SCÈNE X
LA MARQUISE, LA VICOMTESSE, LA VIDAME, LA BARONNE, LE BARON, LE CHEVALIER, LE COMTE, L'ABBÉ, THÉRÈSE, NICOLAS, LA MÈRE MORIN.
LE COMTE
Savez-vous , mesdames , que vous restez bien tard
i la promenade?
LÀ Marquise.
Nous sommes très-occupëes ici.
>LE COMTE
A quoi donc ?
LA VIDAME
Nous marions une de vos habitantes^
LE COMTE
Ah ! Thérèse ?
LA VICOMTESSE
Elle-même.
LE COMTE
Elle est aussi sage qu'elle est jolie.
LA MERE MORII7.
Allons , ma fille , remercie donc M. le Comte*
THERESE
Monsieur le Comte est bien bon de dire comme ça*
Lis COMTE.
Cela fera une très-bonne femme ; mais je veux loi faire un présent , et je lui donne la maison qui est à côté de celle de sa mère.
LA MÈRE MORIN
Celle du garde , monsieur le Comte ?
LE COMTE
Oui , la mère Morin ^ \e veux loger mon garde ailleurs , et cela fera que vous serez tous réunis.
LA MÈRE MORIIf.
Dame , te voilà bien riche à présent , ma fille.
THÉRÈSE
Ah ! monsieur le Comte , je tous prie , ne me don^ nez pas cette maison-là. •
tE COMTE,
Pourquoi donc , Thérèse ?
LA MÈRE MORIR
Est-<;e que tu ne veux, pas être auprès de moi ?
THÉRÈSE
Pardonnez - moi , ma mère. Mais , monsieur le Comte , je vous en prions , écoutez un peu la raison de ça.
Le COMTE.
Laissez-la dire , la mère ; voyons , voyons sa raison,
THÉRÈSE
Ah ! monsieur , c'est que ce sera peut-être comme si ces dames que vous voyez n'avaient rien fait pour me marier.
LE COMTE
Je ne vous entends pas.
THÉRÈSE
C'est qu'il faut que vous sachiez que Guillaume m'aime depuis long-temps.
4» LE COMTE
Guillaume . c'est un fort bon sujet.
THÉRÈSE
Eh bien , ma mère ne voulait pas me le donner pour mari , parce qu'il n'avait rien , et voilà que ces dames viennent de lui donner cent écus y et elle ne pouvait plus le refuser.
LE COMTE
Cela est vrai*
1 18 LE GUAIKD CHEMIN,
THÉRÈSE
Vond royes bien , mon^eilr' le Cotttte , qne si c'est à moi que vous donnez la maison , je serai encore U'op viebe pour lui , et puis qitô nia- mère n-en voudra peut-être plus \ et ce sera comoM al' cet dames n'avions rien fait pour GuUiauçie et pour moi.
LÉ COMTE
Que voulez-vou9 donc que je fasse , Thérèse ?
Monsieur le Comte , je vous en prions , donnez la maison à Guillaupie.
LE COMTB.
Ah ! ah !
NICOLAS
Oui , parce que , par après cela , je croyons que notre neveu sera un bon piard.