SCÈNE XI
M—. DE MORIYAL , M. DE MORIVAL , M"- DE MORIYAL, LA BARONTŒ, M. DE SABVT-AUN, L'ABBÉ.
M-V DE MORIYAL.
Ah ! je suis bien aise de vous trouver , Saint-AIin , pour vous dire que je suis très-mécontente de vous.
M. DE SAINT-ALIN
Je ne comprends pas pourquoi.
M—. DE MORIYAL.
C'est que vous ne m'avez rien dit d'une chose dont
i8o LE DÉPART DE LA CÂMPACÎNE, il était très-essentiel que je fusse instruite \ mais votre désir d'aller tous à Pàriâ vous a fait craindre sans doute d'être encore retentis ièi ?
M. DÉ MORÎVAL.
Vous êtes dans Terreur, et nous venons à Tinstant...
M"«. DE MORIVAL
Non, nioîisieur, laissez-moi vous expliquer cela, et vous allez voir ce qui serait arrivé. Il aurait été cause que j'aurais manqué à des gens que j'aîmè beaucoup, et que je serai bien aise d'avoir ici.
M. DE MORIVAL
Qui donc ?
M»«. DE MORIVAL
Madame d'Oramant. Elle a chargé son fils, le Présisident , d'écrire au vôtre de me dire qu'elle vient ce soir ici , avec madame de Banville et le Président, pour passer le reste du mois avec nous. Vous savez • que cela me convient fort; et monsieur garde sa lettre sans m'en rien dire !
M. DE SAINT-ALIN
Je vous jure que je viens de la recevoir à l'instant...
M"*. DE MORIVAL
Je ne puis voir , dans tout cela , que le désir que vous avez d'aller à Paris.
M. DE MORIVAL
Mais point du tout ! ils viennent de me dire qu'ils resteront ici tant que je voudrai.
M"*». DE MORIVAL
Non, non ; il faut qu'ils partent demain matin, tous les trois , puisque cela leur fait Unt de plaisir. Mes deux 611es iront loger chez leur tante.
M"«. DE MORIVAL
Mais, maman...
QUATORZIÈME JOURNÉE. i8i
Si c est là votre arrangement. «.
M"». DE MORIYAL.
Oui j madame.
M. DE3A1NT-ALIN
Mais je reajterai ici volontiers , moi.
M"«. DE MORIYAL.
Non, non, je n'ai q^e faille de vous trois, mon parti est pris. Avf c la coippagnie qioi nous arrive, nous passerons ici fort bien notre temps. J^oubliais de Vous dire que nous aurons aussi le Comte , qui est un homme que j*aime fort.
L*ABBB.
Ah ! le Comte vient aussi ?
M"*. DE HORIVAL.
Oui , je viens de recevoir sa lettre.
LA BARONNE
Mais, maman, je vous réponds que nous ne vous quitterons pas.
M"'. DE MORIVAL
Je ne veux pas vous contraindre; d'ailleurs j;e sertii bien aise de pouvoir donner votre appartement i madame d^Oramant : elle sera plus près de moi.
LA BARONNE
Mais vous pourriez m^en donner un autre , si cela vous convenait mieux.
Tout cela est fort bien ; vous pouvez faire vo.s arrangemens ; vous aurez demain des chevaux, à Fheure que vous le voudrez. Allons , venez , monsieur de Morival. L'Abbé, venez aussi, j*ai besoin de vous.
i82 LE DÉPART DE LÀ CAMPAGNE,