JUSTINE, LEFORT
JUSTINE
1 oyons donc ce que tous avez tant à me dire , monteur Lefort.
LEFORT
Vous en paraissez étonnée, vous, mademoiselle Justine ! Vous, venez de Paris , vous avez* été huit Jours mus me voir -, je comptais que vous ai auriez été ton peu fâchée au moins.
JUSTINE
Ai-je besoin de vous le dire! Sûrement, j'ai été bien contrariée par ce voyage. Mais vous paraissez •voir quelque chose à m'apprendre.
LEFORT
Il est vrai : sachez donc que , depuis huit jours , je «nia concierge de ce château.
JUSTINE
Et monsieur de Glairange a consenti que vous le «pittiez?
si6 LA PROPOSITION DE MARIAGE,
que n'ai-je pu prévoir !... Il me vient une idée. Je vous prie de me dire seulement si je me trompe , c'est tout ce que je vous demande.
JUSTINE
Voyons.
M. DE ROSAN.
Je crains qu'elle n'ait désiré mes soins que pour rendre Saint-Alphart jaloux ; elle m'a dit qu'elle ne pouvait le souffrir ; si son projet n'était que de le forcer à se déclarer ?
JUSTINE
Vous pourriez le croire ?
M. DE ROSAN.
Tout me le prouve ; plus j'y réfléchis, et plus je sens toute l'étendue de mon malheur ! Mais, pourquoi me choisir , moi , dont elle devrait avoir pénétré l'amour ? Il y a là de la cruauté ; les femmes sont sans pitié pour les peines qu'elles nous causent.
JUSTINE
Comme les amans sont faciles à blâmer ce qu'ils aiment, en se forgeant des chimères , même à leur désavantage !
M. DE ROSAN.
Mais ne convenez-vous pas qu'elle aime, ne me l'a-t-elle pas aussi laissé apercevoir?
JUSTINE
Il est vrai.
M. DE ROSAN.
Sur qui doue arrêter mes soupçons , si ce n'est sur Saint-Alphart? Je ne vois que trop que je ne dois rien espérer de vous , et que j'ai eu tort d'essayer de vous toucher. Aussi cruelle que votre maîtresse... Vous riez ?
JUSTINE
En vérité, monsieur, je ne saurais m'en empêche r-,