‹ Proverbes et comédies posthumes de CarmontelChapitre 120 sur 256 · JUSTINE, LEFORT · texte numérisé non relu

JUSTINE, LEFORT

JUSTINE

1 oyons donc ce que tous avez tant à me dire , monteur Lefort.

LEFORT

Vous en paraissez étonnée, vous, mademoiselle Justine ! Vous, venez de Paris , vous avez* été huit Jours mus me voir -, je comptais que vous ai auriez été ton peu fâchée au moins.

JUSTINE

Ai-je besoin de vous le dire! Sûrement, j'ai été bien contrariée par ce voyage. Mais vous paraissez •voir quelque chose à m'apprendre.

LEFORT

Il est vrai : sachez donc que , depuis huit jours , je «nia concierge de ce château.

JUSTINE

Et monsieur de Glairange a consenti que vous le «pittiez?

si6 LA PROPOSITION DE MARIAGE,

que n'ai-je pu prévoir !... Il me vient une idée. Je vous prie de me dire seulement si je me trompe , c'est tout ce que je vous demande.

JUSTINE

Voyons.

M. DE ROSAN.

Je crains qu'elle n'ait désiré mes soins que pour rendre Saint-Alphart jaloux ; elle m'a dit qu'elle ne pouvait le souffrir ; si son projet n'était que de le forcer à se déclarer ?

JUSTINE

Vous pourriez le croire ?

M. DE ROSAN.

Tout me le prouve ; plus j'y réfléchis, et plus je sens toute l'étendue de mon malheur ! Mais, pourquoi me choisir , moi , dont elle devrait avoir pénétré l'amour ? Il y a là de la cruauté ; les femmes sont sans pitié pour les peines qu'elles nous causent.

JUSTINE

Comme les amans sont faciles à blâmer ce qu'ils aiment, en se forgeant des chimères , même à leur désavantage !

M. DE ROSAN.

Mais ne convenez-vous pas qu'elle aime, ne me l'a-t-elle pas aussi laissé apercevoir?

JUSTINE

Il est vrai.

M. DE ROSAN.

Sur qui doue arrêter mes soupçons , si ce n'est sur Saint-Alphart? Je ne vois que trop que je ne dois rien espérer de vous , et que j'ai eu tort d'essayer de vous toucher. Aussi cruelle que votre maîtresse... Vous riez ?

JUSTINE

En vérité, monsieur, je ne saurais m'en empêche r-,

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