LE BAKOU
Pourquoi donc p^s.?
NICOLAS
Monsieur ^ il (axtl parler pour Tac^eteur et le yendeur i parce que vous voyez bien , je m^expliq^e , je suis un honnête homme ; posons le cas , au fait et au prendre , elles ne seraie^^ pas pour votre serviteur.
LA MARQUISE
Compilent > vous, ne voudriez pas de inadanpi^. pwr votre femme , p.ar fxemplc?
NIÇQLAS.
Madame , ce n'est pas là ce que je dis , parce que monsieur ne me parle pas dans le cas de, cel^.
LE BARON
Et , dans quel cas est-ce donc que je parle ?
LA BAKONNE.
Vous allez lui fkire ahre quelque sottise.
LE BARON
Dites donc , camarade !
NICOLAS
Madame entend bien , et notas i;ious entendons bien tous deux , cela suffit ; mais je n'en sommes pas là.
LE BARON
Mais, je dis, aimeriez-vous à avoir une femme comme ces dames-là ?
NICOLAS
Non pas le jour , ah , ah, ah > ah !
X^ BARON
Et , par quelle raison ? •
NICOLAS
La raison e$t q»^^ s^uf Jeui» respect, e)l^ iffi^ feraient de Boianvaiseï ^njf^ » et) qua , comme ^ VmV^ i c'est la aQAipequî nowiit k^ solfiât.
Vous Yoyeas , n^çs^ai^e^ , qae ^ çl^ez lui , 1^ p^i^îi^ marche après le besoin. ' ,
Cela n'est pas galant, Nicolas.
NICOLAS
Monsieur , la raisen de ça est que , comme dît l'autre /après la p»is6 la danse : c^est ce qui Êdt que , par à jMrésent , je m'en vais aller chercher mon soUjper.'
L'ABBÉ
Et , où cela , père.Nicolas ?
NICOLAS
Où cela , monsieur l'AUbé? chea la emnmère Morin.
LA BABONNB.
Qu'est-ce q^e cVst que la eommère Marin?
NICOLAS
C'est la plus brave femme du monde , madame , sauf votre respect. Elle vend du lait , et elle baille du vî^i,
LA yiDAMEi, à la Mar^ise.
Elle baille du vin ?
NICO^iAS.
Oui , madame ; à moi , qui suis son compère..
LÀ MARQUISÏl.
C'est la mère de Thérèse , madame , puisqu'elle donne du vin.
LJE BAH ON.
C'est sûrement ma bo^^lQ fiemme , puisqu'elle vend du lait.
Et , comment ètes-vous son compère, Nicolas ? '
NICOLAS
Vous voulez peut-être rire , monsieur FAbbé ; mais
io8 LE GRAND CHEMIN,
il n'y a rien à dire , vojez-yous ; c'est en tout bien , tout honneur , parce que je suis le parrain de sa fille.
LA MARQUISE
Et comment s'appelle sa fille ?
NICOLAS
Comme sa marraine , qui est morte.il y a trois ans. Elle ne donnait pas du vin , celle-là , elle le vendait bien .; mais je ne l'en aimions pas moins , parce que quand je n'avions pas d'argent, je buvions tout de même : elle me faisait cr/édit.
LA VIDAME
. Et comment s'appelait-t-elle ?
NICOLAS
Thérèse Trinquant. Ah ! que c'était une bônûe femme ! Je la pleurons encore , toutes les fois que je ne pouvons pas boire , s'entend. / ' , i ■.
tE BARQN. ,
Et pourquoi ne songez-vous pas à marier Thérèse , vous qui êtes son parrain ?
NICOLAS
Ah ! palsangué , je ne demanderions pas miçu:i^ ^ car le mari est tout trouvé. Est-ce que notre drôle n'en est pas amoureux ?
UABBÉ.
Et qu'est-ce que c'est que votre drôle ?
NICOLAS
Eh , pardi , c'est Guillaume , qui est mon neveu , propre fils de feu mon frère.
L£ BARON
Et pourquoi ne l'épouse-t-il pas , Guillaume?
NICOLAS
Eh ! parce que la commère Morin dit comme ça qu aile n'en veut pas seulement entendre parler*
LE BARON
C'est lui , sans doute , qui est Tamoureux dont la mère Morin me parlait?
LA VICOMTESSE
Nous verrons comment ces dames feront pour la lui faire épouser.
L'ABBÉ
Il ne répousera pas , Nicolas , à moins que le diable ne s'en mêle.
NICOLAS
Âh ! dame, il est bien malin , le diable , monsieur TÂbbë. Vous savez ca , vous !
LE BARON
Eh bien , ces dames disent qu'elles la lui feront épouser \ crois-tu qu'dles soient aussi malines que le diable ?
NICOLAS
Ah ! dame, Monsieur, il ne faut jurer dé rien, parce que ce que femme veut , Dieu le veut.
LE CHEVALIER
Tenez , madame , voilà Thérèse ; apparemment que c'est sa mère qui est avec elle.
LE BARON-
Oui , c'est la même femme chez qui j'ai été.
LE CHEVALIER
Eh bien , il faut que Nicolas se tienne derrière nous ; n'est-ce pas , mesdames ?
LA MARQUISE
Oui , sans doute.
,,o LE GRAND CHEMIIV,
LE CHEVALIER
Entends-tu , iïïfoolas ?
Oui, oui, je mW vais.
LE CHEVALIER
n ne faut pas que tu t'en ailles.
NICOLAS
Oh ! j'entehdons bien; j'àllons fMPè tantseuleâient comme si je nous cachions. i
LE CHEVALIER
C'est cela.
LA BARONNE
Je ne comprends pas comfnent ces dames feront pour arranger ce mariàge-là. .
LA VICOMTESSE
Nous allons voir.
LS BAROty.
Je eominenoe à comprewlre qu'eUes connMBsent
Thérèse.
L*ABBé.
Paix ! paix ! ne dirons rien.