‹ Proverbes et comédies posthumes de Carmontel (volume 2)Chapitre 99 sur 166 · SCÈNE XIY · texte numérisé non relu

SCÈNE XIY

LE MARQUIS DE YARENNES, LE COMTE DE YAUGDIARD, LE PRÉSmERT DE NAZARETH.

LB MARQUIS

Ah ! bmisoir y Préâdotift. Yoas ne me YOjex pas ^ car TOUS sTex, je crois, la Tne liasse.

LE PRK2SIDE1IT

Non ; pas trop le soir.

LE M ARQCIS.

Tcnex , Toili le comte de Yangirard , ^pi a le plus grand désir de £ûre connaissance stcc tous.

LE PRÊSIDEHT.

II me lait bien de Hiomiear.

LE COMTE

Votre réputation toos derance toigoors , monsieiir

LE PKÊSIDElîT.

Je serais fort aise que toos eussiez bonne opini<m de moi , m<msiear le Comte. Ce n*est pas sans peine et sans soins qne nous réussissons dans le monde, nous antres.

LE COMTE

Yons n 7 plaignes pas tos TeSIes toiyonrs, Toili ce ({ne je sais très-bien.

LE PEKSIDE9T.

Yons me paraisses fort instruit , Monsieur; mais Toilà quel est mon principe : tout ce c[u*<m fait, il faut le faire de son mieux.

LE COMTE

Et voilà , comme à force d^application , tous avez réussi \ c^est un de mes voisins dont vous éles le rapporteur , qui me Ta dil.

SEIZIÈME JOURriÊE. i83

LE MARQUIS

A quoi réussit-il donc si bien ?

LE COMTE

A donner dn cor et supërieurement !

Bon! je croyais....

LE COMTE

Je te réponds que c^est le premier talent ! . . . .

' LE PRÉSIDENT

Oh! le premier, non.

LE COMTE

As-tu entendu ses points d'orgue ? C'ost la chose du monde la plus surprenante , et la plus admirable à entendre ; on y passerait la nuit.

LE PRÉSIDENT

Ce goùt-Ià m'est venu à la chasse.

LE COMTE

Vous chassez donc la grande bète ?

LE PRÉSIDENT

Le plus que je peux ; c'est-à-dire , que je suis la chasse quand elle vient de mon côté ; ma terre n'est pas loin de Chantilly.

LE COMTE

Et vous avez des chevaux pour cela ?

LE PRESIDENT

C'est a quoi je me suis toi^jours appliqué ; je les dresse moi-même.

LE MARQUIS

Oh ! cela y je l'ai vu ; dans un clin d'œil , il a quitté sa robe , et le voilà i cheval.

C'est ce que vous ne voyez pas trop à présent, Mar-

qnis : depuis quelque temps , vous nous avez furieusement abandonnés.

LE COMTE

Je vous dirais bien la cause , moi , monsieur le Président, et je crois que vous en ririez.

LE PRÊSIDEÎÏT.

Qu'est-ce que c'est donc ?

LE COMTE

n a craint que vous ne fussiez jaloux de lui.

LE PRESIDENT

Voilà une bonne plaisanterie , et à moi , surtout , qui n'ai jamais gène ma femme.

LE COMTE

C'est ce que je lui ai dit.

LE MÂRQ^UIS.

Allons , je m'en vais.

LE COMTE

Voyez-vous ? Cela l'embarrasse réellement.

LE PRESIDEIÏT.

Monsieur le Marquis , venez souper aujourd'hui avec nous , avec monsieur le comte de Vaugîrard.

Je ne le puis pas , en honneur.

LE PRÉSIDENT

Eh bien , je croirai ce que monsieur le Comte vient de dire. Ah ! voilà l'abbé des Sept- Voies.

LE COMTE

En ce cas-là , nous allons vous laisser avec lui.

LE PRESIDENT

Messieurs, je vous souhaite Inen le bonsoir.

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