M"% DE VÉRIN6A
Je vous assure qu'il a bien raison.
LE CHEVALIER
Il ne s'agît pas souvent de faire des questions , il ne fant , presque toigours , que savoir bien écouter, pour être très-instruit.
M"*. D'ORIIÎTY.
A mesure qu'on voit arriver quelqu'un , on apprend tout de suite son histoire.
LE CHEVALIEB.
Dans les foyers , dans les corridors , comme dans les loges.
M-\ DE RENANT.
N'en fait-on pas aussi quelquefois des histoires ?
LE CHEVALIEB.
Oh! sûrement. /
M"«. DE RETÏAWT.
Cela est fort dangereux.
LE CHEVALIER
Bon ! on s'amuse !
M"'. DE RENAHT.
Aux dépens de la réputation d'autrui.
TOMi m, i4
LE CHEVALIER
Comment , eh ! qu'est-ce qui parle de réputation à présent ? Il n^ en a plus ni bonne ^ ni mauvaise ; chaeun ùAt ée quHl teut -, e'est lé riglie de la Ii)>erté : on cwjtât pourtant ^« fïôn» %'y ffin^yemcn» jnoins.
M**. DERENANT.
hes mœurs n'ont donc plus de frein ?
LE CHEYALlER.
Im B^€Mrs ! qw\ vieux 0^9(9 mesdanies ! je vous le déaonce.
M—. DE RENA»T
Comment , les m^fM^f iffi sont plus psu ?
L£ GHEVALIEll*
Jtt lie 4i» p^ csl^ • ^^ ^ V^ ^evt ; ni^s on n'en p^rl^pluii.
M««. DE RÊNANT.
Comment, vous oroyez qu'il n'y a pas des gensres- ^fietrf^s?
LE CHEVALIER
JRespectables ou non , cela ne fait rien à personne ; ce ^'est pas là de quoi l'on s'occupe. On ^ime ^ en général , ou pour mieux dire , on recherche les gens agréables , amusana ^ et ceux cheai qui on les trouve.
^^. PB VBRÏWCA.
Cela est fort raisonnable , au moins.
LS CHEVALIER
Que voulez-vous qu'on &sse des autres ? Il faut que la société soit guirlandée de fleurs , qu'ejUe fourmûle de talens agréables , et qu'on ne se recherche que pour s'amuser.
M»«. D'ORINTY.
Sans cela , il vaudrait autant vivre dans le fond d'une province.
LÇ CHEYALIER.
Dans des bois , dans un désert.
M»«. DE RENANT.
Savez « TOUS , mesdames , que Ton croirait que le Cheralier approuve tout ce que Ton fait actuellement.
M»«. D'ORINTY.
Pourquoi non? Il vit en assez bonne compagnie pour cela.
LÉ CHEVALIER
Comment trouvez-vous la plaisanterie de madame de Renant , mesdames ?
Ur\ DE VÉRIN G A.
Moi , je la trouve fort gaie ; cela prouve qu'elle ne s^est pas brouiUée à Rézeville avec ses grands parens.
LE CHEVALIER. '
Ce sont bien là , par exeniple , ce qu'on aj^elle des gens respectables , des gens réellement vertueux !
M"*. D'ORIWTY.
Os sont donc bien tristes , bien contredisans , blâmant tous les usages nouveaux , et voyant en mal tout ce qu'ils ne peuvent plus faire.
M"*. DE REIïAWT.
AU contraire , madame.
M—, D'ORINTY.
Âh ! bien oui , je le crois fort ; il 7 a des gens comme cela. Madame, vous ne voulez donc pas venir à TOpéra , vous y êtes décidée ?
I|««. DÇ I^ENANT.
Ten suis très-fachée, madame; mais j'attends ici du monde , et pour affidre.
M"*. DE VÉRIWGA.
En ce cas-là^ nous allons vous laisser. Chevalier, nous vous y verrons à FOpëra ?
LE CHEVALIER
Sûrement.
M"»«. DE VÉRINGA.
Ne voulez- vous pas nous conduire , madame?
M««. DE REHANT.
Mais...»
M"». D'ORINTY. .
Allons , traitez-nous mieux que cela , laissez-nous aller*
M"'. DE RENANT.
Puisque vous le voulez....
M»». D'ORIISTY,
Rentrez donc , madame.