SCÈNE X
AMÉLIE, KLEINEBERG, avec un panier de superbes
cerises.
AMÉLIE
Ah ! vous voilà, Kleineberg! l'Impératrice viendrat-elle bientôt ?
KLEINEBERG.
Je ne le sais pas, ma chère Amélie.
AMÉLIE
Et vous l'avez quittée pour me venir retrouver.
KLEINEBERG.
En quelque lieu que je doive me rendre , je ne vois pas d'autre chemin que celui qui me rapproche de vous. JF
AMÉLIE
Ce sont des cerises que vous portez là ?
KLEINEBERG.
Oui.
Sont-elles belles ?
KLEINEBERG.
Voyczjes.
t86 LE PAGE, ov LES CERISES,
AMÉLIE
Elles sont superbes ; et pour qui sont-elles ?
KLEINEBERG.
Et pour qui vonadrié*~vou& quelles fussent ?
AMÉLIE
Àh ! Kleineberg ! vous êtes toujours occupé de 'chercher les occasions de me faire plaisir.
KLEINEBERG,* part.
En aurait-elle envie?
AMÉLIE
Oui , mon cœur est trop d'accord avec le vôtre , pour ne pas vous deviner.
KLEINEBERG, «part.
Que faire ?
AMÉLIE
Vous savez combien j'aime les cerises ?
KLEINEBERG, à part.
Comment résister ?
Et offertes par vous, elles me sembleront encore meilleures.
KLEINEBERG.
Eh bien, oui, ma chère Amélie , je vous les donne.
AMÉLIE
Et moi , je ne les reçois que pour les partager avec vous.
KLEINEBERG, à part.
J'en aurai toujours bien un autre panier.
AMÉLIE
Que dites- vous donc?
KLEINEBERG.
Que je suis trop heureux d'avoir ce moyen de vous plaire. •
COMÉDIE. i8 7
AMÉLIE
Je veux que llôus les mangions ensemble.
KLEINEBERG.
Il y en a si peu ! Ce sont des primeurs , mangezles toute seule.
AMÉLIE
Assoyons-nous là.
Je le veux bien.
AMÉLIE
Tenez , mangez celle-ci ; elle est bien belle l
KLEINEBERG.
Non , il faut que ce soit vous.
AMÉLIE
Eh bien , mangez donc celle-là .
KLEINEBERG.
Les trouvez-vous bonnes?
AMÉLIE
Elles sont excellentes.
KLEINEBERG.
Je suis bien fâché qu'il n'y en ait pas davantage.