‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 34 sur 166 · LE BAKOU · texte numérisé non relu

LE BAKOU

Pourquoi donc p^s.?

NICOLAS

Monsieur ^ il (axtl parler pour Tac^eteur et le yendeur i parce que vous voyez bien , je m^expliq^e , je suis un honnête homme ; posons le cas , au fait et au prendre , elles ne seraie^^ pas pour votre serviteur.

LA MARQUISE

Compilent > vous, ne voudriez pas de inadanpi^. pwr votre femme , p.ar fxemplc?

NIÇQLAS.

Madame , ce n'est pas là ce que je dis , parce que monsieur ne me parle pas dans le cas de, cel^.

LE BARON

Et , dans quel cas est-ce donc que je parle ?

LA BAKONNE.

Vous allez lui fkire ahre quelque sottise.

LE BARON

Dites donc , camarade !

NICOLAS

Madame entend bien , et notas i;ious entendons bien tous deux , cela suffit ; mais je n'en sommes pas là.

LE BARON

Mais, je dis, aimeriez-vous à avoir une femme comme ces dames-là ?

NICOLAS

Non pas le jour , ah , ah, ah > ah !

X^ BARON

Et , par quelle raison ? •

NICOLAS

La raison e$t q»^^ s^uf Jeui» respect, e)l^ iffi^ feraient de Boianvaiseï ^njf^ » et) qua , comme ^ VmV^ i c'est la aQAipequî nowiit k^ solfiât.

Vous Yoyeas , n^çs^ai^e^ , qae ^ çl^ez lui , 1^ p^i^îi^ marche après le besoin. ' ,

Cela n'est pas galant, Nicolas.

NICOLAS

Monsieur , la raisen de ça est que , comme dît l'autre /après la p»is6 la danse : c^est ce qui Êdt que , par à jMrésent , je m'en vais aller chercher mon soUjper.'

L'ABBÉ

Et , où cela , père.Nicolas ?

NICOLAS

Où cela , monsieur l'AUbé? chea la emnmère Morin.

LA BABONNB.

Qu'est-ce q^e cVst que la eommère Marin?

NICOLAS

C'est la plus brave femme du monde , madame , sauf votre respect. Elle vend du lait , et elle baille du vî^i,

LA yiDAMEi, à la Mar^ise.

Elle baille du vin ?

NICO^iAS.

Oui , madame ; à moi , qui suis son compère..

LÀ MARQUISÏl.

C'est la mère de Thérèse , madame , puisqu'elle donne du vin.

LJE BAH ON.

C'est sûrement ma bo^^lQ fiemme , puisqu'elle vend du lait.

Et , comment ètes-vous son compère, Nicolas ? '

NICOLAS

Vous voulez peut-être rire , monsieur FAbbé ; mais

io8 LE GRAND CHEMIN,

il n'y a rien à dire , vojez-yous ; c'est en tout bien , tout honneur , parce que je suis le parrain de sa fille.

LA MARQUISE

Et comment s'appelle sa fille ?

NICOLAS

Comme sa marraine , qui est morte.il y a trois ans. Elle ne donnait pas du vin , celle-là , elle le vendait bien .; mais je ne l'en aimions pas moins , parce que quand je n'avions pas d'argent, je buvions tout de même : elle me faisait cr/édit.

LA VIDAME

. Et comment s'appelait-t-elle ?

NICOLAS

Thérèse Trinquant. Ah ! que c'était une bônûe femme ! Je la pleurons encore , toutes les fois que je ne pouvons pas boire , s'entend. / ' , i ■.

tE BARQN. ,

Et pourquoi ne songez-vous pas à marier Thérèse , vous qui êtes son parrain ?

NICOLAS

Ah ! palsangué , je ne demanderions pas miçu:i^ ^ car le mari est tout trouvé. Est-ce que notre drôle n'en est pas amoureux ?

UABBÉ.

Et qu'est-ce que c'est que votre drôle ?

NICOLAS

Eh , pardi , c'est Guillaume , qui est mon neveu , propre fils de feu mon frère.

L£ BARON

Et pourquoi ne l'épouse-t-il pas , Guillaume?

NICOLAS

Eh ! parce que la commère Morin dit comme ça qu aile n'en veut pas seulement entendre parler*

LE BARON

C'est lui , sans doute , qui est Tamoureux dont la mère Morin me parlait?

LA VICOMTESSE

Nous verrons comment ces dames feront pour la lui faire épouser.

L'ABBÉ

Il ne répousera pas , Nicolas , à moins que le diable ne s'en mêle.

NICOLAS

Âh ! dame, il est bien malin , le diable , monsieur TÂbbë. Vous savez ca , vous !

LE BARON

Eh bien , ces dames disent qu'elles la lui feront épouser \ crois-tu qu'dles soient aussi malines que le diable ?

NICOLAS

Ah ! dame, Monsieur, il ne faut jurer dé rien, parce que ce que femme veut , Dieu le veut.

LE CHEVALIER

Tenez , madame , voilà Thérèse ; apparemment que c'est sa mère qui est avec elle.

LE BARON-

Oui , c'est la même femme chez qui j'ai été.

LE CHEVALIER

Eh bien , il faut que Nicolas se tienne derrière nous ; n'est-ce pas , mesdames ?

LA MARQUISE

Oui , sans doute.

,,o LE GRAND CHEMIIV,

LE CHEVALIER

Entends-tu , iïïfoolas ?

Oui, oui, je mW vais.

LE CHEVALIER

n ne faut pas que tu t'en ailles.

NICOLAS

Oh ! j'entehdons bien; j'àllons fMPè tantseuleâient comme si je nous cachions. i

LE CHEVALIER

C'est cela.

LA BARONNE

Je ne comprends pas comfnent ces dames feront pour arranger ce mariàge-là. .

LA VICOMTESSE

Nous allons voir.

LS BAROty.

Je eominenoe à comprewlre qu'eUes connMBsent

Thérèse.

L*ABBé.

Paix ! paix ! ne dirons rien.

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