‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 73 sur 166 · M"% DE VÉRIN6A · texte numérisé non relu

M"% DE VÉRIN6A

Je vous assure qu'il a bien raison.

LE CHEVALIER

Il ne s'agît pas souvent de faire des questions , il ne fant , presque toigours , que savoir bien écouter, pour être très-instruit.

M"*. D'ORIIÎTY.

A mesure qu'on voit arriver quelqu'un , on apprend tout de suite son histoire.

LE CHEVALIEB.

Dans les foyers , dans les corridors , comme dans les loges.

M-\ DE RENANT.

N'en fait-on pas aussi quelquefois des histoires ?

LE CHEVALIEB.

Oh! sûrement. /

M"«. DE RETÏAWT.

Cela est fort dangereux.

LE CHEVALIER

Bon ! on s'amuse !

M"'. DE RENAHT.

Aux dépens de la réputation d'autrui.

TOMi m, i4

LE CHEVALIER

Comment , eh ! qu'est-ce qui parle de réputation à présent ? Il n^ en a plus ni bonne ^ ni mauvaise ; chaeun ùAt ée quHl teut -, e'est lé riglie de la Ii)>erté : on cwjtât pourtant ^« fïôn» %'y ffin^yemcn» jnoins.

M**. DERENANT.

hes mœurs n'ont donc plus de frein ?

LE CHEYALlER.

Im B^€Mrs ! qw\ vieux 0^9(9 mesdanies ! je vous le déaonce.

M—. DE RENA»T

Comment , les m^fM^f iffi sont plus psu ?

L£ GHEVALIEll*

Jtt lie 4i» p^ csl^ • ^^ ^ V^ ^evt ; ni^s on n'en p^rl^pluii.

M««. DE RÊNANT.

Comment, vous oroyez qu'il n'y a pas des gensres- ^fietrf^s?

LE CHEVALIER

JRespectables ou non , cela ne fait rien à personne ; ce ^'est pas là de quoi l'on s'occupe. On ^ime ^ en général , ou pour mieux dire , on recherche les gens agréables , amusana ^ et ceux cheai qui on les trouve.

^^. PB VBRÏWCA.

Cela est fort raisonnable , au moins.

LS CHEVALIER

Que voulez-vous qu'on &sse des autres ? Il faut que la société soit guirlandée de fleurs , qu'ejUe fourmûle de talens agréables , et qu'on ne se recherche que pour s'amuser.

M»«. D'ORINTY.

Sans cela , il vaudrait autant vivre dans le fond d'une province.

LÇ CHEYALIER.

Dans des bois , dans un désert.

M»«. DE RENANT.

Savez « TOUS , mesdames , que Ton croirait que le Cheralier approuve tout ce que Ton fait actuellement.

M»«. D'ORINTY.

Pourquoi non? Il vit en assez bonne compagnie pour cela.

LÉ CHEVALIER

Comment trouvez-vous la plaisanterie de madame de Renant , mesdames ?

Ur\ DE VÉRIN G A.

Moi , je la trouve fort gaie ; cela prouve qu'elle ne s^est pas brouiUée à Rézeville avec ses grands parens.

LE CHEVALIER. '

Ce sont bien là , par exeniple , ce qu'on aj^elle des gens respectables , des gens réellement vertueux !

M"*. D'ORIWTY.

Os sont donc bien tristes , bien contredisans , blâmant tous les usages nouveaux , et voyant en mal tout ce qu'ils ne peuvent plus faire.

M"*. DE REIïAWT.

AU contraire , madame.

M—, D'ORINTY.

Âh ! bien oui , je le crois fort ; il 7 a des gens comme cela. Madame, vous ne voulez donc pas venir à TOpéra , vous y êtes décidée ?

I|««. DÇ I^ENANT.

Ten suis très-fachée, madame; mais j'attends ici du monde , et pour affidre.

M"*. DE VÉRIWGA.

En ce cas-là^ nous allons vous laisser. Chevalier, nous vous y verrons à FOpëra ?

LE CHEVALIER

Sûrement.

M"»«. DE VÉRINGA.

Ne voulez- vous pas nous conduire , madame?

M««. DE REHANT.

Mais...»

M"». D'ORINTY. .

Allons , traitez-nous mieux que cela , laissez-nous aller*

M"'. DE RENANT.

Puisque vous le voulez....

M»». D'ORIISTY,

Rentrez donc , madame.

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