrement , je l'attendrai.

L*ABBÉ

Ne trouvex-vous pas qu'il fait beau cette aprèsdiner , mesdames?

LA MARQUISE

Oui , voilà de ces temps d'automne que je préfère à tous les autres.

L*ABBÉ

Vous voyez qu'en déjeunant à midi , et en dtnant i six heures , on a tout le temps de se promener.

TOMB m. 7

gg LE GRAND-GHEMJN,

LA MARQUISE

£h bien , madame la Baroiiiie , aTes-TOas eu des aventures dans votre promenade , comme vous dites toujours que vous en trouvez ?

LA BAROTÎNE.

Oui , vraiment ; nous avons rencontré une bonne femme qui avait un cotillon rouge et use croix d*or, et qui était montée sur un âne. Le Baron a beaucoup causé avec elle.

LA VIDAME

Et qu'est-ce qu'elle lui a dit?

LÀ BAROIVIÏE.

Il va venir , il vous contera tout cela.

LE MARQUIS

D est bien bon , le Baron , avec ces gens-là \ il leur fait dire tout ce qu'il veut.

Tenez y le voilà.

LE MARQUIS

n était excellent à la guerre \ tous les gens chez ïjm il logeait Taimaient à la folie. Son grand plaisir encore était de faire conter les Soldats.

LA MARQUISE

Quoi! des histoires de guerre ?

LE. MARQUIS

Non , des histoires très-longues , qui n'avaient pas le sens comm.un ; en marche ou à un poste , il avait toujours le conteur du régiment à côté de lui , et il riait du meilleur cœur du monde.

LA VIDAME

Nous allons voir ce qu'il va nous dire.

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