SCÈNE XVI
M°«. D'ORAMANT , M--. DE RANVILLE , M»«. DE MORIVAL, M"«. DE MORIVAL, LA BARONNE, M. DE MORIVAL, LE PRÉSIDENT, M. DE SAINT- ALIN, LE COMTE, L'ABBÉ , déguisé en directeur.
VABBÉ.
Puisque j'ai la permission de présenter mes trësbumbles respects à toute Thonorable compagnie y j'aurai Fhonneur de lui offrir les marques les plus empressées du zèle de toute la troupe.
M. DE MORITAL.
Cek est fort bien , monueurje directeur ; mais , pourriez-vous rester ici quelques jours ?
Oui , mottsienr , tant que vous le voudrez ; quand nous sommes une fois bien établis dans un beau et bon cbàteau comme celui*ci , notre usage est de n'en sortir jamais qu'on ne nous en chasse.
LA BARONNE
Je connais cet homme-là , mon frère.
M. DE SAINT.ALIN
Je le croîs bien , c'est l'Abbé.
LE COMTE
Paix donc !
M»*. DE MORIVAL
Monsieur , avez-vous plusieurs pièces toutes prêtes ?
L'ABBE
Oui , madame , toujours; et des pièces que vous ne connaissez sûrement pas.
M"«. DE MORIVAL
Pourquoi donc cela ? Nous connaissons tous les théâtres.
L*ABBÉ
Je le crois , excepté le mien , madame.
M»*. DE RANVILLE
Vous avez un théâtre particulier ?
L*ABBÉ
Oui , madame ; toutes les pièces que nous jouons sont de moi.
LA BARONNE
Et elles sont bonnes ?
L*ABB£
C'est selon les différens spectateurs qui les voient représenter.
LE PRÉSIDENT
Cela doit être curieux.
M"«. DE MORIVAL
Et , quelle pièce pourriez-vous nous donner aigourd'hui?
UABBÉ.
Une pièce , madame , qui n a encore jamais été jouée nulle part , et qui , je crois , pourra convenir à toute llionorable compagnie.
LA BARONNE
Et comment la nommez-vous ?
igi LE DÉPART DE LA CAMPAGNE,
LUBBÉ.'
"Les Trois Mariages ^ madame.
LA BARONNE, à M. de Saint-Alin.
Qu'est-ce qu*îl veut donc dire ?
M. DE SAINT-ALIN
Nous verrons,
LE COMTE
Eh bien , monsieur , je crois que ces dames ne seront pas fâchées de la voir.
L'ABBÉ
Monsieur , je suis sûr qu'elle ne tombera pas ici.
tE PRESSENT.
Le titre promet beaucoup.
M"«. DE RANVILLE
Et, quelle en est Tîntrigue? Il faut savoir s'il y a dje l'intérêt.
L'ABBÉ
Pour vous en donner une idée, messieurs et dames, je vais faire entrer le dénoûment.
M»». DE RANVILLE
Le dénoipiment ?
L'ABBE
Oui , madame , il me suit. toujours.
M^K DE MORIYAL^âW PÉébidehi.
Qu'est-ce que cela signifie ? . ^ ^
Xfi PRESIDENT.
Je ne le prévois pas.
M"». DE MORIVAL
Faites-le donc entier, le dénoûment.
' • L'ABBÉ
Avec la permission dé la compagnie , entrez , monsieur le dénoûment.
QUATORZIÈME JOURNÉE. t^î