LA BAROJSNE, M^«. DE MORIVAL, M. DE SAINT-ALIN
LA BARONNE
Eh bien , qu'allons-nous faire à présent? Comment rester encore ici ?
M"«. DE MORIYAL.
Nous nous sommes trop pressés de vouloir aller à Paris.
M. DE SAINT-ALIN
Le Comte va arriver.
LA BARONNE
Avec madame de Banville.
M. DE SAINT-ALIN
Et le Président,
LA BARONNE
Quand ils seront ici,..
M. DE SAINT-ALIN
Pour moi , je ne partirai sûrement pas,
Vous le pourrez ^ mais nous , comment faire chailger les arrangemens de ma mère ?
M"«. DE MORIVAL
Mais , ma sœur, vous pourriez parler plus hardiment que nous.
LA BARONNE
Je sais bien que , si je pars , le Comte ne restera pas long-temps ici.
M. DE SAINT-ALIN
Ce sera donc elle seule qui sera à plaindre.
LA BARONNE
Pourquoi donc?
QUATORZIÈME JOURNÉE. i83
M. DE SAINT-ALIN
Parce qu'elle aime le Président , et qu elle en est aimée.
LA BARONNE
Attendez , ce que vous me dites là.. .
M. DE SAINT-ALIN
Eh bien ?
LA BARONNE
Ma mère le sait-elle?
Non sûrement.
LA BARONNE
Eh bien , il me vient une idée qui pourra nous faire rester ici tous les trois.
M. DE SAINT-ALI|N
Serait-il possible?
M"*. DE MORIYAL.
Ah ! dites promptement.
M. DE SAINT-ALI»
Allons , Baronne , parlez donc !
LA BARONNE
Un moment. Tenez, yoici ce que je pense. Le Président est un parti convenable pour ma sœur.
M"«. DE MORIVAL
Ah! très-convenable!
M. DE SAINT-ALIN
Eh bien ?
LA BARONNE
Pourquoi , puisque tout ce monde-là nous arrive aujourd'hui , n^en parler ais-je pas à mon père et à ma mère?
M. DE SAINT-ALIN
A merveille !
i84 LE DÉPART DE LA GAMPAGISE,
hk BJl&OiNlIB. .
Cela ferait une négociation entamée , j*en parlerais ensuite à la mère du Président.
M»«. DE MORIYAL.
' Madame d^Ôramant ?
LA BAROI9NE.
Oui , et en négociant yis-à-vis des deux partis je leur deviendrais nécessaire } alors ma mère trouvera convenable que je reste ici, et Ton ne renverra sûrement pas ma sœur sans moi.
M"*. HE MORIYAL.
Tout cela est imaginé au mieux!
M. DE SAINT. ALIR.
Oui 'j mais moi , qui aime madame de Ranville.
LA BARONNE
Et en êtes-vous aimé ?
M. DE SAINT-ALIN
Je n'ai encore jamais osé.*.
LA BARONNE
Laissez, laissez-moi faire ^ un mariage ne se fait jamais seul, il en amène toujours d^autres, et pendant qu'elle sera ici;..
Il pourra bien peut-être s'en faire trois.
LA BARONNE
Comment !
M. PE SAINT-ALIN
You^ dissimulez ? .
LA BARONNE
Non.
M. DE 3AINT.ALIN.
Vous rougissez !
QUATORZIÈME JOURNÉE. i85
IiABARONlNfE.
Je TOUS dirai mn^ 9Utjre £<»».#..
Ce que nou» savons d^jè» Éçpùtpz-, j« «'w p«i* voiilu vous interrompre , mais j^ai vu arrivçlr ute Ypitiiré*
LA BARONNE
II faut sayoir qui c^est.
M"«. DE MORIVAL
JTentends quelqu'un.
M. DE SAINT.ALIN
On entre. C*est madame de Ranville.
Et le Président,