‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 63 sur 166 · LA BAROJSNE, M^«. DE MORIVAL, M. DE SAINT-ALIN · texte numérisé non relu

LA BAROJSNE, M^«. DE MORIVAL, M. DE SAINT-ALIN

LA BARONNE

Eh bien , qu'allons-nous faire à présent? Comment rester encore ici ?

M"«. DE MORIYAL.

Nous nous sommes trop pressés de vouloir aller à Paris.

M. DE SAINT-ALIN

Le Comte va arriver.

LA BARONNE

Avec madame de Banville.

M. DE SAINT-ALIN

Et le Président,

LA BARONNE

Quand ils seront ici,..

M. DE SAINT-ALIN

Pour moi , je ne partirai sûrement pas,

Vous le pourrez ^ mais nous , comment faire chailger les arrangemens de ma mère ?

M"«. DE MORIVAL

Mais , ma sœur, vous pourriez parler plus hardiment que nous.

LA BARONNE

Je sais bien que , si je pars , le Comte ne restera pas long-temps ici.

M. DE SAINT-ALIN

Ce sera donc elle seule qui sera à plaindre.

LA BARONNE

Pourquoi donc?

QUATORZIÈME JOURNÉE. i83

M. DE SAINT-ALIN

Parce qu'elle aime le Président , et qu elle en est aimée.

LA BARONNE

Attendez , ce que vous me dites là.. .

M. DE SAINT-ALIN

Eh bien ?

LA BARONNE

Ma mère le sait-elle?

Non sûrement.

LA BARONNE

Eh bien , il me vient une idée qui pourra nous faire rester ici tous les trois.

M. DE SAINT-ALI|N

Serait-il possible?

M"*. DE MORIYAL.

Ah ! dites promptement.

M. DE SAINT-ALI»

Allons , Baronne , parlez donc !

LA BARONNE

Un moment. Tenez, yoici ce que je pense. Le Président est un parti convenable pour ma sœur.

M"«. DE MORIVAL

Ah! très-convenable!

M. DE SAINT-ALIN

Eh bien ?

LA BARONNE

Pourquoi , puisque tout ce monde-là nous arrive aujourd'hui , n^en parler ais-je pas à mon père et à ma mère?

M. DE SAINT-ALIN

A merveille !

i84 LE DÉPART DE LA GAMPAGISE,

hk BJl&OiNlIB. .

Cela ferait une négociation entamée , j*en parlerais ensuite à la mère du Président.

M»«. DE MORIYAL.

' Madame d^Ôramant ?

LA BAROI9NE.

Oui , et en négociant yis-à-vis des deux partis je leur deviendrais nécessaire } alors ma mère trouvera convenable que je reste ici, et Ton ne renverra sûrement pas ma sœur sans moi.

M"*. HE MORIYAL.

Tout cela est imaginé au mieux!

M. DE SAINT. ALIR.

Oui 'j mais moi , qui aime madame de Ranville.

LA BARONNE

Et en êtes-vous aimé ?

M. DE SAINT-ALIN

Je n'ai encore jamais osé.*.

LA BARONNE

Laissez, laissez-moi faire ^ un mariage ne se fait jamais seul, il en amène toujours d^autres, et pendant qu'elle sera ici;..

Il pourra bien peut-être s'en faire trois.

LA BARONNE

Comment !

M. PE SAINT-ALIN

You^ dissimulez ? .

LA BARONNE

Non.

M. DE 3AINT.ALIN.

Vous rougissez !

QUATORZIÈME JOURNÉE. i85

IiABARONlNfE.

Je TOUS dirai mn^ 9Utjre £<»».#..

Ce que nou» savons d^jè» Éçpùtpz-, j« «'w p«i* voiilu vous interrompre , mais j^ai vu arrivçlr ute Ypitiiré*

LA BARONNE

II faut sayoir qui c^est.

M"«. DE MORIVAL

JTentends quelqu'un.

M. DE SAINT.ALIN

On entre. C*est madame de Ranville.

Et le Président,

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