‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 87 sur 166 · M. DE MONTORGUEIL, M. DE CLÉRY · texte numérisé non relu

M. DE MONTORGUEIL, M. DE CLÉRY

Ah ! je vous! chercliais , monsieur de Cléry, je viens cle chez vous.

M. PE GLÉRY.

Si j Wais su C[ue vous dussiez y venir y je vous y aurais attendu.

H. DE MONTORGUEIL

Oui , pour me gêner si je vous avais donné parole.

M. DE GLÉRY.

Je ne vous aurais attendu que jusqu'à une certaine heure.

M. DE MONTORGUEIL

Tout cela est inutile.

M. DE CLÉRY

Vous me paraissez avoir de Thumeur aujourd'hui.

M. DE MONTORGUEIL

Vous trouvez toigours que j'ai tort.

M. DE GLÉRY.

Je suis fiché de vous voir quelquefois....

M. DE MONTORGUEIL

Quelquefois ? c'est toujours.

M. DE GLÉRY.

De quoi croyez-vous avoir à vous plaindre aigourd'hui ?

H. DE MONTORGUEIL

Je me plains de tout.

M. DE GLERY.

Tout ! c'est beaucoup dire !

M. DE MOIITORGUEIL.

Vous trouvez peut-être ipi'il A*y a pas de fous dans le monde.

M. DE GLÉRY.

Je vous demande pardon : on ne voit que cela.

M. DE MONTORGUEIL

Et voilà ce que je ne voudrais pas voir.

M. DE CLÉRY

Que Youdries-vous donc qu'on en fît ?

M. DE MONTORGUEIL

Je voudrais.. •• qu'on les renfermât.

M. DE CLERY

Us sont aussi renfermés.

, M. DE MOIITORGUEIL.

Quand ?

M. DE CLÉRY

La nuit , quand tout le monde est couché.

Ah ! c'est-à-dire que vous trouvez tout le monde fou.

M. DE GLERY.

Ma foi , oui.

M. DE MOliTORGÙEIL.

Et VOUS n'en exceptez pers<xme ?

H. DE CLÉRY

Non.

M. DE MONTORGUEIL

Quoi ! VOUS me trouvez fou ?

M. DE GLERY.

Comme moi.

M. DE MONTORGUEIL

Voulez-vous me fâcher ?

SEIZIÈME JOÙRIfÉE. niy

M, DE GUÈHY.

Vous en êtes le maître.

M. DE MÛNà'ÔRGUEIL.

Comment ! Qu'est-ce à dire ?

M. DE CLÉRY

Que si vous vous fâchez , vous iserez encore plus fou que vous ne Tètes ?

M. DEMONTORGUEIL.

Et vous me trouvez réellement fou ?

M. DE CLÉRY

Chacun n'a-t-il pas sa foli^ ?

Bf. DE MOIïTORGnEIL.

Et, quelle est donc la mienne , je vous prie?

M. DE GLÉRY.

CeUe de tout blâmer.

M. DE MONTORGUEIL

Vous êtes bien heureux , vous , si tout vous parait bien.

M. DE GLÉRY.

Mais y examinons quel mal nous font les autres ?

M. DE MONTORGUEIL

Ils me choquent toute la journée.

M. DE GLÉRY.

Vous voyez bien que le mal est en vous.

M. DEMONTORGUEIL.

En moi ?

M. DE GLÉRY.

Oui , votre imagination vous grossit tous les objets, et vous met continuellement dans la presse.

M. DE MOMTORGUEIL.

Ah ! vous voulez dire que je m'exagère tout ?

94 s C03nr£BSATia\S DC PALA1S-&OTAL,

■L DE CLÉmT.

M. DE MOSTOmGUEIU

n n'y 2 àfonc f9t^ àt wùÊ» k¥am?

M. DE CLÉET.

M. DE HOlTTOEGrElL. '

Pas de fripons?

M. DE CLEET.

D y en a bemooap.

M. DE HOSTOEGUEII^

% bien y ôtes-moî ces deox eyècc s de gens, que restem-t-il?

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